‹ Lettres des Bénédictins de la Congrégation de St-MaurChapitre 105 sur 197 · XXXIV · texte numérisé non relu

XXXIV

AUBRET A NIC. TOUSTAIN.

Au très Révérend Père Le très Révérend Père Dom Toustain de la Congrégation de St Maur,

à Tabaye de S» Germain des Prés

à Paris.

Je VOUS envoyé encore, Mon très Révérend Père, quelques mots de n[ot]re basse Latinité qui se sont trouvés sous ma main en lisant vn terrier de Thoissay, qui est vne chatelenie de S. A. S. monseigneur Le duc du Maine dans cette souv^^ et dans quelques autres titres anciens que j'ay parcouru; et je continueray, autant que le tems et les affaires me le permettront, à vous en envoyer, à mesure que j'en trouveray.

Je suis du même avis que vous, Mon Révé[re]nd Père, de laisser le texte entier de M^ Ducange dans votre nouveau glossaire; il n'y a que l'ordre et l'arrangement que je voudrois changer et le faire plus alphabétique qu'il ne l'est pas. Ce que vous pourriez faire, c'est que, lorsque vous séparerés les mots composés de leur racine, ou d'autres choses qu'il ajoint, que vous verres qu'il faudra séparer, vous pourrés renvoyer le lecteur au mot dont vous aurés séparé celuy que vous mettes dans son ordre naturel, et l'on trouvera par là tout le texte de Mr. Ducange, et l'on verra par ces renvois que ces mots peuvent s'éclaircir les uns par les autres.

Le plan que j'ay l'honneur de vous proposer, sera chargé de bien des renvoys et vous donnera vne nouveille[sic] peine. Mais si ces renvois prolongent votre ouvrage et vous causent vn nouveau travail, ils facili-

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teront fort ceux qui voudront approfondir certaines questions sur nos anciens vsages, qui sont éparses sous différents mots dans le glossaire de M^ Ducange.

Pour vos additions et corrections, je les séparerois du texte de M^ Ducange, par vne simple étoile ou autre distinction; c'est tout ce que j'y ferois. Dez que le public en sera averty, il connoitra l'ancien texte de Ducange et votre travail. Personne ne pourra douter que vous n'ayés laissé tout le texte de Ducange, car si l'on en vouloit douter, il vous sera facile de vérifier par vos renvois, que vous n'en avés rien omis, puis que tout s'y trouvera en son ordre naturel. Enfin, je crois toujours que l'ordre alphabétique exact et bien suivy est très utile et même nécessaire, car j'ay cherché plusieurs mots, les quels n'ayant pas trouvé dans leur ordre j'ay cru qu'ils avoient esté omis. En voicy vn que j'ay trouvé hors de son ordre et que j'avois cru omis, comme vous le verres dans mon i«^ mémoire. C'est poïum pour podium, car à moins de sçavoir l'origine de poïum et qu'il vient de podium, il est impossible de le trouver, ou il se faut donner bien de la peine. L'on pourroit véritablement faire vne table, comme M"" Laurière en a fait vne à la fin de son glossaire du droit françois, et si votre ouvrage est commencé, vous pourries y suppléer de cette manière, et cela éviteroit la peine à ceux qui ne pensent pas à chercher les mots par leurs racines et à ceux qui ne les sçavent pas. Vous verres la quelle des deux méthodes agréera les plus aux sçavans et au public, au jugement du quel je seray toujours très soumis, ainsy qu'au vôtre. Mais je souhaitte toujours qu'on cherche tous les moyens possibles pour nous faire trouver d'abort ce qui nous est nécessaire.

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