‹ Lettres de voyage [microforme]Chapitre 3 sur 11 · ES PS · texte numérisé non relu

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bien le Canada; c’est un homme d’une grande amabilité ; il est très-ami de M,le grandvicaire Cazeau, qu'il n’a jama:s vu, mais à qui il écrit souvent,

Les Français sont assez mal notés à Lon:dres; mais il faut dire que si un mauvais coup est commis quelque part par un étranger, futce par un Prussien, on dit aussitôt: C’est un Français qui à fait cela! Les Canadiens (j'en ai entendu parler à plusieurs reprises par des Anglais) jouissent, dans le monde commercial, d’une excellente réputation. Quant aux Anglais, eux-mêmes, je les trouve beaucoup moins gourmés que plusieurs de leurs cousins du Canada.

Les discussions religieuses qui ont eu lieu récemment, dans la chambre des Lords, font écho partout, dans la presse et dans les conversations. M, l’abbe Thomas. mariste, de l'église des Français, m'a fait cadeau de brochures intéressantes sur les progrès du catho: licisme en Angleterre, sur l'éducation, les ordres religieux, etc.; mais je m'abstiens de traiter ces sujets: cela m'entrainerait troploin, Je constate seulement que les ritualistes semblent gagner ici beaucoup de terrain. On peut voir aujourd'hui, dans la cathédrale anglicane de Saint-Paul, un autel avec une croix au centre, des cierges et... des fleurs |

Jo ne vous raconterai pas tontes mes excursions dans la ville et aux environs. 11 vous importe assez peu de connaitre l’état de santé

des hippopotames, des rhinocéros-ct des éléphants du Zoological G'arden, ou de savoir ce qui se passo au Cristal Palace Je me garderai bien aussi de vous répéter la leçon —fort intéressante, je dois l’avouer— que m'a débitée un des gardiens de la Tour de Londres.

Je fais simplement mention, en passant, de l'Albert Memorial, un des plus beaux monuments qui se puisse voir, élevé dernièrement à la mémoire du prince consort. Plusieurs artistes ont travaillé à cette œuvre grandiose dont le dessin comporte des centaines de statues, entr’autres huit upes superbes, grandeur héroïque, en marbre Carrare. Ce monument s'élève dans le Hyde Park, long terrain planté d'arbres, avec quelques flaques d’eau au centre, —insignifiant comme tous los parcs de Londres.

Vis-à-vis l'Albert Memorial 8e trouve l’Albert Hall, la plus vaste salle de concert que j'aie jamais vue. Elle peut contenir huit milie personnes. J'y ai entendu mademoiselle Mario Roze, dont 18 voix est très-sympathique.

J'ai aussi entendu Albani (mademoiselle Lajeunesse), l'autre soir, dans un duo de Rigoletio et dans lc célèbre quatuor de la même partition. La pauvre petite s'est admirablement tirée d'affaire, bien que cette musique soit interprétée d'ordinaire par des voix beaucoup plus puissantes que la sienne. Autant que je puis en juger cette seule audition, je pense que ce qui lui a surtout valu tant de succès, c'est ce tact, cette absence d'exagération,

cotte mesure, qui, en toutes choses, est le trait distinctif des natures d'élite. Et cette qualité ressortait d'autant plus, l’autre soir, que mademoiselle ajcunesse avait à interpréter de la musique de Verdi. Chacun sait combien la musique du compositeur lombard est rageuse, et combien elle prête aux intempérances de sonorité et d'expression.

On parle encore à Londres des fêtes qui ont eu lieu en l'honneur du shah de Perse, et l'on va répéter le feu d'artifice qui a été donné à Sydenham pendant son séjour ici.

À Paris, au contraire, on a déjà tout oublié. Le correspondant parisien du Telegraph, de Londres, raconte qu'un chanteur de café ayant voulu faire entondre des couplets en l'honneur du roi de Perse, on l’a interrompu on disant : C'est assoz, c'est assez! Il est parti: n’en parlons plus |

Troisième Lettre.

Londres, 20 juillet 1673,

Le dimanche est bien observé à Londres, du moins extérieurement. J'ai vu aujourd'hui un prédicant qui faisait l'office en pleine rue, etune prédicante qui parlait sur la place publique en pe d’une façon trèsdramatique. . Ce matin, à l'église catholique

des Italiens, il y avait plusieurs Napolitains revêtus du costume de leur pays.

J'ai assisté à la grand’messe de onze heures à Chislehurst, à quinze milles de Londres.

Le jeune comte de Pierrefonds, fils de Napoléon III, qui fait ses études à Woolwich, vient chaque dimanche à Chislehurst, Il était à la messe et occupait un, fauteuil dans le chœur. En arrière se tenaient M.le comte Clary, M. Filion, précepteur du prince, et le jeune Conneau (fils du docteur Conneau), son compagnon d'études. Ce dernier ainsi que le rince étaient en costume militaire. M. l'abbé oddard, curé de la paroisse, et qui fut appelé au lit de mort de l'empereur, est un Anglais ur sang, mais il parle bien le français, Il a juste quarante ans.

Chislehurst est un charmant petit village.

Terrain accidenté, beaucoup d'arbres, vraie campagne ; jolis sentiers battus par les piétons et où la bêche n'a pas passé. Camden Place ne se distingue des autres villas que par une grille dorée. La résidence de l'eximpératrice est élégante, bâtie en brique rouge et jaune, et entourée d'un long terrain couvert de grands arbres. La pauvre petite église catholique de C'hislehurst, dont la voûte n'est pas encore terminée, peut contenir au pre trois cents personnes. On a commencé à construire une chapelle attenant à l’église pour y mettre le cercueil de l’empereur (la reine Victoria fait cadeau du sarcophage) ; en attendant, il est placé dans une petitg

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