‹ Lettres de V. VoitureChapitre 16 sur 101 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

de ces discordes mémorables. Voici donc Voiture tour à tour à l'armée de Gaston, en Lorraine, en Auvergne, en Flandre, puis partant en mission en Espagne, montrant dans toutes ces occasions un esprit et une habileté extrêmes, parlant l'italien et V espagnol aussi aisément que le français, composant des vers dans ces différentes langues, et s* attachant, partout où il séjournait, des amitiés illustres et durables l.

Après un parcours rapide en Espagne, ou il observe et dépeint les mœurs et usages du pays avec une netteté de jugement qu'on ne lui supposerait pas au premier abord, Voiture passe en Afrique et en Portugal, puis revient à Bruxelles, datant de chacune de ses résidences ces lettres originales qu'on va lire tout à Vheure, et dans lesquelles sa belle humeur, sa critique et son esprit ne faiblissent jamais. Dès 1684, lors de la formation de l'Académie, Voiture fut compté au nombre des premiers membres admis, avec de Boissat, Vaugelas et Laugier de Porchères; mais il ne parut qu'une fois en sa vie dans cette grande assemblée naissante, et encore fut-ce par gageure. Il corres-

1. Le duc d'Olivarès se lia avec Voiture, qui fît plus tard son éloge [Nouvelles Œuvres, 1 658). Lorsque le duc vit revenir Voiture en France, il en éprouva un vif chagrin :« Ne laissez pas de m'écrire, lui dit-il; si ce n'est d'affaires, ce sera de belles choses. » (No dexe V. M. de escrivirme ; aunque no fuera de negocios, nos escriviremos aforismos.)

Page 1