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11 septembre.
J'ai eu le bonheur de voir le Saint-Pôre ce matin, dans une des salles du Vatican. Leo Souverain-Pontife a vieilli, beaucoup vieilli ; mais il a encore toute la vigueur d'esprit, toute la lucidité de perception d'un jeune homme. Les quelques paroles qu'il a daigné m'adresser indiquent qu'il est bien au courant des affaires de l'Eglise du Canada. (1)
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(1) avais vu le Souverain-Pontife quinze ans : nparavant. [Il était alors dans toutesa vigueur. C’était avant les grandes manifestations qui attirèrent à Rome tant d'étrangers de toutes les parties dun monde : la canonisation des martyrs du Japon, le dix-huitième centenaire de la mért de saint Pierre, le concile œcuménique du Vatican. C'était aussi avant le mouvement des zouaves pontificaux, et il était assez rare alors qu'un Canadien se rendît jnsqu'à Rome, Aussi ne fus-je pas peu surpris d'entendre le Saint-Père, que je ne m'attendais pas à voir d'aussi près (cette faveur m'avait été ménagée par Mgr. Pacca), et au pied duquel je m'étais agenouillé, me parler de mon pays, dé Haut et du Bas Canada, comme sil en arrivait lui-même !
Sa Sainteté s’informa de Mgr. Turgeon, et me demanda sil était toujours paralysé. Elle me parla aussi de Mgr. l’ Administrateur (Mgr. Baïllargeon), puis de mes parents, etc. etc,
Pie IX s'exprime en français avec facilité.
À lépoque de mon premier voyage, Rome était tonte autre que je la retrouvai en 1873. J’assistai, au mois de juin 1858, à ane procession magnifique, sur
J'ai vu aussi, au Vatican, Myr. de Mérode, l'ancien ministre des Armes, C’est un homme de haute taille. Un de ses yeux regarde à Tivoli et l’autre à Civita-Vecchia : ce qui ne l'empêche pas d'avoir bonne figure, —moins bonne cependant que le cardinal Barnabo, l'éminent prélat devenu aveugle, qui se faisait conduire pur le bras à la suite de Sa Saintete.
Seizième Lettre.
Florence, hôtel de New-York, 14 septembre 1873,
Florence est bien une dos plus belles villes d'Italie. Une rivière, l'Arno, la traverse oresque en ligne droite. Ponts magnifiques.
n d'eux, le Ponte Vecchio, est bordé d’une
la place Saint-Pierre, le jour de l’octave de la Fête- Dieu (il y aura bientôt six ans que Pie IX n’a mis les pieds sur cette même place). Les troupes française et romaine faisaient haie ; le cortége était éblouissant. Je me trouvai aussi à Rome le jour du douzième anniversaire de l’avénement de Pie IX (17 juin), et j’entendis, à cette occasion, le célèbre chœur de la chapelle Sixtine, qui ne s’est pas fait entendre depuis l’occupation piémontaise,
(1) Le cardinal Barnabo et Mgr. de Mérode moururent tous deux quelques mois plus tard (en 1874).
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double rangée de maisons, ce qui parait, à distance, tout-à-fait original. Le dôme de la ‘athédrale (Brunelleschi) à 131 pieds de diamètre intérieur, juste un pied de plus que celui deSaint-Pierre de Rome (Michel-Ange), mais il n’est pas comme celui-ci lancé dans les airs, Le Baptistère (Ghiberti), le Palazzo Vecchio, les palais Pitti et des Ufizi, l'eglise Santa Maria novella, attirent surtout la curiosité des touristes ; mais rien, à mon avis, n’égale le Campanile, l'immense et beau campanile de Giotto, construit en marbre de diverses couleurs, si admirable de proportions, et où la solidité s'unit à tant d'élégance.
Le jardin Boboli est une promenade charmante : jets-d’eau, statues, charmilles ombreuses, sentiers artistement ménagés, vue magnifique de la ville et de son horizon de montagnes aux contours pittoresques.
Le palais des Ufizi communique au palais Pitti par un long corridor qui traverse l'Arno (au dessus du Ponte Vecchio) et plusieurs rues et blocs de maisons, Ces deux palais conticonent des galeries de tableaux et de statues d'une grande valeur. [1 y a là des chefs-d'œuvre de toutes les écoles et de toutes les époques.
Je ne connais pas de musée où L'on puisse mieux constater que dans ces galeries l'immense culbute qu'a fait l’art chrétien à la renaissance,
Il faut bien se garder de croire que l’épa-