‹ Lettres de V. VoitureChapitre 26 sur 101 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

que jeté dans un monde à part, ne les perdit point de vue entièrement. Il était le trait d'union entre l'érudition et le bel esprit. »

Dans la correspondance et surtout dans les petits billets adressés à Costar, on trouve en Voiture V honnête homme, plein de fierté et de délicatesse à la fois. On voit qu'il est dévoué à ses amis et qu'il ne cherche qu'à les obliger. Balzac lui écrit pour lui emprunter quatre cents écus et lui envoie son billet. Voiture le lui retourne avec un autre ainsi libellé : « Je confesse devoir à M. de Balzac huit cents écus pour l'honneur qu'il m'a fait d'avoir pour agréable que je lui en prêtasse quatre cents. » Le signataire de cette obligation était certes bien digne d'être l'ami et le familier de tous les gentilshommes de son temps.

Nous n'avons pas , malheureusement, mission d'envisager ici Voiture comme poète et de montrer les réformes qu'il apporta dans la poésie par son retour aux ballades , rondeaux et triolets , auxquels il sut donner un caractère tout nouveau. Boileau, dans sa neuvième satire, a proclamé :

...Qu'à moins d'être au rang d'Horace ou de Voiture, On rampe dans la fange avec l'abbé de Pure.

C'est grand honneur pour l'auteur du sonnet d'Uranie, mais Boileau sacrifiait ou prônait souvent un poète hors de propos, pour le besoin de sa rime, et nous trouvons le père Kapin plus concluant lors-

Page 1