‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 74 sur 87 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

dans sa diplomatique; par son Diarium italieum, qui offre une description exacte de plusieurs monuments » et une notice d'un grand nombre de manuscrits grecs et latins qu'on n'avait pas encore retirés de la poussière; par sa traduction française du livre de Philon, de la vie comtemplative; par sa Bibliotheca bibliothecarummanuscriptorum nova y et sa Bibîiotheca coùliniana; enfin par ses Monuments de la monarchie française, et par son Antiquité expliquée et représentée en figures, où en peu de temps on apprend tant de choses, l'on voit qu'ayant cultivé avec une égale ardeur la philosophie , l'histoire sacrée et pror fane, la littérature ancienne et moderne, les langues vivantes et mortes, il est devenu l'homme de tous les âges. Si peu d'auteurs lui sont comparables pour l'érudition , un grand nombre remporte sur lui pour le style i quand on accumule autant de faits, la manière de les écrire est nécessairement négligée (1).

Un ouvrage de la plus grande commodité et d'une nécessité absolue, dont notre siècle peut avec raison se glorifier, et qui obtiendra tous les suffrages de la postérité , c'est VArt de vérifier les dates (2). Le titre seul de ce livre indique

(1) On peut regarder comme un Supplément à l'Antiquité expliquée, l'Introduction à la science des Médailles , pour servir à la connaissance des dieux , de la religion , des sciences , des arts , et de tout ce qui appartient à l'Histoire ancienne , avec les preuves tirées des Médailles. Dom Àfangeart, de la congrégation de Saint-Vannes, a réuni en ce seul volume les principes de la Science numismatique, et toutes les notions intéressantes éparses dans un grand nombre de dissertations , qu'il est difficile de rassembler et qui sont presque toujours trop lougues.

Dom Banduri , qui mérite d'être distingué de la fouie des compilateurs, a parcouru un espace plus resserré. Son Imperium orientale, sive Antiquitates constantinopolitanae ; ses Numismata imperatorum romanorum à Trajano Decio ad Palseologos Augustos , répandent la lumière sur les objets qui sont la matière de cette collection. Elle est enrichie d'une Bibliothèque numismatique, que Jean-Albert Fabricius fit reparaître a Hambourg, avec un recueil de dissertations sur les Médailles, par plusieurs Savants.

(2) L'art de vérifier les dates des faits historiques , des Chartres , tics.

470 db l'état religieux,

suffisamment combien il est utile aux savants fui étudient l'histoire dans les sources , aux dépositaires des Chartres , aux magistrats, aux avocats; à tous ceux qui sont occupés par goût, par état, ou par intérêt, des anciens monuments et du dépouillement des titres. Le travail le plus opiniâtre, les recherches les plus étendues, les connaissances les {dus variées, ont mis l'auteur en état d'en donner une nouvelle édition plus correcte et plus riche que les précédentes. Mai* gré quelques taches, ce livre n'eet-il pas un chef-d'ceuvse de connaissances , « et ne doit-on pas être étonné qu'un seul homme ait eu le courage de se livrer à un travail qui demande autant de recherches que de constance, qui {»(-< sente autant de difficultés , et qui ne promet pas toute la gloire qu'on espère ordinairement de ses veilles? Mais la reconnaissance dea savants doit être un dédommagement pour fauteur. 1»

chrotmjue*, et autre* «ariens mouutnenls depuis U naissaiwe de N. S. , parte moyen d%ae table ckrooofogkpie, ce Ton tirante les Otympiaàee, les années de J. C, de Père Julienne de Jules-César, des ères d'AIeisttH drie et de Constanuaople, de l'ère des Séleucides , de Fère Césaréenae d'Aotioche, de l'ère d'Espagne, de l'ère des Martyrs , de l'Hégire ; les Indictions , le Cycle pascal , les Cycles solaire et lunaire ; le terme pascal, les Pâques , les Epactes et la chronologie des Eclipses ; avec deux Calendriers perpétuels , le Glossaire des dates , le Catalogue des Saints , le Calendrier des Juifs ; la Chronologie historique du Nouveau Testament ; celle des Conciles , des Papes , des quatre Patriarches d'Orient , des Empereurs romains , grecs ; des Rois des Huns , des Vandales , des Goths-, des Lombards , des Bulgares , de Jérusalem , de Chypre ; des Princes d'Aotioche ; des Comtes de Tripoli; des Rois des Parthes , des Perses , d'Arménie; des Califes , des Sultans dlconium , d'Alep, de Damas ; des Empereurs Ottomans , des Schahs de Perse ; des Grands-Maîtres de Malte, du Ten\ple; de tous les Souverains de l'Europe; des Empereurs de la Chine» des grands Feudataires de France, d'Allemagne, d'Italie ; des Républiques de Venise , de Gènes , des Provinces-Unies , etc.

