TOINARD
chez madame la Présidente.
Si mon*^ l'Abé Fleuri va chez vous, je vous prie de l'assurer de mes respects.
ESTIENNOT A L. BULTEAU.
Monsieur
Monsieur Bulteau en Tabbaye de S^ Germain des prés
à Paris.
A Rome 16. sept. 1687.
Mon Réuérend père:
Le viceroy de Naples a esté fort mal; il a fait voeu de faire bâtir une chappelle en l'honneur de St. François de Paule dans le palais, et dès le moment il s'est mieux porté. C'est ce qu'en escrit le Rd."* père Général des Minimes, pour qui son Excell. a des égards très grands et beaucoup de confiance. S'il estoit mort, on s'en seroit facile[men]t consolé en cette cour.
Les chaisnes sont tousjours tendues à Monte Cauallo, ce qui fait croire que sa S. ne se porte pas mieux.
IJO ESTIENNOT A L. BULTEAU
On veut pourtant, qu'on ne fasse cela que parceque le S. P., ne pouuant dormir de nuit, repose le jour.
Les sentimens sont encore partagés sur le 9* article de la lettre pastoralle de monsgr. le cardinal Le Camus, singulière[men]t sur les reliques. Cela s'appaisera. On luy en a escrit par ordre de sa S., et on a, ou on aura bientost sa response.
Son Éminence monsgr. le Cardinal Colorado est fort content des deux liures de monsieur Dupin de la critique des pères; il y trouue de l'esprit et de l'érudition, mais il uoudroit que l'autheur ne fût pas si hardy ny si décisif. On r'imprime son liure de antiqaa ecclesia disciplina en Hollande, ce qui chagrine cette cour et singulièr[emen]t monsgr. Schelstrate.
Depuis l'abjuration de Molinos, plusieurs personnes de compagnies et coventés [sic] séculières et régulières ont esté se déclarer au st. office abjurer les erreurs et en ont esté quittes pour cela. Si l'abbé Taya auoit eu aussy bon nez, il ne seroit pas embarrassé comme il l'est, car de six mois on. ne luy dira pourquoy il est au st. Office. J'ay vu la sentence des deux disciples de Molinos et leurs procez verbaux et criminels; mais il y a tant de sottises et de saletés, que je n'ay pas iugé uous les deuoir enuoyer. Le dessein de Molinos estoit d'establir un 4'' estât dans l'église, les trois de la nature, de la loy ou de la grâce ayant esté malheureux ou imparfaits et celuy délia quiète deuant estre parfait et heureux. *)0n m'a dit une chose et d'assés bon lieu, mais que je uous prie de ne pas publier, parce-, qu'elle est de conséquence et ne me paroist pas fort
*) Souligné (jusqu'à j^in ni.«). Remarque dans le texte et dans le marge: *Solk.
ESTIENNOT A L. BULTEAU I5I
uraye: que dans le long du s. office en auoit délibéré d'escrire à tous les princes chrestiens pour demander un concile pour rextirpa[ti]on de l'hérésie des Quiétistes et la réforma[ti]on de l'église tant in D. q. in m.
Quoy qu'il en soit, il est certain que cette secte estoit plus étendue qu'on ne croit, qu'elle est affoiblie, mais qu'elle n'est pas éteinte, et qu'on auroit peutestre condamné à mort le d[it] Mol[inos] si on n'auoit eu crainte que ses sectateurs n'en n'eussent fait un martyr. Je uous ay enuoyé sa sentence, et uous y aués vu qu'il est condamné à vne prison estroitte. Le vendredy après son abjuration il fust fort surpris, quand on ne luy porta que du pain et de l'eau, mais cela est un appencUx de la prison estroitte, aussy bien que de n'auoir ny feu ny lumière dans sa chambre. On auoit eu pensée de faire imprimer son procez. et cela a esté proposé à la congréga[ti]on, mais il y a esté résolu qu'on ne l'imprimeroit pas. Son Éminence monsgr. le Cardinal Capisanti, qui nous a fait l'honneur de nous venir veoir aujourd'huy, m'a promis de nous en donner vn exemplaire, et s'il est possible de uous l'enuoyer dans une lettre, uous l'aurés l'ordinaire prochain. Si on ne craignoit les ports, on vous enuoyeroit tout ce qui se fait icy, car nos amys nous le font veoir et on en prend copie.
