II. t
Le î^ Vt)l. contient plus de 250 lettres, dont il y a une trentaine du Card. de Lorraine, quelquesunes de la reyne Catherine, au sujet de ses Négociations avec les princes de la maison de Guise qui s'assuroient alors de bien des places, malgré la Cour. Le reste, au nombre de plus de 200, sont de m^ Henry, duc de Guise, au roy, à la reyne et aux secrét[air]es d'état. Rien de plus cavalier, de plus naturel et de plus spirituel que le style de ces lettres.
J'omets, Mon Révérend père, le nom des autres personnes dont les lettres se trouvent répandues dans les trois volumes; cela ne finiroit point. Ce manuscrit m'a paru de conséquence, tant pour l'importance des faits qui peuvent éclaircir notre histoire, que pour les mêmes circonstances qu'on trouve là uniquement et qui caractérisent mieux les personnes que les faits du dehors, où il y a souvent bien du hazard et bien du théâtre. — Ce que j'estimerois sur tout de plus utile dans ces lettres, c'est le manège politique infiniment propre à donner des leçons aux personnes destinées a gouverner ou à conduire les affaires. Les lettres du Card. d'Ossat ont été bien reçues par cette raison, quoiqu'elles roulent sur un très petit objet. Celles cy seroient beaucoup plus utiles, par la diversité des événemens et des ressources. — Ces trois volumes, à l'impression, feroient deux bons in quarto. Le propriétaire voudroit en avoir deux mille francs. Sinon, il est disposé à porter son manuscrit en Angleterre, oii il vient d'en envoier une note. On luy fait espérer que le seul article des affaires d'Elisabeth et de Marie d'Ecosse luy en fera trouver une meilleure somme. J'en ay lu et feuilleté une bonne partie. Les lettres de Castelnau, de L'Aubespine et de Bellièvre m'ont paru pleines d'esprit
et d'excellentes choses. Le manuscrit, d'un bout à
l'autre, est très net et très bien conservé. Il n'y a que
la diversité des Écritures qui offense d'abord un peu:
celle de Castelnau et du duc de Guise sont horribles;
celle des despéches d'Henry III ne l'est guerres moins,
mais on en vient à bout, et les pièces n'en sont que
plus certainement originales. Il ne faut point se plaindre,
dit on, que l'épousée soit trop belle.
J'ay l'honeur d'être, [etc.]