L. PICQUES, doct^ de Sorbonne
A Paris ce 2* Juillet 95.
Pour D. Jean Guillot à Rome.
Paris ce j. Octobre 1695.
Le P. Souprieur de Rouen a écrit une dissertation sur la dernière pâque de notre Seigneur, contre le père Lamy. Je crois qu'elle s'imprimera. Le père de Ste Marthe, qui l'a veue, la trouve bonne et bien écrite.
Le Nouveau Testament du p. Bouhours est arrêté par la maladie de ce père, dont on croid qu'il aura peine de revenir jamais; c'est un épuisement général. L'on doute que cet ouvrage soit continué. Les P. jésuites disent que le Père Tellier n'a presque rien fait à ce qui s'est imprimé jusqu'à présent.
Le Nouveau Testament Cophte s'imprime toujours en Angleterre; c'est un certain Thomas Edouard qui prend soin de l'impression. Il y en a sept ou huit feuilles à Paris en diverses mains. Je n'en ay pas veu encore. A propos du Nouveau Testament, il est bon de vous avertir qu'il y a eu, il n'y a pas bien longtemps, une édition de celuy de Mons, corrigée par M. Quenel, dont les corrections n'ont pas été approuvées en quelques endroits, par exemple M. Arnaud avoit tourné Abraham gênait Isaac: Abraham engendra Isaac. Le P. Bouhours avoit repris cette version en disant que le mot »engendrer« salit l'imagination, et qu'il falloit tourner: mit au monde Isaac, ou quelque 2iutre mot semblable. M. Quenel a traduit: Abraham eut Isaac; et on ne croit pas qu'il eut dû avoir cette déférence pour le P. Bouhours. Le P. Daniel, jésuite,
prépare une seconde édition de sa Critique des provinciales de M. Pascal. M. Le Gard, de Bouillon a fait peindre le modèle d'un mausolée magnifique qu'il veut ériger à Cluny pour toute sa famille. II a cinquante pies de haut, large à proportion. Il l'a fait exposer dans l'Église de St. Martin des Champs, il coûtera plus de 200000 livres.
Il y a une seconde lettre circulaire du clergé, dattée du i6 Sept., aux Évéques de France, portant qu'ils envoyent au plutôt un état de leurs diocèses, comme on leur a demandé par la première lettre, sinon on imposera le don de subvention, comme Mss. les prélats restez icy le jugeront à propos.
Le Rituel de Paris est fort avancé d'imprimer; on a déjà commencé le sacrement de l'ordre. On a veu dans la Bibliothèque de M. de Rheims un nouveau livre fort curieux qui a pour titre: Publicorum negotiamm ab Augastissimo Romanorum Imperatore, universis Europœ Regibus S. Romani Imperii Electoribus, principibus et statibus intra vicenniam, latina quidem lingua tractatorum Sylloge, continens litteras cujuscamque fere generis, varia item décréta, salvos conductus, plenipotentias, Mémorialia, propositiones, resolutiones, observationes, vota, pacta, f cédera, instrumenta, armistitia, atque manifesta; juxta seriem annorum disposita, a Joanne Christiano Lunik. Francofurii et Lipsiœ 1694, gros in 4®. Ces vint années commencent en 1674 et finissent en 1694. Ainsi le traité de la ligue d'Ausbourg doit y être. Il y en a qui disent qu'elle n'étoit que deffensive.
II paroît une satyre contre la Poésie et la musique, dédiée à M. Despréaux, in 4°.
Le troisième volume des Mémoires pour l'Histoire Ecclésiastique de M. de Tillemont est achevé d'imprimer.
et for chargé d'impression. Il n'achève pas le troisième siècle. Il ne va que jusqu'à Dioclétien. Il ne répond pas à M^ Faydit. Je conseille au Rd. p. Procureur Gén. de faire la dépense de l'acheter. J'en envoiray le prix dèz que je le sçauray.