J'ay reçu une lettre du R. P. Dom Jean Durand cet ordinaire. Salués le. Je uous prie, de ma part. Il sçait, et vous aussy, qui est monsieur Gabriellj et pour. quoy il a eu le sfratto; il est allé seruir en Hongrie, et ayant sollicité auprès de l'empereur de pouuoir apporter au P[ape] la nouuelle de la deffaitte des Turcs, il l'a obtenu. Croyant que Sa S. luy voudroit bien pardonner, il est donc venu en poste, chargé de lettres
152 ESTIENNOT A L. BULTEAU
de l'empereur au P. et au Cardinal Cibo, mais ny l'un ny l'auttre ne l'a voulu veoir, et il s'en est retourné disgracié comme il estoit venu. Cela afflige sensible- [men]t sa famille et ses amys.
On a fait sur le Card^ Petrucci et sur Molinos cette Épigramme : Crimine sunt similes ambo, sed dispare sorte: Ostrum PETRUCIUS, vincla MOLINUS habet. Elle est, co[mm]e uous uoyés, sanglante contre le Card. Petrucci. On a enuoyé de nouueaux Commissaires au diocèse de Ghiesy, les premiers s'estant laissé corrompre et n'ayant pas fait un rapport fîdelle. On dit qu'on y entend bien des affaires. On veut mesme, que dans une congréga[ti]on on y fait un décret gui detrudatur in Montfem] Cassinfum], Tout cela donne bien du chagrin à Sa S.^ et apparemment c'est ce qui le fait malade. En vérité, les grands ont de grandes croix.
L'ambassadeur d'Espagne ne donne pas de sujet de se plaindre de luy et vit assés paisiblement. Le P. Myers se plaint, que le Car'Aguirre achète des liures e non ha quattrini. Pour les auttres de la dernière promotion, ils font pitié et sont, comme dit le prouerbe, à Painquerre. Le Car* Coloredo n'a obtenu que de deux voix au chapitre de la Chiesa noua d'auoir vne Galerie pour pouuoir aller de son palais à sa cellule, où je crois qu'il couche encore. Je salue monsieur Bulteau et nos RR. PP.[?] et suis, (etc.)
F^ C. EST[IENNOT].
J. BELLAISE A MABILLON I5}
J. BELLAISE A MABILLON,
Mon Révérend Père:
11 y a longtemps qu'en faisant le catalogue du peu qu'il nous reste de Mss. à Conches, je remarquai que le premier et quatrième volume des vies des Saincts n'y sont pas, et depuis j'ai trouué qu'ils avoint été envoiez à v. R. à Paris; c'est pourquoi je la supplie, si elle n'en a plus affaire, de les vouloir renvoier, n'étant pas à propos de les séparer les uns des autres, puis qu'ils font ensemble une collection entière des vies de Saincts tout le long de l'année, qui ne seroit pas si considérable étant séparée; un mot de réponse à vo(tr]e loisir.
