‹ Lettres de V. VoitureChapitre 18 sur 101 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

des finances, agréable sinécure s'il en fut, et le total du traitement de ces divers emplois pouvait monter à près de 18,000 livres de revenu1.

C'était alors une somme considérable, environ 80,000 fr. de notre monnaie du jour, mais Voiture n'était guère économe ; ce que lui laissaient les femmes, le jeu le lui prenait; c'était un terrible joueur, et il mettait, raconte Tallemant, tant d'ardeur à cette passion dominante « qu'il falloit qu'il changeât de chemise toutes les fois qu'il sortoit du jeu » .

Voiture fit encore deux voyages à Rome, le dernier pour y solliciter un procès au nom de Mlle de Rambouillet. Là il fut présenté à V académie des Humoristes2, et peu après reçu membre de cette société. — A dater de 1642?, quoiqu'il n'eût alors que quarante-quatre ans, il ne s' absenta plus guère de Paris; le nombre de ses aventures amoureuses, ses excès de

1. La place d'introducteur des ambassadeurs chez Monsieur valait à elle seule 2,000 livres de gages; celle de maître d'hôtel servant chez Madame, 900 livres. Tallemant dit que Voiture se faisait 18,000 livres de revenu.

2. « Il y a parmi les Romains, écrit Voiture à Costar, une académie de certaines gens qui s'appellent les Humoristes, qui est à peu près comme qui diroit bizarre; et, en effet, ils le sont tant qu'il leur a pris fantaisie de me recevoir dans leur corps, et de m'en faire donner avis par une lettre que m'a écrite un de leur compagnie. »

3. Nous ne comptons pas pour voyage important la conduite qu'il fît jusqu'à Péronne, en qualité de maître d'hôtel, à Marie de Gonzague, épouse d'Uladislas, roi de Pologne,

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