DBS BIENS DES CORPS MONASTIQUES
Dans le dessein d'opposer un, jugement impartial et motivé aux déclamations contre l'état religieux,, nous en avons (ait connaître l'esprit et les principes; nous en avons tracé en peu de mots l'origine et les progrès ; les services qu'il a rendus à l'Eglise, ceux qu'il a rendus à la société, son utilité actuelle ont été, comme on Fa vu, l'objet de trois chapitres différents. Mais peu d'hommes examinent et discutent; et en vain aurons-nous prouvé que les corps réguliers doivent être également chers à la religion et à la politique., il fout encore les justifier sur les biens dont ils jouissent.
Plus on est avide, moins on pardonne aux autres leurs richesses; la plupart de ceux qui s'élèvent contre les religieux, le feraient avec moins de zèle, ou plutôt avec moins de+fiel, s'ils ne possédaient rien ; ils leurs paraissent coupables parce qu'ils sont riches ; l'envie, fortifiée par le mépris pour la religion , les regarde comme des oisifs qu'enrichirent l'ignorance et la superstition , et qu'il faut dépouiller dans un siècle éclairé. Ne peut-on pas comparer la multitude qui demande ainsi leur expoliation > à la populace romaine sollicitant des lois agraires ? Cicéron , supposant à l'injustice et au délire de ses concitoyens, défendit avec succès la loi sacrée de la propriété.
Quelle est l'origine des biens monastiques ? Quel est leur usage ? Quelle est la propriété des religieux? Ces trois questions, qui nous paraissent embrasser toute la matière que nous traitons, seront le sujet de ce chapitre.
CHÀHTBB SIXIÈME. 453,