J'ai lu avec bien de la satisfaction v[ot]re Iter Italicum et en ai profité. Ce que v. R. y marque touchant la peinture de S^ François à Naples, qui le rep[rése]nte avec un capuce assez long et sans barbe, m'a rappelle ce qui m'arriva à Fécan, où après avoir montré le Thrésor à des Capucins, des Récollets et un Cordelier, je leur fis remarquer à dessein l'Épitaphe avec la figure d'un Cordelier, en cuivre, sur quoi ils se prirent si chaudement que j'eu de la peine à les calmer. Là je connu que leur dispute n'est pas seulem[en]t pour la barbe et capuchon que cette figure rep[rése]nte, l'une négligée et l'autre assez long, mais aussi pour le chapperon, qu'ils appellent Mozette^ que les Cordeliers portent étendu sur leurs épaulles et par devant, au lieu que les autres prétendent qu'il n'y doit avoir rien de séparé, mais un simple capuchon coussu à la robbe,
154 ^- BELLAISE A MABILLON
sans qu'il descende rien sur les épaules, cofmmje le portent les Capucins. Je ne rapporte point quantité d'incidens qui me donnèrent un divertissement tout entier. V. R. a la mémoire assez heureuse pour 'se souvenir, si cette figure rep[rése]nte S* François avec une mozette, ou non, et terminer encore leur diflFérent en ce point. — Voici quelque chose de plus sérieux. Dans le Catalogue des Évêques de Milan, je ne sçai si c'est la pièce même qui met: Ambrosius sedit ann. XXVI, au lieu de XXIV, car si ce n'est point une faute d'écriture ou d'impression, il faudroit avancer l'ordina- [tijon de ce s^ de deux ans, ce qui est notable. — Pour Égésippe, p. 14, V. R. ne suit pas le sentiment de Gronovius en ses remarques sur les auteurs, où il prétend qu'il n'est point différent de Josippe ou Josèphe Juif, et que cet ouvrage n'est qu'un abbrégé, extrait par S^Ambroise même; Je me souviens que, dans une des Épîtres, au lieu de Josephi, le Ms. de Préaux met Josippi. Or, c'est en parlant du véritable Josèphe, auteur de l'histoire de la guerre des Juifs. Ce qui se trouve au haut des pages du livre 5 dans le volume que V. R. a vu, favorise cela.
J'ai vu en quelques Mss. de nos bibliothèques, sans nom, le Commentaire sur l'Apocalipse que v. R. a trouvé attribué à Juvenianus Soudiacre, qui commence: Fundata per apfostojlos ecclesia, etc. Voilà l'utilité qui revient de marquer le commencement de telles pièces.
Pour Formose, v. R. donne une pièce que bien des gens désiroint voir, sur tout depuis l'impression de l'ouvrage d'Auxilius, que je lui enuoiai, tiré d'un Mss. de Fécan; je trouvai l'an passé le même en un Ms. du Mont S» Michel.
Pour le volume qui contient les Épîtres du Con-
J. BELLAISE A MABILLOM 155
cile d'Éphèse, Ton a donné une honnête défaite à v. R., au lieu d'un refus incivil à M*^ Baluze.
Pour l'Épitaphe mis p. 141, il semble qu'au lieu de »Ytphila«, on pourroit lire »Yhphila«, l'G en »Hic« étant presque le même que celuici, et l'on peut présumer que la différence ne vient que faute de la formation de la lettre. Je soumets très volontiers ma pensée à Tusage que v. R. a en tout plus grand que moi.
Il y a maintenant moien de faire une belle édition de S< Hilaire après la collation de Mss. si anciens et si authentiques que ceux que v. R. a vus, dont j'ai bien de la joie. Car je prens grande part à tout ce qui regarde ces anciens Docteurs, que nous devons avec justice regarder co[mm]e les Pères de n[ot]re foi.
Je n'arrêterai pas plus longtemps v. R. aux autres remarques que j'ai faites, parceque son temps lui est cher. Je regrette qu'elle n'entreprenne pas le voiage d'Angleterre, qui seroit très utile à toute l'Église, et à moi en particulier dans un dessein que j'ai; si par bonheur cela se renouoit, je supplierois v. R. de m'en donner avis auparavant de partir, pour la pouvoir charger d'un petit mot d'instruction sur ce qui me regarde.
Continuez-moi, s'il vous plaît, l'honneur de votre affection, et le secours de vos s^* ss. et me croiez, co[mm]e je suis tout entier, M. R. P.,
V{ot]re très humble et très affectionné confrère
FR. JULIEN BELLAISE, M. B.