Un P. de l'Oratoire traduit en François la lettre latine ou plutôt l'éloge de Mr. Desmahis, faite pas M. Prousteau. Il paroit un manuscrit intitulé Éloge historique du dit Sieur Desmahis, quatre fois plus gros que la lettre. Je ne sçay si on ne l'imprime pas; mais je sçay bien qu'on imprime actuellement un in i2^ qu'on a trouvé manuscrit avec plusieurs autres ouvrages après la mort de M. Desmahys. Le titre en est: Véritez de la Religion Catholique par demandes et réponses, prouvées par la parole de Dieu, pour détromper les Huguenots et fortifier les Catholiques. L'ouvrage est bien avancé; il n'y manque que cinq ou six feuillets de vint-et-six qu'il en doit avoir. C'est un nommé M. Geofroy, prêtre, habitué à S. Germain de l'Auxerrois, qui a esté le maître de ce mss. et des autres. Il doit mettre une belle préface à celuy qui s'imprime. M. l'Évêque de Meaux a déjà donné son approbation. Mr. Desmahis étoit de Paris; ses père et mère étoient d'Orléans, où ils ont du bien. Il a un cadet nommé Aï. de la Mothe, si je ne me trompe, qui étoit Ministre à Sisy, Évesché de Meaux, et qui s'est retiré en Angleterre; Mr. Prousteau n'en a rien dit. Le R. P. Procureur Général a demandé au P. Mabillon le Testament de M. Arnaud; je vous l'envoyé, et vous envoiray son Testament spirituel au prochain ordinaire. J'ay receu votre lettre du 6. sept. 11 me semble que vous vous laissez trop abbatre. Ce n'est pas une bien grande
2 34 MONTFAUCON A J. CUILLOT
affaire; il n'y a rien dans vos lettres qu'on puisse reprendre.
Mais comment peut on se mettre à couvert de la jalousie? Il y avoit, dans la lettre qui leur tomba entre les mains, quelques louanges que mes mémoires ne méritoient pas assurément. Sur cela ils disoient que cela me donnoit de la vanité, sans m'avoir veu là dessus, ny sçavoir même si j'avois receu des lettres. Ils ne m'ont rien dit, ny le P. Général ny les autres, et je n'ay rien appris que par vos lettres, et par dessus les murs. D. Antoine Durban, supérieur des mieux intentionnez et des plus droits que j'aye jamais veus, m'a fait confidence de la lettre que vous luy avés envoyée: il voit aussi bien que moy d'où vient cette allarme. — Je vous avertiray quand le paquet des livres partira; ce sera bien tôt.
A Paris ce lo octobre 1695.
Je commence ma lettre en vous suppliant de m'éclaircir quelques difficultez que j'ay encore sur les mémoires que vous m'avez envoyez. Dans l'un, qui a ce titre: Codex mss. Grœcus Bibliothecœ Vadcance num. J7J in charta papyracea et in 4?, cujus caracter satis est elegans, continet sequentem tractatam; le titre ensuite:
(Tvroxptç aaqirjç xat (svvrofioç^ xal àiayvùiaiç r^ç niOTëfaç i^fccô» rijç ip T^ àyia rçiddi rov àyiov *ué&ava6tov nana l^^€^(xf».
àçiiaç, *0(f8ikofJisp maxeveiv dç ipa^niaûtjfjiep, etc. Ce que
VOUS m'en envoyez, finit ainsi: riyy ^iW ^èoxtjra t« xaî
dvtafiif ip TQiol yvcDÇi^ofiepriif nal nçoçxvpovfiiptjp. Cela n'a
guères Tair de la fin d'une pièce. Mandez moy, s'il vous plaît, si elle finit là. L'autre est du mss. 588 de la Bibliothèque Vaticane qui a appartenu à Honorius
Mallia: Tov fAeydXov *u4âavaaiov ^^Xe^apdçBiaç neç) mare<oç, vtaxtvofisp ëiç nariça xal vlop xal âyiop npevfia.
Le premier papié finit ainsi : xa! avxog 6 iioç ofiovaioç T^ naxQÏ xcù rql nveifiari. Aprez Cela, il y a une autre feuille qui a pour titre: Continaatio «x xov avvxâyfiaxoç «Qoç fiopuÇorcaç^ ce qui pourtant n'est pas son véritable titre, car ce traité est tout entier dans vos autres mémoires. II commence ainsi : ovrmç natà rr/p » narçeQPixijp
^Ir^p, oQXBuàp dXtj^ip^p (ce qui fait une suite assez naturelle avec la feuille dont je viens de parler), et il
finit: rijp xwf q>vaeœp IdtoXoylap^ nai h rovroiç di dianij-
çtfxrop. Cecy ne semble pas encore la fin de la pièce. Il y a une troisième feuille qui commence ainsi: Continaatio traciatas inscripti MaanuXia ngog tovç fAOvaxovg;
mais ce ne peut être du traité intitulé didaaxaXia ngoç noraxovç, car je l'ay tout entier dans vos autres mémoires. Cette feuille commence ainsi: avpdçafteîp xaï rov nçoaoinov
to fiip dôtxàp (vel (lOpadiHOp) fAtjdafimç àfieXeip^ mais cela
semble une suite des deux feuilles précédentes. Je vous prie de chifFer [sic] à l'avenir vos mémoires; il y en a plusieurs autres que je n'ay peu rajuster qu'en devinant. Jay donné le paquet pour Rome à M. Anisson; il partira dans peu de jours. J'ay oublié d'y mettre les deux livres de la vérité de l'histoire de Judith, que j'avois promis au Révérend Père Procureur Général, et le petit libelle contre les cordeliers. Je les mettray dans d'autres ballots avec les autres pièces qui pourront
tomber entre les mains. Vous me ferez plaisir de voir chez les libraires de Rome, si TAlcoran Arabe, qui s'imprimoit aux dépens de S. É. M. le Cardinal Barbarigo est arrêté sur le milieu de l'impression, ou si on continue de l'imprimer. S'il étoit arrêté, sans espérance qu'il soit continué, je vous prie de tâcher d'en avoir ce qui est déjà imprimé et me l'envoyer, dans les ballots de M«^ de Rheims ou par quelque autre commodité.
