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ncnt au commerce et aux choses matérielles^ plnlôl que (laus la vie de Fintelligence et du cœur. Oh ! peutêtre n'est-ce plus seulement la France, mais TEurope entière qui est dans cet état ! Je ne vois de ces hautes et simples vertus dans aucun des camps pohtiques, mais, dans tous les partis, de sourdes luttes d'astuce qui me font pitié. Il faut toujours excepter dans chacune des factions quelques âmes généreuses et loyales. Mais ce sont pures exceptions. Je me suis convaincu que la partie de la société où les bons sont moins rares est celle qui ne se mêle que peu ou i)oint de politique, et par conséquent les femmes. Là ne prévaut point l'orgueil, et les âmes naturellement humbles sont les seules qui aiment, les seules qui reçoivent et qui renvoient quelques rayons de la bonté divine. Comment, cher ami, n'aurais-tu pas admiré et béni cette digne jeune fille américaine, qui t'a voué une si sincère et si particulière amitié ? Je l'ai admirée, je l'ai bénie comme toi, en hsant ces deux lettres d'elle, si suaves, si merveilleusement écrites, et qui montrent si bien un caractère noble et pieux. Je te remercie de m' avoir fait connaître deux pareilles lettres. Que d'esprit, que de naturel, que de sentiments tendres il y a dans ce petit ange! J'admire aussi cette facilité à écrire notre langue avec tant de justesse. Personne ne soupçonnerait qu'elle est étrangère. Peut-être aura-t-elle été élevée en Itahe ou par une institutrice italienne
A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO
DI MOMBELLO.
28 mars 1838.
Excellente comtesse^,
Vous serez uniquement occupée à peindre ce cher tableau qui ne peut être que le digne ouvrage d'un si charmant pinceau, et je ne vous souhaite pas d'in- * spiration, vous n'en avez pas besoin, mais bien une bonne santé qui vous permette de travailler.
En attendant, je vous dirai qu'aujourd'hui j'ai passé chez vous , non-seulement pour vous présenter mes devoirs, mais encore pour l'affaire que voici :
Mon frère se propose de passer désormais la plus grande partie de l'année à Chieri, pour y veiller d^ plus près à une laiterie que nous avons dans le voisinage , et il aurait besoin d'un logis en ville , assez grand pour pouvoir, dans l'occasion, y recevoir notre père et moi-même. De plus, on voudrait dans cette maison les caves, la cour, que sais-je encore ? de quoi en somme remiser les choses de la campagne. Est-il vrai que tout cela se trouve précisément à louer pour la Saint- Jean ou la Saint-Michel dans une maison qui vous appartient , madame la comtesse , dans le quartier de San Giorgio? Combien je vous serais obligé si vous aviez la bonté de m'écrire deux hgnes là-dessus, et de me dire, en même temps, quel serait le loyer.
Je vous prie d'offrir mes hommages à M. le comte ,
en môme temps que j'ai l'homieur de me dire avec une estime toute particulière et un dévouement respectueux, etc.