A Conches, ce 17 may 1688.
*) Jugez, Mon R. R, de l'Esprit de l'autheur par cette
l[ett]re.
V[ot]re très humble serviteur
F. A[YGULPHE] L[E] R[OUGE].
*) D'une autre main.
Al Rev[erendissi]mo P[ad]re Sig[no]re mio Sig[no]re e P[ad]ron[e] Coiend[issi]mo il P[ad]re D. Gio: Mabillon, Benedettino délia Congregazzione di San Mauro, Parigi.
Rev:"*»- e Dottissimo Padre Sig:'*= mio Sig:" e Prsn Col™°-
L'umanissima Lettera di V[ostra] P[aternità] Rev:°*de' 2 del présente, che, corne tutte l'altre sue, mi sarebbe di un infmito contento, mi apporta un sommo dolore, p[er] leggere in essa la morte del Sig: Emerico Bigot, mio carissimo Amico di tanti e tanti Anni. Quando che il suddetto Sig:"*- fu p[er] molti mesi in Firenze, stemmo sempre ogni giorno insieme, 0 serrati in Libreria di S. Lorenzo, a copiare e collazzionare manoscritti, 0 nel mio povero Museo, a discorrer con Amici eruditi di materie letterarie. Partito che fu di quà, se ne andô a Roma, e p[er]che allora ero giovanetto, con pochissime corrispondenze d'Vomini dotti, operô che fossero i primi a scrivermi Lettere cortesissimi Monsig: Olstenio, Monsig: Allazzio, Monsig: Suarez e diversi altri. Di Milano anche mi fece scrivere dal Sig: Francesco Bernardino Ferrari, dal Sig: Manfredo Settala, ecc. 11 medesimo pure mi fece fare^ in molti e molti altri luoghi, dove stette prima di tornarsene in Francia, da diversi Vomini dotti. Doppo che fu tornato in Francia, ha sempre segvitato di quando in quando a scrivermi, essendo io stato Tunico che da molti Anni in quà abbia auuto in Italia sue Lettere, non avendo esso in queste parti voluto carteggiar se non meco.
Puô p[er] tanto V. P. Rev:"*- considerare la mia afflizzione, ma se il Sig:"- Dio ha voluto cosi, è necessario raccomodarsi alla sua santa volonté. Non ho mancato di farlo raccomandare al Sig:"' Dio, benchè, essendo egli sempre stato d'innocentissimi costumi, mi giovi sperare che, escito di questa Valle di miserie, sia andate a godere la gloria eterna del Cielo. Supplico V. P. Rev:°*- a degnarsi di far noti questi miei sentimenti al dottiss:"®- Sig: Abate Menagio, che riverisco, con lasciargli veder questo foglio.
Poco fa déplorai la morte del Sig: Isaaco Vossio, che certo aveva p[er] me troppa bontà e che si degnava di parlar con tutti del mio poco, anzi niun merito, con tanti eccessi di cortesia, che certo mi vergogno di me medesimo nel ricordarmene ; e adesso mi convien piagnere quella del Sig: Bigot; onde non puô negarsi che non sia questa una Valle di lacrime.
Rendo poi a V. P. Rev:"*= vivissime grazzie [sic] dalla sua umaniss:"* Lettera e délie novità letterarie che si è degnata di scrivermi in essa, che mi sono state infinitamente grate. Ed oh quanto godo, che'l nostro Ambrosio Camaldolense sia in brève p[er] istamparsi! Non potrei esprimerle, con quanto gran desiderio venga da p[er] tutto aspettato.
Per empiere questo foglio, cosl in fretta ad mio solito e senza ordine dl alcuna sorta, le scriverô qualche novità letteraria délia nostra Italia, benchè la maggior parte di esse io le abbia già costà scritte all'ottimo e dottissimo Padre Germain.
