‹ Lettres de Silvio PellicoChapitre 95 sur 103 · CCCXXXIX · texte numérisé non relu

CCCXXXIX

A LA COMTESSE OTTAVIA MASINO

DI MOMBELLO.

Dimanche.

Très-gracieuse comtesse ,

Je vous restitue , avec mille remercîments , les admirables vers de Mamiani et le journal. Oui , ces vers sont admirables et attestent , chez Fauteur, un grand talent et une âme sincère. Mais je ne partage pas certaines de ses opinions qui, néanmoins, étaient à peu près les miennes , il y a vingt ans : je les ai rejetées parce que j'y ai remarqué des éléments contraires à la mansuétude que commande TEvanglile. Je n'entends pas pour cela condamner Mamiani , toute âme pouvant se faire illusion à elle-même, par la générosité de ses désirs.

J'espère, Madame la comtesse , que je pourrai aller en personne vous remercier ce soir et me dire, comme je le suis en effet, votre très-dévoué et affectionné serviteur.

A GIUSEPPINA PELLICO

* Ma chère sœur Joséphine , Moi aussi je A'eux t'embrasser, ma chère sœur Joséphine. Quoique tu ne sois pas auprès de nous , tu nous es toujours présente. Aime-nous bien comme nous t'aimons tous et ménage ta santé; garde-toi du froid et des engelures et sois toujours gaie comme moi. Saistu ? le père Ziak , au Spielberg , me disait qu'il n'y a que trois excellentes occupations dans ce monde : — prier Dieu , aimer son prochain et se réjouir. Quand on tâche de les remplir^ on n'est jamais bien malheureux; et, pour se réjouir sagement, il n'y a pas besoin de beaucoup de choses : il n'y a qu'à prier Dieu et aimer son prochain : de ces deux points résulte le troisième. — Adieu , adieu ! vive la bonne humeur ! Nous t'embrassons tous. ^

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