‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 76 sur 87 · IX · texte numérisé non relu

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Religieux dévouée au service des malheureux et à t éducation de la jeunesse.

À Combien de maux l'homme , pendant la courte durée de la vie, n'est-ilpas exposé! De tous les êtres animés» lui seul peut, en naissant, être flétri de l'opprobre de l'illégitimité, et délaissé par des parents également dénaturés et libertins. Trop souvent, lorsqu'il ouvre les yeux à la lumière, celle dont il a reçu l'existence les ferme pour toujours; et jamais son cœur ne répondra à la tendre voix d'une mère. Quelque belle que soit son organisation , elle souffre des altérations plus fréquentes, «plus longues, plus affligeantes que l'organisation des autres animaux. Il n'est pas rare qu'en courant à la fortune, il tombe dans l'esclavage. S'il ne réprime l'excès de ses penchants , il se dévoue au remords ou à l'avilissement éternel. Quelquefois sa cupidité arme la justice contre lui, et la force de demander la perte dfr sa 'liberlé, 4t même son supplice. Son âme, faible comme son corps.

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ne se développe et ne se forme que par degrés; et sa vieillesse n'est ordinairement qu'une lente dissolution. A tant de misères volontaires ou inévitables, que ressentent exclusivement, ou de la manière la plus amère, les classes de la société les plus infortunées, la bienfaisance et la religion ont préparé quelques secours ; et tous les établissements de ce genre sont confiés en France à des religieux et à des reli-*» gieuses. En s'acquittant avec zèle de leurs fonctions, ils s'associent aux bienfaiteurs de l'humanité , et méritent comme eux le tribut de la reconnaissance publique.

Avant que les filles de la Charité fussent chargées du soin des enfants-trouvés, quel était leur sort ? Les uns sacrifiés au moment de leur naissance , les autres exposés à la porte des églises et ailleurs, livrés au hasard, vendus, égorgés même pour des opérations magiques et pour des bains de sang, ils n'éprouvaient de la vie que les peines et les horreurs : ni la nature ni la patrie n'avaient entendu leur cri. Saint Vincent de Paul en fut ému ; et avec le concours de quelques dames vertueuses, il jeta les premiers fondements de cet établissement, qui, dans cette seule capitale, élève annuellement quatorze mille sujets à l'Etat. On les y nourrit soigneusement; dès leur enfance, on leur inculque des principes de probité et de religion , et on leur procure des moyens de subsistance, en leur donnant un métier. Nos rois leur ont accordé des aumônes et des privilèges : de nouvelles Paules recueillent pour eux les charités des fidèles, et les sœurs grises règlent les détails pénibles, et sont préposées à tous les exercices.

Les orphelins ont également besoin de secours. A la vérité , l'enfant qui n'a jamais connu sa mère, a fait la plus grande des pertes : néanmoins ces infortunés retrouvent en quelque sorte le fonds inépuisable de la tendresse maT ternelle, dans le cœur des filles que la religion engage à veiller sur eux. Vers le milieu du siècle dernier , Mlle de Lestang établit, pour ceux de la paroisse Saint-Sulpice, un asile qui manque encore aux autres. Il n'est presque pas de ville de province un peu considérable, qui n'ait assuré leurs jours par quelque fondation semblable. C'est

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