IX. Biscuits — ranpart — Barin. Pour Bas-Rhin
^ Aisne.
^ Suippe (Marne).
^ Pont-à-Mosson (Meurllie et Moselle). * Vie (Meurthe).
" Phalsburg (E. L.). ® Monsvillers.
Molsheim. Vieux Brisacli.
Dickens ,,Our inutual Fviend,
X. Fini mon congé — rangagerai — exanterait — école du premier degré — calle de dance.
Le mot exempter lui était déjà connu, par le tirage au sort.
XI. dornance — étant de garde — passer la revue — monter la garde-mexanter de prison.
Dornance pour d’ordonnance.
XII. Demander la permission — au commandant de place — je Monte la garde — cest monté beaucoup de garde a monté.
La dernière phrase montre comme les formules entrent et s’emboitent toutes vivantes dans le cerveau du soldat. — Pour lui, le mot „garde“ seul n’existe pas; c’est monter la garde, être de garde, etc.; c’est ce qui explique cette phrase
XIII. Volantaire — je maurait fait porter — baionette — avoir la croy — volon.
Je me ferais porter (malade): se faire inscrire — 11 y a un couplet fait sur l’air d’une sonnerie qui donne la signification de ce terme:
„S’il y a quelqu’un d’malade — qu’il se fasse porter malade“
„S’il n’est pas reconnu — il aura 4 jours de plus.“
Nous avons classé les termes militaires dans la partie pure de tout mélange, et en effet ce n’est pas un mélange qui s’opère dans le cerveau et dans le langage du soldat, c’est simplement l’irruption d’une masse de mots qui viennent prendre une place qui n’était pas occupée. — 11 n’y a donc pas de variation entre deux éléments homogènes.
On pourrait se demander ici ce qui reste de ce trésor de mots militaires dans le langage du village. — Bien peu; tous les termes techniques restent bien un moment dans la mémoire du soldat rentré au village, mais bientôt, n’étant plus employés, ils s’atrophient et disparaissent.
Cependant quelques expressions, recueilies soit au tirage au sort, soit pendant les permissions, restent dans le vocabulaire du village. — Nous en avons la preuve dans uue lettre d’une jeune-fille de T** (lettre récente) qui n’a pu les apprendre que par ouï-dire, par fréqueniaiion {^fréquenter', a un sens particulier dans le Nord):
„Faire ton temps“ c’est-à-dire faire ton service — ta pas la trouille (expression tout-à-fait militaire, et qui ne peut se traduire que par des à peuprès: tu n’as pas peur de quelqu’un: j’ai pas la trouille d’un adjudant signifie: je me moque de l’adjudant {archenemy !).
Mais on voit le peu qui reste de toute cette langue, apprise autrefois pendant 7 ans,
Diplomatique.
Comme second élément de la partie étrangère des lettres, nous avons les formules. — Elles offrent ce singulier phénomène psychologique, que tout en n’étant pas françaises, elles sont considérées pourtant comme telles par les paysans, qui les emploient invariablement de la même façon.
Nous pouvons appeler cela la „diplomatique des lettres patoises“. Ces formules en effet sont presque aussi cristallisées que celles des documents du Moyen-Age. — Elles sont comme celles prises dans un formulaire, car on sait que les ouvriers et les paysans se servent de „parfaits secrétaires** pour leurs lettres.
Nous avons dit qu’elles étaient fixes, mais non quant à la forme car elles varient d’orthographe.
Dans la lettre du fusilier Bridet „si intéressante et si observée** à la fois, nous trouvons un pastiche outré de la manière d’adresser les lettres:
„A Monsieurre
Monsieurre Jean-Népomucène-Ignace Bridet, mon père, ou dans le cas qu’il n’y serait pas à la femme Frécille-Clandestine Bridet, sa conjointe, on dans le cas qu’elle n’y serait pas à Jacques-Serâphin Bridet, dit le Futé, mon frère de lait à l’hameau de l’Epine près Saint-Séverin par Aubeterre.
Charente.**
France, Europe, Ancien Continent.
Si outré qu’il soit, ce pastiche repose sur une observation juste, c’est l’accummulation de renseignements que les paysans, soldats ou ouvriers, mettent sur leurs lettres, nous en avons d’autres: comme celle-ci :
Mademoiselle *** chez Madame ** Boulevard de la Liberté — au second. Lille, personnel.
La formule d’adresse est intéressante. Elle peut se formuler ainsi :
„Chers parents, je vous écris deux mots pour vous faire savoir l’état de ma santé tant qu’a moi je me porte très bien je voudrais que la présence [ente] vous trouve de même:
Il est curieux que ce soit toujours la même expression : „deux mots''' 1 qui serve à caractériser la lettre. Ainsi dans la lettre du fusilier Bridel nous trouvons: „je profite que je peux vous envoyer ces deux mots de billet**. Nous trouvons aussi : „ces deux mots de lettre etc.
C’est, somme toute, pour le soldat, la raison principale de sa lettre: donner des nouvelles de sa santé et s’informer de celle des autres:
’ Il faut noter, de plus, que le paysan emploie cette expression sans se douter de sa signification et la fait précéder de longues lettres.
Cette formule change très peu dans les lettres :
Nous avons.
1. Je vous écri ces de mot pour vous faire savoir léta de ma santé.
II. Je vous écri de mot cest pour vous faire savoir l’état de ma santé tant qua moy je me porte très bien je voudrais que la presance vous trouve de même.