CHAPITRE CINQUIÈME
Bourgogne , si étroitement liée à l'histoire de france, et dom Merle est actuellement occupé à la finir. Les auteurs exposent d'abord l'origine , les mœurs, le gouvernement et la religion des anciens Bourguignons avant leur entrée dans les Gaules, ils font connaître ensuite l'état de ce pays sous nos rois des trois races, comme royaunfe et comme duché ; ses démembrements et les réunions passagères et alternatives de ses différentes parties 5 la succession de ses rois et de ses ducs, leur règne, leurs actions, leurs guerres, leurs exploits, etc. Ils ont détaillé, sans aucune omission, tout ce qui concerne les ducs révocables ou héréditaires; et cette histoire est conduite jusqu'à Tan- . née 1674, époque où fut terminée les guerres qui subsistaient depuis longtemps entre les deux Bourgognes , et où la Franche-Comté fut réunie à la couronne. La vérité des faits qui font la matière de cette histoire est constatée par des titres originaux , dont on voit des extraits parmi les preuves, ou par les registres des* parlements et des chambres des comptes des deux Bourgognes et du bailliage de Dijon; ou par les Cartulaires, les Inventaires , etc. Si toutes les dissertations qui accompagnent cet ouvrage , ne sont pas également propres à intéresser tous les lecteurs, il y en a plusieurs aussi curieuses que savantes : telles sont entre autres celles qui regardent leà rois de l'ancien royaume de Bourgogne , et le recueil des anciennes lois des Bourguignons ; l'étendue du second royaume de Provence, dit le royaume de Bozon; la prérogative des ducs de Bourgogne, où il est prouvé qu'ils n'ont point eu la préséance sur les autres ducs et pairs du royaume avant l'an 1380. À la suite de cette histoire générale , le continuateur se propose de donner celle des grands fiefe et des terres titrées du gouvernement de Bourgogne : elle est précédée d'une notice des gouvernements gaulois et romains , et des républiques qui formèrent le premier royaume des Bourguignons. Dans cette source ,' les familles de Bourgogne et des provinces voisines pourront puiser les preuves de la noblesse de leur origine ; et elles y trouveront une indication non suspecte
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des charges <fu'ont occupée* leuré ancêtres , et dés grades militaires qtf ils ont obtenus en servant ïa' patrie.
Avant tiens bénédictins , auteurs' de l'histoire de Langue- Aot, die ri'étatt qifébauchée. tti y rapportent tout te qui s'est p&tfé de mémorable dtfns' cette province et dans les pays particuliers qui la composaient; et appuient , sur les titres les plus autïien tnjuesr , ses usages, ses droite, se£ prérogatives. Its ont recueilli les actions de tous ceux qui Font illustrée , s&ft par teur Vertu , sôit par letfrs dignités eeclësî&tûpMs otf eiVi&s , sbit par leur Valeur , soit pal1 leurs latents ouf lleurs ouvrages; A dffféfehtëtf époques est tracée l'a description du' gouvernement et/ des Awursj ils remontent à l'origine et Jûfvfenf l'accroissement de ses principales vilfcs; il* donnent atissî! là généalogie ou ftr succession des duc^, comtes, Vicomtes*, et de* principaux barons. Dans dés notes pfacées à la fin de chaque* Volume , sont diseutés des' points importants ou curieux ; et elfes sont subies des ptèees justificatives des divers monuments qui servent de fondement à' cette htefoâte. Bbnfr Boumtté l'a enrichie d'un mémoire sttr la description g&graphàqiie et historique de ce paysy du recueil des lois qui constituent son droit public en matière de nobilité et (te roture , et de celui de» arrête et des dédisions sur la pfopriété du Rh6ne. Comme ses habitante se sont distinguée par leurs exploits militaires f avtfnt même lar conquête qii'en firent le» Ro* mains ^ et que d'ailleurs, soifs la' dénomination de Languedoc, on a' longtemps compris une grande partie des Gaules, cette histoire est plutôt l'histoire* générale de nos pays méridionaux f que l'histoire particulière de cette province» Ainsi en a jugé l'abbé Des Fontaines, a Peu d'histoires générales, dit-il, sont mieux écrites en notre langue; l'érudition y est profonde et agréable. » Elle peut être pro*> posée comme modèle pour toutes celles que nous attendons encore en ce genre.
