‹ Lettres de voyage [microforme]Chapitre 4 sur 11 · PA NU · texte numérisé non relu

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vonstruction querrée, en pierre grise, et, de l'intérieur de l’église, on peut l’apercevoir tout couvert de guirlandes et de couronnes d'immortelles. islehurst, comme Sainte- F'élène, est très-pauvre; et c'est là où le corps de Napoléon III doit reposer, à moins qu'on ne le transporte aux Invalides. Tout ou rien.

Les habitañts de Chislehurst portent le plus pee respect à la famille impérialo. A l’issue e la messe, quand le prince quitta scn siège, tout le monde se leva; et il sortit par l’unique allée du milieu de l’église en saluant profon-: dément l’assistance, à droite et à gauche. Le comte de Pierrefonds, ou le prince impérial, si vous l’aimez mieux, a une apparence très- : distinguée. Nez prononcé, cheveux bruns taille mince mais élégante. Il a dix-huit ans, L'ex-impératrice, sa mère, voyage en ce moment en Suisse.

Après la messe, M. l'abbé Goddard nous a indiqué l'endroit où a été enterré le prince de Poniatowski, mort subitement, la semaine dernière. Le prince de Poniatowski était un compositeur de musique d’un certain renom, et allié ou du moins ami de la famille impériale.

Pour aller à Chislehurst, le chemin de fer asse, tantôt au niveau du sol, tantôt au essous, et tantôt au niveau des toits des maisons. Les ingénieurs des chemins de fer s'appellent ici drivers. Les autres employés sont les guards et les porters. Tout ce monde:

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là est très-noli, mais sait tenir compte des différences sociales. . Lorsque les es ouvrent les portes des premières pour recueillir les billets, ils disent: Gentlemen, tickets, please ! aux secondes: Tickets, please ! et aux troisièmes: Tickets! Ces messieurs, on le voit, font les choses avec discernement. Il paraît

ue nous sommes ici dans le pays de la liberté, et je le crois volontiers ; maïs le paysde l'égalité est de l’autre côté de la Manche. (1)

(1) Avant de quitter Londres, j'ai eu le plaisir de faîre la connaissance de deux dames canadiennes, reliau couvent de Jésus-Marie de Scatchart: la

Mère Ste. Magdeleine de Pazzis (mademoiselle Tanjuay, nièce de M. l’abbé C. Tanguay, de Québec) et ia [ère St. Etienne (mademoiselle Bilodeau, de Lévis). Plusieurs autres religieuses canadiennes de l’ordre de Jésus-Marie mat ainsi été envoyées en mission loin de leur pays; voici leurs noms: à Epswich (Sufolk}), la Mars St. Bernard — mademoisselle Bernier, du Cap Saint- Ignace, et la Mère St. Edmond —mademoiselle Barnard, des Trois-Rivières ; à Rodez

Ignace ; à Agra (Indes Orientales), la Mère St. André . mademoiselle Malouin, de Québec ; à Poena ( province de Bombay), la Mère Ste. Agnès—-mademoiselle Sansom, de Lévis, -

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Quatrième Lettre.

Paris, 28 juillet 1873.

Je conseillerais aux Canadiens qui se rendent à Paris de prendre la route de Dieppe.

(1) Il y a là des vieux types normands qui méritent d’être vus. En entrant dans le bassin de la ville, on aperçoit un magnifique calvaire et une statue de la sainte Vierge couronnée de fleurs. L'Angleterre est déjà loin, Les religieuses hospitalières de Dieppe, dont les devancières ont tant fait pour le Canada, correspondent régulièrement

lettres avec les religieuses de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpitai-Général do Québec. Elles connaissent leurs sœurs d'outre-mer par leurs

(1) “ Dieppe, dit M. Ferland, est un petit Canada un grand nombre de familles canadiennes sont sorties de Dieppe ou de ses environs; an y trouve les noms les plus connus du Canada; la prononciation et certaines locutions nous sont communes avec les Dieppois.” Le toinbeau de M. le commandeur de Chates, (qui fit les frais du premier voyage de Champlain à la Nouvelle-France) est placé dans l’église de Saint- Rémi, à Dieppe. ‘“ Le chœur de cette église, dit encore l’abbé Ferland, renferme un autre souvenir du

Canada: c’est un morceau de ma re tant |

des sauvages. Suivant une tradition locale, ces statuettes auraient été placées pour er quelque voyage des Di is l'Amérique du Nord. L tombeau du cél armateur rs bienfaiteur de Dieppe, est dans la belle église de Saint-Jacques”

Lea population de Dieppe est d'environ 8,000 hab itants.

