‹ Lettres de V. VoitureChapitre 95 sur 101 · LETTRE LXXXI · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXI

Madame, sans alléguer l'histoire sainte ni prophane, tout ce que vous escrivez est tousjours excellent. Je recueille les moindres billets qui échappent de vos mains comme les feuilles de la Sibylle, et j'y estudie cette haute éloquence que tout le monde cherche et qui seroit nécessaire pour parler dignement de vous. Que s'il est vray, comme vous dites, que cela me soit arrivé, et s'il est possible que je vous aye bien louée, je me puis vanter d'avoir fait la plus difficile chose du monde et celle, quand et quand, que je désire le plus : car je vous asseure, Madame, que je n'ay point d'envie plus passionnée que de faire voir au monde les deux plus grands exemples qui furent jamais d'une vertu accomplie et d'une affection parfaite, en donnant à] connoistre combien vous estes estimable et combien je suis, Madame, vostre, etc.

A Monseigneur le cardinal de la Valette.

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