C. CAPPERONNIER A MABILLON
qui fussent plus corrects, je tâcherois quelque jours [sic] d'en faire vne traduction plus exacte.
5®. N'auez vous jamais vu une certaine explication du Mystère de la S. S. Trinité, que les Grecs présentèrent au sultan des Turcs après la Prise de Constantinople. Le célèbre Grotius cite avec éloge cette explication dans les notes qu'il a faites sur la consultation de Georges Cassandre, conseiller de i*Empereur Charles Quint. Jusqu'à présent je n'ay pu auoir aucune nouvelle de cette explication. Cependant je suis fort curieux de la voir, à cause de l'estime que Grotius en a faite.
Si cecy ne vous déplait point, je pourray continuer à vous demander des éclaircissemens sur les difficultez qui me surviendront. Je suis, [etc.]
Le 24 Januier 1700.
C CAPPERONNIER.
Mon Réuérend Père.
J'auois fait coppier la vie de S^ Brandanus par vn de nos [sic], pour vous l'enuoyer. Je me suis abstenu de vous charger du port, depuis que j'ay appris par vostre lettre qu'elle ne pouroit pas auoir lieu parmy les autres, pour estre remplie de fables, à quoy j'acquiesce volontiers, attendu que je l'ay reconnu apprès qu'on me l'a coppiée et que je l'ay examiné
en suitte. Baronius en marque vne, différente de la nostre, qui semble n'estre pas fabuleuse, puis qu'il ne la censure pas, comme il a coustume de faire les autres. V[ot]re p. procureur Général de Rome pouroit bien voir chés les pères de l'Oratoire de Rome, à qui Baronius a laissé ses liures, tant MS. qu'imprimés, si elle est telle qu'elle puisse voir le jour. Ces pères ne font pas difficultés de laisser voir leurs liures; le mesme Baronius leur en a laissé vn bon nombre, et de rares, qu'il a achepté en partie; les autres, ayans esté empruntés des Abbayes, n'ont pas esté rendu [sic], quoy que ceux à qui ils appartenoient les ayent redemandé. Je vous enuoy les miracles de S. Léonard; les premiers et derniers mots ne correspondent pas à ceux de v[ot]re Catalogue. J'y joins la Canonization de S. Malachio, que j'ay trouué par hazard parmy nos M. S. Je voudrois auoir trouué celle de n. p. S. Estienne, mais ce seroit temps perdu de la chercher; onlatrouuera sans y songer. La relation de la dédicace de Césarée est remarquable pour les indulgences qui sont accordées, à sçauoir 40 jours pour les péchés mortels et 80 jours pour les véniels. Si elle peut trouuer place dans v[ot]re Spicilegium, c'est à vous d'en iuger. Je vous l'enuoye pour cela. La Vie de Famianus se trouuera à Rome, comme je vous l'ay escrit. Je vous enuoie ce que j'en ay trouué; je n'ay veu autre chose que ce que vous trouuerés dans le pacquet. Je remarque dans vot[re] catalogue que vous n'y mettes pas S. Bruno Chartreux, et vous insérés pourtant S. Estienne de Grammont qui n'a pas professé la Règle de S. Benoist, puis qu'il a fait vne Règle toute particulière, et que ses Religieux ne reconnossoint pas pour Père ni pour Législateur, et les Chartreux viuent suivant la Règle
de S. Benoist, quoy qu'ils ne l'expriment pas dans leur profession. Vous mettes dans v[ot]re catalogue Geruini Abb. Aldenburgens., il faut mettre Oudemburgensis, car Oudembourg est l'Abbaye où S. Geruin a esté Abbé, à vne lieue et demie d'Ostende, etAldenbourg est en Hollande et, si je ne me trompe, dépendant des Religieux de S. Winoc, qui en sont seigneurs. Arnôldus Wion estoit profès d'Oudembourg, et là dedans il a commencé à composer son Signant Vitas, qu'il a acheué ou fait tout de nouueau en Italie. L'vn donc est Abbaye et l'autre ne l'est pas. Ne vous mettes pas en peine de la carte de la terre sainte, jay retrouué l'autre. Auant que finir cette lettre je vous donne auis que Gononus, Célestin, a laissé vn autre volume de vies de saints, escrit de sa main, qui ne s'imprimera pas sitost, à ce qu'on m'a dit; les pères célestins vous pouront le procurer du lieu où il l'a laissé après sa mort. Un p. célestin de Lion me dit cela, il y a enuiron 6 ans. Je salue D. Mabillon; je pensois luy escrire, mais en suis destourné; je le ferai vne autre fois. Je suis cependant, [etc.]