DomCaltnet commence l'histoire de la Lorraine à l'entrée de Jules-César dans les Gaules, et l'a continuée jusqu'à la cession qui en a été faite à la France, en 1737. Suivant sa manière , il ne passe aucun détail touchant les événements ecclésiastiques et civils, arrivés pendant celong
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cours de siècles* ft accumule les pièces jusiifictfâves et té» momtoients, sceau*, médailles, monnaies , etc. ; il Ffe ornée de cartes géographiques, et de plans de villes et dT€~ glises. À cette histoire -, la meilleure, malgré ses défauts , de tontes celles qui at aient été publiées avant Fauteur , il faut joindre sa Bibliothèque des écrivttàn* dé Lorraine*
Puisque nous reconnaissons pour noe^ères les anciens Francs r peuple» delà Germanie, qui, comme Fort sait, s'emparèrent de nos Gaule*; pirisqsfô dttHfrenfés> époques, l'Allemagne et la France ont été soumises au iwêitte setfyerahv r et que , Atpufe leur démembrement , il f a toujours eu entre ces dent empires , des rapports dfamftté on do rivalité; l'histoire de L'on rentre sans cesse dans l'histoire de l'autre. L'histoire dP Allemagne nous était donc absolu-' ment nécessaire ; mais son exécution présentai* de grande* difficultés. Etle estig* pour les premiers temps, te médita* tien ter phn réfléchie de tout ee qu'en ont écrit les auteur* grecs et latin»;!» motndre récit, un shnple témoignage est important y soit qvtto faille y croire ott le réfuter. Pour les temps potffrfttàrs, Phistorfeiï doit bien connaître le chef et les membres' à& f empire, les intérêts qui tes divisent ou- le» réunissent, la titane dW gouvernement , Sa population, sont commerce, toutterf ses ressources , l'autorité1 des tribunaux, l'ordre dés jugements, lesr démêlés qu'ont eus ensemble' e« avee fea puissances* voisines , Hes divers princes dfe cet Btat , ce qui a preouté Pélévatioir des uns etr produit rabaissement de» autres , énfhr les causée de toutes» les' révolutions arrivées «ta Allemagne. Quoique lu Père Barreirtrit pas- toujours emploi ces matériaux ârte un» égal suecès», son histoire, cependant, est uir vastte' dëpê* défaits, et Tony trouve quelquefois le botf hhft&rien.
Nous pourriom cker encore ici le» histoires de Normandie, de Franche-Comté, de Champagne et de Brie ; etan*noncer celles du Béni, delà Tourraine, de l'Orléanais, de la Guienne et de l'Auvergne : par ce que nous venons* èé dire, on comprend aisément combien les travaux des réguliers en général , sont utiles à notre histoire ; et surtout l'on voit suffisamment développé le plan qu'exécutent
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les membres de la congrégation de Saint-Maur, que la plupart de nos provinces ont adopté pour leurs historiographes.
Outre ces grandes masses, il est d'autres parties qui, quoique d'une utilité locale ou plus circonscrite, peuvent n'être pas indignes de la majesté de notre histoire générale,, ou plutôt contribuent à l'enrichir. Nous parlons des histoires des pays, des villes, de certaines époques et de quelques corps particuliers. Nous ne citerons qu'un petit nombre d'ouvrages de ce genre. Tels sont l'histoire du duché de Luxembourg , par dom Cajot, auteur plus érudit qu'élégant écrivain ; l'histoire de la ville de Paris, par dom Félibien et Lobineau ; l'histoire civile et politique de la ville de Rheims, par le père Anquetil , génovéfain; et par le même auteur, justement estimé, celle de la Ligue, et celle des temps qui la suivirent immédiatement» sous le titre d' Intriguée du cabinets celles des lois et des tribunaux de justice , par le Père Barre, déjà nommé. Tels sont encore le Mémoire $ur lei limitée de V empire de Charlemagne , couronné par l'académie des belles-lettres (1); les dissertations sur les anciennes villes des Séquanais , par le père Joly, capucin; sur l'origine des Français , par dom Vaissette; sur l'établissement des Francs dans les Gaules, par le Père Biet , etc. etc. Tels enfin les Nobiliaires ; car la noblesse en France, tient à la constitution du royaume. Dom Pelletier a composé celui de Lorraine. Le Père Caquet, augustin, a continué l'histoire généalogique et chronologique de la maison de France, laissée par le Père Anselme dans un état informe, et perfectionnée par plusieurs de ses confrères : on sait que son objet est de faire connaître l'origine et la descendance des rois des trois races, celle des officiers de la couronne et des anciens barons; et que, malgré les fautes inséparables d'une compilation de cette nature , les recherches y sont abondantes et curieusesv
(t) C'est dom Liéblc qui a remporté ce prix : il est éditeur des Œuvres d'Alcuin , et coopératcur de plusieurs autres ouvrages.