Je crois que si on étoit à recommencer sur le bruit qu'on a fait à votre égard, on ne disoit rien. Je dis à votre égard, car personne ne m'en a dit mot, et je ne sçay que ce [que] m'en ont dit ce qui ont appris ce qui s'étoit passé. Si vous avés des nouvelles de littérature, ne craignez point d'en mettre au bas de vos mémoires; je vous assure qu'il n'en arrivera rien.
Le Testament Spirituel de M. Arnaud a été imprimé; je vous l'envoiray par le premier ballot. Il est trop gros pour la poste.
Il paroit un livre imprimé en Hollande qui a pour titre »le Secret des cours*. Il faut qu'il y parle avec grand modération de la cour de France, car on permet le débit à Paris.
Le poëme de feu M. de Sacy sur le S* Sacrement de l'Autel est imprimé in 4^ Mais Deprez, libraire, ne le veut point débiter que l'édition qu'il en fait faire in ! 2° ne soit achevée. Mr. Racine de l'Académie Françoise a reveu les vers. Il y a au commencement une très belle préface de M. du Fossé.
On imprime à Rouen un livre du P. Malebranche de l'Oratoire, intitulé les Conversations Chrétiennes, dans les quelles on justifie la vérité de la Religion et de la Morale de Jésus-Christ. C'est le P. Lamy qui a eu soin de cette édition, faite avec approbation et privilège.
Les pères de S*« Génévieuve se sont accomodez avec M. Gerbais. Ils ont promis réciproquement de ne plus écrire sur la question du pécule des Religieux. Ce qui n'empêchera pas que ces Pères ne donnent un nouvel ouvrage touchant le peculium des Religieux. On dit même que cet ouvrage est achevé, mais que Mr. le chancellier ne veut point donner de privilège pour l'impression, et qu'ainsi ils pourront bien le faire imprimer hors de France. Ce Mr. Gerbais a vendu sa bibliothèque environ quatre ou cinq mille yS. On dit qu'il veut se retirer ou à la Trappe ou à Grosbois, où il a un bénéfice.
On vend à Paris un petit livre imprimé à Rouen, intitulé Nouum Testamentum notis illustratum. Les notes sont estimées. Le livre est sans nom, mais on sçait que c'est Mr. Huré qui, n'étant que simple clerc, porte le surplis à la parroisse de S^ Jaques du Hautpas à Paris. Il est fort habile. Cet autheur qui est d'une grande piété, a fait une espèce de Dictionnaire sur la bible pour l'intelligence des mots et des lieux difficiles.
Mr. de Martignac, jadis précepteur du Marquis de Chanvallon, neveu de feu Mr. l'Archevêque, travaille à une traduction françoise de tout l'Ancien et nouveau Testament. On craint que ce dessein ne soit au dessus de ses forces.
Mr. Le Clerc, déjà soupçonné de Socinianisme, se déclare assez ouvertement pour ce party dans son dernier ouvrage sur la Genèse, à ce que en a dit une personne habile.
Je vous ay parlé d'un grand projet de M. Ferrand. Je vous l'envoyé comme il l'a fait inprimer. Je vous envoiray l'adresse du paquet que j'ay mis dans les balles de Mr. Anisson; il ne peut me dire encore qui
c'est; il me le dira dans peu. Je recommence à amasser des feuilles volantes et autres petits ouvrages, pour envoyer au Rd. Père procureur Général, et luy rendre selon mon petit pouvoir la pareille pour le soin qu'il a de nous amasser des médailles et des camaïeux. Je souhaite sur toutes choses qu'il ne touche pas au vernis. — Encore un coup, macie animo! Vous vous étonnez de peu de chose. On fait un grand plaisir à certaines gens de témoigner qu'on les craint et qu'on se met en peine de leurs mouvemens et de leurs jalousies. — Souvenez vous, s'il vous plaît, du catalogue des livres imprimez à Naples que vous m'avez promis. Je n'eux pas le tems de vous écrire au dernier ordinaire.
