LOUIS PICQUES
Ce 6. May 95.
Pour le Révérend Père dom Bernard de Montfaucon, religieux bénédictin
de l'abbaye de St. Germain des prés,
Paris.
Il faut appeller, mon R. P., la feste de la pentecoste la feste de la polyglottie. Les Égyptiens et ceux d'Afrique d'auprès de Cyrène entendirent prescher en leur langue. 11 n'empesche pas que la dialecte bashmurienne ne soit celle de ceux qui habitent ta fiiçfj r^ç Aifivriç rf^ç xarà Kvçi^vrj^, Une petitte portion de ce don de polyglottie ne seroit pas inutile pour expliquer quelques endroits de vostre S^ Athanase. Voyés,
s'il vous plaist, la page 450 ngoç tovç iv JfVç ftovaxovç,
J'aurois mis Sévji, le traduct[eu]r met ad peregrinosfratres. Je soupçone que ce mot est le nom d'vn lieu, comme Skethé, Nitrie, Tabenne, et qu'il est couppé à la mode des Égyptiens ou des grecs qui disent cynà, andrà, latà, lycbj &c., et que l'Entier de ce mot est ^evBçrjQtç, chez
StephanuS de vrbibus ntôf^rj Ai^vrig itXrjmov 'uàke^avàQuaç.
Ce lt9i(fvQiç est mot Égyptien que vous trouuerés dans v[ot]re psautier, ps. 128 v 6. oy-genephôr; gr. dûfia, lat. tectum, vn couuert, vn abry, vn hangar, vn ostuent; l'espagnol diroit vna venta ou ventana. C'est vne Conlecture qui sera recognue pour bonne auec le temps et que Je Vous prie d'agréer, estant tout à v[ous]