CHAPITBB CINQUIÈME, 471

Les religieux physiciens.

En Rappliquant aux sciences que nous venons d'indu quer, et dont on sent tacitement l'importance, les religieux n'ayaient que peu ou point de eoopér^eujr» et de modèles* Pour les sciences plus généralement connues, Us grossissent le nombre de ceux qui les cultivent, De leurs mains sont sortis une foule d'ouvrages de physique. Ainsi, en watbf» ma tiques, ils nous ont donné divers cours , desittémentsjdbi calcul intégral , des traités d'algèbre et de perspective : m statique, la règle des horloges, moyen de trouver te prai méridien }- en hydraulique, différents projets, donUtaiV cution a procuré des eaux à plusieurs de nos y&Ues;«n acoustique , une manière nouvelle de propager le son et la yoix à une grande distance (1); des livres -éUntentairo^n griomoniq«e(*). ils ont écrit sur Ulwtanique, l'^Âe^titte et le jardinage) sur la médecine, la chirurgie fil ^pharmacie; «*&a,*nr l'astronomie (3) et>U «l^o«oUi«is# .«te»

(1) Expérience sur la propagation du son et de la voix dans de* fugaux prolongés à-une grande distance , j»ar don Gautbey, JbernajvUji. Mlk'Je marquis de Coodoreet et le comte de Miili, iwnwôf ^rÀ'aoftd&rêjdes sciences peur examiner ce i*oureau moyen d'obtenir etd&ltyfrunewrespoodance itrès- rapide entre >des liées ties .éloignés , déclarent > \dl»s leur rapport du 44 juin 1788, qnll leur a para pw*wW« , ingénue* et nouveau.. •• Ço'oo ponrrak donner., par ça moyeBl,,MUf3iguaJti trente lieues en quelques secondes, sans stations jptermftjtiajres ; qu'ils iiépppdra&ent même «du succès , du cabinet d'un prince A celui de *es jininiafets ; et que l'appareil n'en serait ni isès cher ». ni très incommode.

(2) Dom Bedos , qui a donné l'Art défaire des tadranê solaire* m$c la plus grande précision, est encore fauteur d» facteur dçraw. Ces 4w\ ouvrages loi valurent, eu 17S^U place de correspondant de l'Académie des Sciences de Bordeaux.

(3) Voyez la Mappemonde projetée sur le plan de l'hcxison .décris, par le P. Chrysejogue, capucin, et ses Planisphères,. grands et j>eiils. lis swt.accontpagiiés d'une instruction courte, OÂsçc &t .suffisante pour les, commençant.

472 DE l'état religieux.

Enfin, nous rappellerons ici le P. Feuillée» minime, associé de l'académie des sciences et botaniste du roi , mort en 1732. Il voyagea , par ordre de Louis XIV , dans différentes parties du monde; et le premier fruit de ses voyages fut un Journal d'observations physiques, mathématiques |et botaniques , faites sur les côtes de l'Amérique méridionale et à la Nouvelle-Espagne. De retour de la mer du Sud, il présenta au roi un grand volume in-folio 7 où il avait dessiné d'après nature tout ce que ce vaste pays contient de plus curieux. A la bibliothèque du roi , on voit aussi le journal de son voyage aux Canaries , pour la fixation du premier méridien, à la fin duquel ce trouve l'histoire abrégée de ces Iles. Pour récompenser ce religieux, qui justifiait si bien son choix , Louis XIV lui fit construire un observatoire à Marseille. .

Quel que soit le mérite de ces ouvrages, ils laissent beaucoup à désirer. Jusqu'ici les religieux physiciens ne Pont été que par goût : entre eux nulle correspondance; point de centre commun où pussent être rapportées leurs recherches. Nous voudrions que les ordres réguliers employassent toujours et exclusivement une partie de leurs savants à l'étude de la physique et de l'histoire naturelle. Puisqu'elles consistent, l'une à observer les opérations, l'autre à décrire exactement les productions de la nature; qui est-ce qui pourrait les examiner d'une manière plus suivie, rassembler plus de détails, et donner, par conséquent, plus d'idées, que des corps qui, répandus par toute l'Europe, et presque sur toute la surface du globe, ne meurent jamais, et dont la subsistance est partout si peu coûteuse? D'ailleurs, comme, dans l'univers , tout atteste aux bons esprits la sagesse , la puissance et la magnificence du Créateur , cette science , loin d'éloigner les religieux de la sainteté de leur état , les y ramènerait sans cesse ; et l'on peut juger ce qu'elle leur devrait, par les progrès qu'ont fait, entre leurs mains, celles auxquelles ils se sont livrés.

On sait que le P. Pingre, génovéfain , est astronome géographe de la marine ; qu'il a été de ce voyage si fameux qui à jamais honorera le règne de Louis XV, et qu'il enri-

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