Il Padre M. Noris ha fmito di fare stampare il suo Libro, del quale già mandai costà il frontispizzio impresso. In fine di esso, vi ha aggiunto una Dissertazzione epistolica : Ad eruditissimum et clarissimam virum
P. Antonium Pagium, sac, Theologiœ Doctorem, Ord. Minor. Convenl, de Nummo Herodis Antipœ, Volevo mandare a V. P. Rev:™«= io il suddetto Libro del P. M. Noris, ma esso medesimo ne manda costà una cassa di 18 esemplari al Pré Germain, p[er] donarsi a diversi. Fa in esso, come si dee, onorevol menzione, si di V. P. Rev:'"*= come anche del suddetto ottimo e dottiss:"°' Pré Germain.
Il Prê Abate Romito délie Celle, che più volte mi ha imposto il riverirla in suo nome, mi ha mandato il segvente suo Libro manoscritto, p[er]che io lo vegga; ma sono troppo occupato:
Sacra Sylva, hoc est accurata Interpretatio omnium locorum Sacras Scripturas, in quitus a Spiritu Sancto Arbores et Planta memorantur. Tomus primus. Illustratore Auctoreque Rev:"^' P. D. Angelico Bigazio, S[acrce] T[heologiœ] Prof essore y Abate Vallumbrosano et Cellarum Eremita,
Catalogus Arborum, quœ in hac Sacra Sylva continentur: Morus, Sycomorus, Scopa, Abies, Oliva, Olea Sylvestris.
Dedica questo primo tomo »D. Jo. Baptista, Regio Coelituum Prcecursori optimo*.
Il Padre Segneri ha quasi fmito di fare stampare quà un suo Libro, intitolato »L'Incredulo senza scusa*.
Il Sig: Conte Malvasio mi scrisse aile settimane passate, in una sua Lettera, fra l'altre, le segventi parole:
»Stô faticando intorno à miei Marmora Felsinea et alia Bononiensium Antiquitatum fragmenta, opéra di presse a cento fogli in 4., copiosa di figure, intagliate si in rame come in legno, e ricca di ben mille e cinquecento Inscrizzioni estere, sin ora inédite, ec.«
In Roma è stato stampato un nuovo Decreto di Libri proibiti, che io non mando a V. P. Rev:™*=, p[er]che p[er] cosa certa stimo che le sia stato trasmesso dalla medesima Città di Roma.
^Ramazzinus* (mi scrive di Modana, dove ora si trova, il Sig: Liebnitz [sic]) ^de admiranda Fontium Mutinensiam natura Libellam parât, profuturum sane, est mm res memorabilis,^
Del suddetto Sig: Liebnitz, che si è quà trattenuto intomo a quindici giorni, si stamperà in questa Città un suc Libro Matematico, che p[er] taie effetto ha la* sciato manoscritto.
Il Padre Gaudenzio fa ristampare, tutti in un Corpo, varij Critici Italiani ; ma se non bada a questa edizzione qualche Vomo erudito, stimo che sarà Opéra poco accurata.
11 Pré Maestro Franchini mi scrive, che quanto prima darà in luce la sua Biblioteca de' Francescani Conventuali.
Con che essendo il foglio pieno, finirô di tediarla» supplicandola dell' onore de' suoi stimatissimi comandamenti, riverendola e riconfermandomi
Di V. P. Rev:'"»^
Dev[otissi]mo ed Off[iziosissi]mo Se[rvitore] vero
ANTONIO MAGLIABECCHI
Firenze, H 25 Gennaio 1689.
Tutti gl' Amici mi impongono di riverire V. R Rev:"»-, ed io la supplico a farmi grazzia di riverire ^nche in mio nome tutti codesti dottissimi Padri ed âltri eruditissimi Sig:"-
(60 J. MILL A MONTPAUCON
Clarissimo Viro Dno Bemardo de Mountfaucon Salutem dicit J. M.