Al Revmo e Dottissmo Pre Sig« mio Sig" e Pron Col. il Pre D. Gio: Mabillon, Benedettino délia Congregazzione di San Mauro,
Parigi.
Rev-mo: ç Dottissimo Padre Sig""*, mio Sig*"*, e Pron Col:'"^-
Non potrei esprimere a V. P. Rev"*- il giubbilo che mi ha apportato la sua umanissima lettera de' 10 del passato mese, poichè stavo con qualche sospetto délia sua sanità, perché non mi vedevo né comparire risposta alcuna aile mie, né avviso che avesse riceuuto il Libro del Sig: Cardinal de Noris. Sia p[er] tanto lodato il Sig:*^- Dio, che la sua lettera ha da me dilegvato ogni timoré.
Circa al Padre Bacchini, è esso informatissimo che
quel libro da esso tradotto in Lingva Latina si stampa
in Oianda, p[er]chè ne ha auuti lunghi discorsi col Sig:
Enrico Copes, dotto senatore di Bolduc, che si è trat-
tenuto alcuni mesi in Italia. Credo che la traduzzione
Latina che si stampa in Olanda sia di altri; ma mi
pare che il detto Sig: Senator Copes bramasse che il
Padre Bacchini mandasse in Olanda le Annotazioni ed
altre sue fatiche sopra del detto libro, p[er]chè fossero
stampate con esso. Non so quello che sia succeduto,
PiCrjchè quando il Padre Bacchini, neir andare a Monte
Câssino, si trattenne alcuni giorni in Firenze, mi scordai
di domandarglielo.
Si trova il suddetto Padre Bacchini in Monte Câssino, chiamatovi da que' Padri, che gli anno anche pagato tutto il viaggio, acciô che vegga accuratamente il loro Archivio e la loro Biblioteca.
Subito che vi fu arrivato, con una sua Lettera mi scrisse, fra le altre, le segventi parole, che trascriverô a V. P. Rev:™*= per Tappunto.
»Qui si pensa alla stampa di una Continovazzione Latina délia Cronica di Leone Ostiense, che arriva fino a' nostri tempi. lo persuado la ristampa anche seco délia suddetta Cronica, con le Note del P. A. délia Noce, che presentemente non si trova più, essendo assai rara.
Non ho ancora cominciato a rivolgere i manoscritti di questa insigne Biblioteca: ho ben veduto il Mare Magnum di questo Archivio, che richiede un gran tempo per vederne tutte le rarità. Vi è un copiosissimo Registre fatto da Pietro Diacono, che sarebbe beniss'"^ lo stamparlo, ma questi Padri non vogliono lasciarsi persuadere. Mille e mille cose rarissime sono in esso.
contenendo prezziosissimi Documenti, molto più antichi di Carlo Magno,« ec. ec.
Per empiere questo foglio, scriverô a V. P. Rev:*"*qualche novità letteraria di Italia, in confuso perô e corne prima mi verranno alla memoria, come mi necessitano a fare le mie occupazzioni.
Di Roma mi è stato mandato il segvente libro:
Nodas Prœdestinationis ex sacris litteris, doctrinaque SS. Augustini et Thomœ, quantum Homini licet, dissolutus. Auctore Coelestino S. R. E. Presbytero Cardinali Sfondrato. Sententia illa antiquitate, suavitate ac Scripturarum nativa auctoritate nobilissima de Prœdestinatione ad Gloriam post prœvisa opéra, sane mihi gratissima fuit, qui nimirum eam semper ut Dei Misericordiœ ac Gratiœ magis consentaneam, veriorem ac amabiliorem existimavi, quod etiam tantisper in Libella de Amore Dei indicavi S. Franciscus Salesias in Epistol. ad P. Leonardum Lessium data sub die 2j Augusti i6i8, quûe habetur impressa Lovanij in Thesibas TheoL Philippi de Vos, eamque citant Maynam, Tom. 2. Phii Sacr. Cap. 24., et Gonzales, Tom. 2. Disput. Select. Disp. 8. Sect. }. Romœ, typis lo: lacobi Komarek Boëmi i6ç6. In 4.
Mi scrivono, che'l suddetto libro postumo dei Sig: Cardinale Sfondrato sia p[er] essere proibito quanto prima.
