II
Le Père Posseuin, dans sa dernière, marque qu'il y a dans la Bibliotèque vaticane vn traitté d'Héron de Horologijs Aguaticis; ce pendant M*" Fabrettj m'a dit qu'il n'y est point, ny le Bamleus du mesme Autheur. Jay receu le Flaminio Vacca que M*" Fabrettj m'a enuoyé. Je ne doute point que vous ne nous aportiez. quelque chose qui puisse enrichir le recoeuil [sic] qu'on imprime icy, des Autheurs Tactiques et Polyorcétiques, et les autres desseins pour la Bibliotèque dont J'ay eu l'honneur de vous entretenir.
Si vous allez jusques en Sicile, vous trouuerez là des trésors qui n'ont point estez fouillez depuis près de deux siècles. J'appréhende fort que vous n'ayez point veu M*" Malapiggi à Bologne. Sur tout voyez à Rome ce que M*" Holstenius a laissé à Messieurs les Barberins. Il y a toutes sortes de trésors à Rome.
Je feray icy auec vostre permission mes baisemains au Père Michel. Je suis, Monsieur mon Réuérend Père, (etc.)*)
THÉUENOT.
Je vous ay désià marqué le Mss. de Frontin qui est chés les Théatins de Naples, la copie que M' Vossius en a laissée à feu M"" Holstenius et qui se doit trouuer dans ses écris.
Monsieur d'Irois, qui est auprès de son Éminence le Cardinal d'Estrées, connoist tout ce qu'il y a d'habiles gens à Rome. Je conte fort sur son amitié, et Je ne doute point qu'il ne contribue tout ce qu'il pourra de lumières pour tirer des bibliothèques et des cabinets de Rome ce qu'il y aura de meilleur.
^) D'ici la main de Th. lui même.
Pour ce qui est des livres imprimés, il est presque impossible de faire plus que ce qui s'est fait; pour vous en donner des mémoires il auroit fallu vous mettre entre les mains les catalogues, qui sont de trop gros volumes pour se transporter aysément.
Il y a vne petite histoire du concile de Trient, écrite par le padre Mostro dominicain; c'est vn in i6^ Vn livre d'vn Leonardo da Capua, imprimé nouuellement à Naples.
Je trouue dans vne liste de Hures Pontij Martyris de viîa Cipriani Martyris, imp. à Rome.
Vous ne me marqués point ce que vous trouués à Rome de Mss.; c'est par cette raison que ie ne m'étends pas dauantage sur cette sorte de liures.
Est il vray que l'on imprime à Rome l'Alcoran Arabe auec la version?
Vous me pardonerés bien, si je me sers d'vne main étrangère, puis q[ue] c'est pour vous épargner le déchiffrement de la miene.
MABILLON A RUINART.
Pour Le Révérend Père Dom Thierry Ruynart, Religieux Bénédictin
à S< Germain des Prez.
A Rome ce 2i(?) Aoust 1685.
Mon très cher et révérend Père:
J'ay reçu la vostre du 30* Juillet, avec les incluses. Vous pouuez croire, que je n'ay pas moins de joye que
Il6 MABILLON A RUINART
VOUS de pouvoir souvent recevoir de vos lettres. Car quoy que nous n'ayions pas le temps de nous ennuyer, nous sommes bien aise de sçavoir des nouvelles de nos amis. Nous jouissons toujours icy d Vn air serain, et il n'a plus [sic] quVne fois depuis notre entrée en Italie. Les chaleurs ont esté supportables cette année: enfin nous nous portons fort bien, Dieu mercy. Je vous prie de remercier M^Du Gange, la i*"^* fois que vous le verrez, de la lettre qu'il m'a fait l'honneur de m'écrira. Je penseray à ce que Dom Edmond me mande. Je vous prie de luy faire mes civilités, en attendant que je luy écrive. Je vous recommande F. René Fossart. S'il fait bien, je l'aimeray beaucoup.
Ce que l'on vous a dit touchant le ms. de St. Bernard qui a esté à Troyes, n'est rien de considérable. J'ay vu ce ms., et si celui qui le possède s'en estoit voulu accommoder à des conditions raisonnables, je Taurois eu. Mais il en fait plus de cas que ce ms. ne mérite. Il contient les ouvrages de Nicolas de Clairvaux, qui sont tous imprimez. Je vous prie, lorsque vous verrez M*" l'Abbé Berthier, de lui présenter nos respects et de le remercier de l'honneur qu'il nous fait de se souvenir de nous. J'en dis de même de tous nos Messieurs. Je m'ennuye de n'estre pas à St. Germain, aux vespres des festes et Dimanches, pour avoir le bien de les y voir et de les entendre parler. Il faut encore un peu attendre pour cela.
L'affaire des Quiétistes est toujours dans vn grand silence. Le pauvre Molinos avec ses compagnons ont plus de temps qu'il ne veullent pour faire l'oraison de Quiétude. Vn de ces jours, estant auprès de St. Pierre hors de la ville, dans un endroit où l'on tire de la terre pour faire des tuilles, nous vismes une troupe de ces
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sortes de gens qui estoient assemblez dans vne fosse, attendant vn de leur [sic] Prêtre [sic] qui devoit faire la conférence. C'estoit le jour de Tassomption N. D. Je m'étonnay, qu'aprez ce qui s'est passé, il y eût encore des gens qui pensassent à cette fête. Mais les entestemens, sur tout en matière de religion, ne sont pas si aisez à guérir.
On parle d'une sortie que ceux de Neuhausel ont fait contre les assiégeans, que Ton dit avoir eu du pire. Il faut attendre la confirmation de cette nouvelle, que je souhaitte n'estre pas véritable. Me voilà tantôt au bout de mes nouvelles. Lorsque vous verrez M*" Thévenot et M" Clément et Ressert, obligez moy de leur faire mes civilités. M*^ Anisson est encore indisposé et garde le lit, à cause d'une tumeur qui luy est survenue sur les deux jambes. J'espère qu'il sera bien tôt guéry. Pensez et travaillez à vous bien porter. Mes respects à nos Rds Pères et mes civilités au R.P. Soup[rieur] et à tous nos chers confrères, sans oublier f. René aterque et f. Mathias. N'oubliez pas les Pères Dépositaires et D. Louys et f. Simon Robert, &c. D. Thomas, D. Pierre et D. Nicolas veulent bien, que je les mette à part aussi bien q[ue] nos Ambrosiens. Je suis de tout mon cœur, (etc.)