E DI ME RICORDATEVI INNANZI A DIO
* Nous donnons ici la traduction de cette épitaphe dont nous avons cru devoir conserver le texte même dans la lettre : « Emilie Seillière, comtesse Sommariva, a déposé ici avec amour les
Gonfalonieri m'a écrit avant de partir. Il me semble qu'il ne sera jamais assez tôt dans un air plus doux. J'espère qu'il s'en trouvera bien. Je suis impatient de le savoir arrivé à Naples sans souffrance. Nous ne croyons pas nécessaire qu'il aille plus loin. Il me promet de me donner aussitôt de ses nouvelles. Adieu, cher Giulio, je t'embrasse, toi et vous tous, comme si j'étais votre frère. Notre bon Borsieri m'a écrit. Rappelle-moi au souvenir de tous ceux qui, comme toi, m'ont gardé quelque peu de leur ancienne affection. Mais toi, aies-en beaucoup pour ton Silvio Pellico.
A PIETRO BORSIERI.
Turin, 16 décembre 1844.
Mon bien cher Borsieri, Depuis que j'ai reçu ta bonne lettre, comment a marché ta santé? celle de Francesca et des autres sœurs? Asrtu eu la consolation de voir s'opérer aisément et promptement l'entière guérison de la chère convalescente? Les grandes maladies ne laissent que trop souvent après elles une queue de petites incommodités, surtout quand on a affaire à une mauvaise
cendres de son mari, Luigi, comte Sommariva, pieux, bienfaisant, intrépide à la guerre, ravi à la tendresse de son épouse à
l'âge de le , avec celles de son fils unique, mort, hélas!
dans Penfance, et avec le cœur de sa mère, Adélaïde Seillière. Elle a voulu aussi que sur ce marbre fût gravée l'image de son vaillant beau-frère, Emilio Sommariva, mort sur le champ de bataille d'Albuere, en .... Ames chères et douces, que la gloire, récompense des justes, soit avec vous, et souvenez-vous de moi devant Dieu. » {Note du Traducteur.)
saison. Je voudrais qu'il n'en fût pas ainsi pour Texcellente Francesca, mais qu'elle se fût rétablie à merveille avant les froids. Et tes yeux? j'aime à me les représenter dans toute leur beauté. J'ai eu moi-même une légère inflammation aux yeux, et je sais quel mal fâcheux et douloureux ça est. M'en voici délivré, et je n'ai plus d'autres infirmités que celles d'habitude, et les effets ordinaires du froid. La température n'est pas celle du Spielberg ; elle est cependant plus rude que nous ne l'avons d'ordinaire en Piémont, et nos amas de neige sont énormes. Votre hiver doit assez ressembler au nôtre. Gonfalonieri a joué de bonheur de pouvoir le fuir à temps. Fasse le ciel qu'il en retire tout l'avantage que nous lui désirons.
Dis-moi ce que tu fais, ce que tu étudies, ce que tu composes ou ce que tu traduis. Moi, je ne fais rien. Je m'occupe tantôt d'une lecture, tantôt d'une autre pendant quelques heures de la journée; le reste du temps, je le dépense autrement, et j'ai l'art d'être content malgré la mauvaise santé, la mauvaise saison et les mille autres imperfections de ce pauvre monde, lequel va comme il peut et ne sera jamais un paradis. Je t'embrasse étroitement et suis ton Silvio Pellico.