INTRODUCTION XVII
les amis de la marquise jusqu'au moment où, à dix heures, chacun se retirait. Il ne faisait pas métier de bel esprit cependant; il se défendait très sincèrement d'être écrivain de profession, et craignait plus V impression de ses œuvres qu'il ne la recherchait. « Vous verrez, disait-il un jour à Mme de Rambouillet, qu'il y aura d'assez sottes gens pour aller chercher ça et là ce que j'ai fait, et après le faire imprimer; cela me fait venir quelque envie de le corriger l. »
Le rôle de Voiture au Palais de Roselinde [comme on nommait l'hôtel de la marquise) fut si important que les anecdotes, les faits curieux, les querelles littéraires, que nous ont conservés les écrivains du temps, rempliraient presque un volume; nous ne nous y attarderons point et suivrons à peine l'auteur de /'Histoire d'Acidalis et de Zélide, chez Monsieur et dans ses différents voyages, dont ses lettres donnent la meilleure narration possible.
En 1629, il suivit Gaston d'Orléans ou plutôt le rejoignit sur les terres du duc de Lorraine, où il fut accueilli et fêté à l'envi ; il revint à Paris en i63o; mais, par suite de toutes les intrigues politiques de Monsieur avec le cardinal de Richelieu, il fut entraîné à la suite de son maître dans toutes les phases
i . Voiture a néanmoins fait imprimer plusieurs ouvrages de son vivant ; les voici : Hymnus Virginis, seu Astrœx. Paris, in-40, 161 2 ; — Mars à Monseigneur, frère unique du Roi, stances. In-12, 1614.