C. CAPPERONNIER A MABILLON
Au R. R^ P. Dom Mabillon.
Mon très Réuérend Père.
Je voudrois bien tâcher de retirer quelque fruict de l'Hohneur de votre connessance, en vous proposant quelques difficultez sur des Matières de Théologie, à condition néantmoins que je ne vous seray point importun. Je commenceray par vous demander quelque éclaircissement sur certains endroits des Pères qui m*ont arrêté en les lisant.
1 **. Que penseriez vous de cet endroit d'Athenagore legafnjt pro chr[ist]ianis, pag. lo, qui me paroît corrompu }
Ecxiv o vloç rov 0eoVf Xoyoç rov TlaïQoç h idia xat ipeçyeia .... ei de Ôî wfeç^oX^ avvécsœç axonetv vfAÏv metaiv 6 mitç [suppleo tov 0eov] ri ^oiXerai, içœ ôià pqaimv, nçôkov yépvtjfia stvai tqi narçi ovx toç yivofAevov^ è^ àçxriç yàq 0 Seoç vovç aièitog Xopxog oSy, aV! oiç xâiv vXutmv ^vfAnarcfov caioiov (pvaaœç xaï yrjç oîx^iag vnoxetfAsvœv ôixriv, fi€fiiyfiévœv rôiv naxvfÂearBÇcav nçoç ta xovqtizeça in avTotç, iàia xa! èviçysM ehai nçoeX^œv.
2°. Que pourroit signifier le mot de compendium dans cet endroit de saint Irénée^ lib. 3, cap. 18.?
Propter hoc properante Maria ad admirabile Vini signum et ante tempus volente participare compendii poculo, Dominas repellens ejus intempestiuam festinationem : quid mihi et tibi est, Mulier? nondum venit Hora mea, expectans Horam, quœ est a Pâtre percognita.
Monsieur TAbbé deBilly in sacris observaftijonibus croit que Tlnterprète de saint Irénée a lu avvrofiiaç
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au lieu de dp^ocfiiaç ou bien dw&ocfiiov, qui signifie du vin excellent, ou vin qui est très agréable au goût et à l'odorat. Mais ce n'est là qu'une pure conjecture.
3°. N'auriez vous encore rien remarqué sur vne variété de leçon que j'ay trouuée dans saint Irénée« lib. I, cap. i.r Cette variété de leçon regarde le verset 27 du chap. 12 de l'Éuangile selon saint Jean, où
nous lisons IVvv ii ^pvx^ l^ov rera^axTac 9«ù ri cnsv;
jusqu'à présent on n'auoit remarqué aucune variété sur ce verset, non pas même dans l'édition du Nouveau Testament faite à Oxford.
Mais nous trouuons dans saint Irénée, lib. i,cap. 1.: Tûsdium ejus in eo quod dixisset: quàm tristis est anima mea: timorem autem in eo quod dixerit: Pater, si possibile est y transeat a me calix iste; aporiam aatem^ id est consternationem , similiter in eo quod dixerit: et quid dicam nescio. Ces derniers mots font manifestement allusion au passage de saint Jean, rapporté cy dessus en grec. Or ce passage de saint Irénée se trouue en grec, mot pour mot, dans saint Épiphane Haeres. 31:
xal "ctjv dnoQiaw di wravrmç èp rcp elçtixipcu' xal xi iUmk ovx olda,
4^. N'auriez vous pas de Manuscripts particuliers des extraits de Théodose et du Valentinianisme, qu'on trouue à la fin des ouurages de saint Clément Alexandrin ?
Ces extraits ont deux parties. La dernière a été traduite en Latin par le P. Combefis, mais peu exactement. J'ay traduit autrefois la première partie, et j'ay donné ma traduction à M*^ Dupin. Mais comme j'ay trouue beaucoup de lacunes et de fautes dans le texte grec, la traduction n'est pas telle que je souhaitterois. Si vous auiez des Manuscripts de ce Théodose