MONTFAUCON A
A Paris ce 24. Décembre 90.
Un Italien que bien connoissez [sic] a écrit en France une lettre où il méprise le travail que fait le P. Ma* draschi sur TAIcoran. Il dit que M. Acolush de Breslau, qui a le même dessein que le P. Madraschi, est bien plus capable d'y réussir que luy. Mais ceux qui ont veu en France quelques Épreuves de l'Édition de Padoue, gens fort capables d'en juger, disent que le travail est bel et bon et qu'il y a tout lieu d'espérer que cet ouvrage réussira. Et pour M. Acolush, les lettres qu'il a écrit [sic] à Paris, font foy que c'est un homme qui manque fort du bon goust et qui forme des desseins les plus étranges qu'on puisse imaginer, entr'autres de faire voir que l'Égyptien vient de l'Arménien. Ce qu'il a remarqué sur l'AIcoran dans quelques lettres n'est pas plus solide. Tant il est vray qu'on estime ordinairement davantage ce qui est plus éloigné, quoy qu'il le mérite le moins. M. Acolush est de Breslau.
Monsieur Rigord, qui a préparé, depuis un an, une dissertation sur Tannée de la naissance de N. Sei-
•) Brouillon.