Literas, eruditissime vir, accepi tuas, in quibus opusculi de veritate historiae ludithae, a me nuper élaborât!, mentionem facis. Id, sicubi manus nostras advenerit, gratissimum futurum scias. Athanasium quod spectat, exanimo omnino gaudeo, in eas manus incidisse, ex quibus immensum quantum luminis atque nitoris accepturus sit Loca. quae cum exemplaribus MSS nostris conferri cupis, expendi omnia. Verba Tom. i. p. 613
Ed. Paris, ^qoç di rrjv içcirriaiv içQSÛq rà vnotsxayfAiva &C.
ad finem, quae a quibusda[m] Mss. vestris abesse notas, in codice Roc. 29. quod unu[m] hujusce tractatus exemplar habemus, desiderantur omnia. Parum probe fateor cu[mj superioribus cohaerent; atque hac sola de caussa praetermissa puto a librarijs. Sed Athanasij esse vix est quod dubitemus, cum omnino consonent ijs quae pauUo ante dixerat pag. 598 & p. 604. Et verô respondere videantur içan^asi quam initio tractatus pro-
posuit: itôiç dvvarai ofioioç^ ^ ix rtjç rov narçoç ovaiaç eîvai^ ôîTOTfi yiy^anxai^ &c. 'Eçforrjaiv hanc blS propositam
una cum interjectis reliquis omnibus respicere puto etiam verba haec ultima. — Ad quaesitum secundum non habeo quod respondeam quidquam. Nulla si quidem exemplaria habemus Apologies contra Arianos. — Quod ad verba ista Latinae interpretationis, pag. 792: Quemadmodum et Pistas, qui ipse quoque talia de Athanasio in vulgus sparserat frustra, ni fallor, quaeras in
J. MILL A MONTFAUCON l6l
Graecis. Scholion potius crediderim Latini cujuspiam, ex ijs qu£ supra de hoc Pisto dicuntur (p. 743), disumptum ac mox transmissum in contextum a librarijs. — Epistolae ad Solitarios nullum habemus exemplar Ms.
— Ista, p. 8jO xard riv niçdixa yvfivà paruiTl lucis ha-
bent ex mss. vestris, in quibus pro fi«çdcxa scriptum ir/j^dixair, illud enim niQdixap meru[ni] librarij lusunr esse arbitror. Lusus certe hujusmodi in casu quarto singulari nominufm] quinte declinationis haud raro me observasse memini in exemplaribus mss. N. Testamenti. Re vera totus iste locus Athanasij mutilus atque mendosus videtur. Desunt aliqua post verba xaî naat^ç alaxvnjç, Quid enim illud naarjç nQoadoitœpTeç quod sequiturP Quanquam et aliud sentiat vir longè supra aetatem eruditus Bentleius noster, cujus conjecturas ad loca quaeda[m] Athanasij tibi mitto. Ex quibus senties, quam plane necessaria sit versio Latina nova, veteri quam habemus infinitis in locis Athanasij sensa omnino transformante ac pervertente. — Ka^cedaei quod xarsaysi lec-
tu[m], vel haud scio an melius xarcaSêi. Jam olim enim haud aliter pronunciasse videntur Grsci literafm] |, quam nos a vel aa. Sic in ms. Alexandrino alijsque
vetUStissimis: av^çiaov & attiçitrui pro axi^çtiov, (Ptrjçi^ai,
&c. — In Ep[istol]a ad Afros, cujus exemplar nullu[m] habemus, illud : (oç dçdyfxa fiij ixov iafvv Bentleius noster primo intuitu legendu[m] pronunciavit: oiç dçdyfia f*^
ij09 axi%w^ rectissimè procul dubio. In Antonij
*)mutilu[m], descriptam habemus) verba in calce Prae-
fationis sic habent: xai a fjta&eïv idvv^d-riv naç aiiTOv, axoXovÛtiatiç avr^ jfçdfoi' oXiyov^ xai mx^'œv to vdmQ xatà
XHQftç avrov. — Epistolam de Sententia Dionysij manus-
•) Déchirure.