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uoms, et en parlent aveo beaucoup d'intérêt, Leur état de dépendance vis-à-vis de l'autorité séculière ne saurait guère s'imaginer, Elles he peuvent, par exemple, acheter le moindre objet sans l'autorisation d’une commission laïque, représentée par un intondant également laïque, qui demeuré, avéé sa famille, dans le couvent même.

Dieppe so distingue par ses ivoireriés, Les ouvrages qu'on y oxécute, en ivoire et en os, sont réellement très-remarquables,

La vieille capitale de la Normandie, Rouen, “ où l’on avait fait un pâté si grand,” comme dit la chanson, a aussi une physionomie à part, et possède de beaux monuments. C’est, du reste,une ville importante (1) et beaucoup plus considérable que Dieppe. Les églises de Saint-Ouën et de Saint-Maclou, la cathédrale tombeau Richard-Cœur-de-Lion), le Palais e Justice (treizième siècle), la place de la Puacelle, l'hôtel Bourgtheroulde, les tours de Saint-André, de Saint-Laurent et de Jeanne d'Arc, et, en dehors de la ville, l’église de Bon Secours,---tout cela est fort intéressant à visiter. Dans le Palais de Justice, la salle de l’ancien parlement des ducs de Normandie, aujourd'hui de la cour d’Assises, est d’une grande richesse. Une femme normande, qui nous sert de cicerone, nous dit: ‘ Quand la cour siége, on met un tapis sur le parquet ; autrement cela ferait trop de train.” remets ae neres

(1) 100,000 habitants.

Paris est éblouissant, malgré les quelques ruines dues à la fureur insensée des communards. #

L'aimable hospitalité des Parisiens est tou-

jours la même. Dans tous les rangs de la société : dans les ministères, dans le monde artistique, partout enfin, le titre d’étranger suffit pour que l’on soit accueilli avec la plus exquise urbanité.

M. le général baron de Charette est un vrai type militaire: grand, carré, moustaches blondes avec impériale, doux, très-affable, très-chrétien et très-royaliste. Il habite de magnifiques appartements, avenue Montaigne (Champs-Elysées). Il croit au triomphe de l'idée catholique en France, et, partant, dans toute l'Europe, et pense que le Souverain Pontifo recouvrera l'indépendance matérielle

nécessaire à l'exercice de son pouvoir spirituel sans le secours de son ancienne armée.

Il conserve toujours le meilleur souvenir de nos compatriotes les ‘“ zouaves canadiens.”

Aujourd'hui a eu lieu, à l'Ecole de Musique Religieuse, la distribution annuelle des prix. M. l'abbé Lagacé, directeur de l’Académie de Musique de Québec, a été invité à présider la géance. Autour de lui, sur une estrade élevée, étaient assis M. Gustave Lefèvre-Niedermeyer, directeur de l'Ecole, M. de Ville, dé-

légué du miuistère de l’Instruction Publique.

et des Cultes et chevalier de Saint-Grégoire, M. C, Vervoitte, inspecteur des maitrises dé

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France, commandeur de l'ordre de Sainrt- Es et chevalier de la Légion d'Honneur, M. Camille Saint-Saëns, chevalier, organiste de la Madeleine e: membre du comité des études de l'Ecole, MM. les professeurs Loret, Georges Magner, Gigoui, Jules Stolz, Bollaërt, etc

M. Lefèvro a fait un diseours tout-à-fait convaincu sur l’art religieux et la nécessité des études sérieuses. IL a parlé de la bienveillance de l’épiscopat français à l’endroit de l'Ecole de Musique Religieuse, et a remercié le gouvornement d’avoir accordé des bourses aux élèves de l'Alsace et de la Lorraine qui viendront à l’avenir suivre les cours de l'institution. Il à aussi ajouté quelques paroles très-chaleureuses à l'adresse du Canada et des Canadiens. M. Lagacé a payé un juste tribut d’éloges à la mémoire du fondateur de l'Ecole, M. Niedermeyer, et aux continuateurs de son œuvre. 1la terminé son discours en donnant quelques conseils pratiques aux élèves, comme ami des arts, comme compatriote presque, et aussi comme prêtre.

Le Bois de Boulogne, du côté d'Issy et au delà, a été rasé, pendant le premier siége de Paris; l’île et l’autre côté du bois sont restés intacts. L'ancienne avenue de l’Impératrice s'appelle aujourd’hui “ Avenue Uhrich,” en attendant un autre nom. Le palais de Saint- Cloud a été mis en ruines par les canons du Mont-Valérion.

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