‹ Lettres de Silvio PellicoChapitre 100 sur 103 · A M. ACHILLE DU CLÉSIEUX · texte numérisé non relu

A M. ACHILLE DU CLÉSIEUX

6 avril 1845.

* Cher ami^

Amour et gloire à Dieu^ qui bénit si volontiers le peu de chose que Thomme sait faire pour l'honorer !

Je prends une douce part à vos saintes consolations ; il vous a inspiré une œuvre excellente. Je Fen remercie avec vous. L'institut que vous fondez ne peut qu'être salutaire pour bien des âmes. Ces genres de charité s'étendent dans l'avenir. Que d'orphelins^ que d'enfants soulagés, instruits, améliorés, dont vous serez un jour l'ange protecteur au ciel ! Vous l'êtes maintenant sur la terre. — Ils attireront sur vous et sur votre famille les grâces les plus signalées. Oh ! que nous sommes aveugles, quand nous cherchons le beau dans les passions païennes, dans les chimères et les déhresdu cœur ! Tout cela n'est que misère et désordre. Le beau n'est que dans ce qui ennoblit, dans ce qui nous élève, sans mélange de bassesse, sans sujet de reproche, sans dégradation de l'intelligence, sans désobéissance à la loi de Dieu. — Nous unir à Jésus, aimer comme Jésus, prier, souffrir, avoir pitié de nos frères, les nourrir, les éclairer, travailler à leur salut, voilà la vie du chrétien. Les autres choses ne sont pas la vie ; elles ne sont qu'embarras et mensonge.— Vous vous êtes pénétré de cette vérité. Ce Dieu si bon vous donnera la grâce de la persévérance. Je la lui

demande pour yous, bien cher ami ; demandez-la lui pour moi !

Je vis au milieu des bonnes œuvres, mais je ne fais que dire : amen. Ce sont les œuvres de madame la marquise de Barol. — Cette grande amie du Seigneur est toute occupée d'un nouvel établissement de charité. Elle vient de faire bâtir un hôpital pour des enfants malades et estropiés. — Elle se recommande à vos prières. Ne m'oubliez pas non plus aux pieds du Sauveur et de sa sainte Mère. — Je vous embrasse, je vous aime, je voudrais vous revoir — si ce n'est pas sur la terre, ce sera, j'espère, au ciel. — Ma santé est toujours bien faible. Votre ami, Silvio Pellico.*

APPENDICE LPrTÉRAlRE

L'Éditeur des Lettres de Silvio Pellico a réuni sous ce titre (\' Appendice littéraire, à la fin du volume, un petit nombre de documents qui se rattachent de près ou de loin à cette correspondance. Nous croyons devoir les faire connaître, en partie du moins, par la traduction ou par l'analyse, mais en suivant, plus rigoureusement que M. Stefani n'a pu le faire, Tordre des lettres auxquelles chacun de ces morceaux se rapporte.

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