‹ Lettres de soldatChapitre 2 sur 25 · IV. garchon pour garçon: c-f-e, i = ch · texte numérisé non relu

IV. garchon pour garçon: c-f-e, i = ch

VL houcoup. Il faut noter que l’on dit beau, biau; de même coup devient co en patois. Il se produit ici le phénomène suivant: beau à l’atone devient hou: et cû par analogie prend le son ou: ceci est encore plus fréquent dans les villages de l’Artois, comme à Vitry et Corbehem.

IX. hmîot. ben pour bien est un phénomène connu. On trouve cependant la dénasalisation dans béio.

X. élit, êu. Nous trouvons les deux formes. — Ici, et nous y reviendrons au chapitre de l’accentuation, le paysan a eu la notion exacte de la valeur de l’accent aigu. — éu est quelquefois remplacé par eu (o). — La forme e'u reste dans les vieilles phrases et dans les proverbes: mda éu sept (il en a eu sept). — si tu la éu, tu la sentu (si tu l’as eu, tu l’as senti).

X. èncore. Même observation, comme accentuation. — Les enfants disent aco, ce qui peut faire croire qu’il y a une tendance à faire tomber l’r, ce qui privera la finale de son accent, le reportant sur un e qui deviendra a.

XIII. r^coyitrez pour rejicontrer: dénasalisation de Ve: il y a peutêtre aussi analogie de raconter.

XIII. payy (cf. parabole de l’Enfant Prodigue. Le paysan prend ici la meme notation que le transcripteur de la version d’Arras).

Il sera peut-être surprenant pour beaucoup de gens qu’il y ait si peu de mots purement patois dans une lettre de paysan. — Nous sommes obligés, pour notre part, de convenir que nous sommes étonnés qu’il y en ait tant. — Au milieu de toutes ces conditions de mélange, étant donné que la forme écrite répugnait par essence au patois, il a fallu une grande vitalité aux caractères du patois pour se manifester en un tel milieu.

Un autre élément qui reste plus. pur encore c’est Vonomastique.

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