IlPadreGio: Damasceno, Francescano Conventuale, nella Prefazzione di esso libro al lettore, fra le altre cose scrive: At (proh dolor) immaturo eripiens mors ictu in uno Sfondrato erepto quanta eripuit bona! Erant inter cœtera dissertissimus de Opinione Probabili Tractatus; Dissertaiiones eruditissimœ duœ contra Hœreticos, de Baptismo Infantum; Apcrtissima de Atheismo parabatur Historia^ Remedijs fœcundissima contra pestilentem librum Heideggeri Tigurini, cui titulum fecerat >Meretrix Apocalyptica<. Dis-
sertatio afferebatur itemque Commentaria in Jus Canonicum, eodem qainquennio quo Salizburgi illud explicuerat, in très digesta tomos elaborata, exponebantun Qaœ omnia unà mm cœteris pralaudaH Auctoris MM. SS. Sanctissimi D. N. Innocentij XII jussu Emi'^'' et cœt Cardinali Albano Apostolicorum Brevium Secretario crédita sunt, et cat.
Mi pare in una délie mie lettere di avère scritto a V. P. Rev:"**- della Dissertazzione stampata in Roma dal P. Guglielmo Bonjour, Agostiniano di Tolosa. Adesso il suddetto Padre mi scrive, che in brève farà stampare nella medesima Città di Roma un altro suo libro, col segvente titolo:
Dynastiœ /Egyptiorum novis Observationibus et calculis illustrata in defensionem Editiones Vagatœ [sic] seu Hebraiae Veritatis Vindicias a Grœcis Codicibus.
Il suddetto P. Bonjour è giovane di solamente 25 anni.
Nella medesima città di Roma, il Padre Tolomei,
della Compagnia di Giesù, ha fatta stampare una sua
Filosofia in foglio, ma perché non mi è ancora arrivata,
non posso qui trascriverne a V. P. Rev:™»- il titolo.
In Milano, il Sig: Lodovico Antonio Muratori farà stampare in brève alcuni Poemetti di San Paolino, non mai esciti in luce.
In Pistoia è stato ristampato il segvente libro: ApoUonij Pergœi Conicorum libri quatuor Serenissimo Principi Jo: Gastoni ab Etruria dicati una cum Lemmatibus Pappi Alexandrini et Commentarijs Eutocij Ascalonitœ : quœ olim prirmis vulgavit Federicus Commandinus Urbinas, e Grœco a se conversa, expurgata mendis, et Commentarijs iliustrata. Nuperrimè autem in lucem prodeunt, ab alijs eûam erratis longé plurimis, quce, ut primum édita sunt, identidem irrepserunt, vindicata. Pistorij ex nova Typographia Stephani Gatti 1696, In fol.
Il suddetto libro è stampato bene assai, per la carta, pel carattere e per ogni altra cosa. Le figure sono anche forse più belle di quella délia medesima. edizzione del Commandino. In oltre è correttissimo, avendo badato alla correzzione di esso il Sig: Niccolè Buti, che con una bella lettera lo dedica al ser:™^- Sig: Principe Gio: Gastone. Nella detta Lettera Dedicatoria, con mio gran rossore ho veduto, che mi nomina con troppa Iode. È il Sig: Buti giovane assai di età, ma dotto non solamente nelle Matematiche, ma anche nella Filosofia, nella Legge ed in altre cose, oltre ail' esser perito nelle Lingve Greca, Latina e Toscana. Voleva far ristampare medesimamente in Pistoia, sua Patria, Archimede ed altri libri, ma perché da Monsig: Fabbroni vien chiamato a Roma, non potrà farlo.
Fra pochi giorni sarà finito di stampare il segvente libro:
Numismata Summoram Pontificum Templi Vaticani Fabricant indicantia, Chronologica ejusdem Fàbricœ narratione ac maltiplici eruditione explicata, atque uberiori Numismatum omnium Poniificiorum Ljicubrationi veluti Prodromas prœmissa a Pâtre Philippo Bonanni Soc. Jes. Ronue 1696, sumptibus Cœsareti et Parimbeni, typis Dominici Antonij Herculis.
Il Sig: Baglivi, Professor Pubblico dell' Anatomia, nella Sapienza délia detta Città di Roma, mi scrive di avermi mandato il segvente suo libro:
Georgij Baglivi Doctoris Medici et in Rom. Archilyc. Anatomes Prof, de Praxi Medica ad priscam Observandi rationem revocanda. Libri duo. Accédant Dissertationes novœ. Roma, typis Dominici Antonij Herculis 16^6. In 8.
Non mi è il detto libro ancora arrivato, ma l'Autore
MAGLIABECCHl A MABILLON 24)
mi scrive, che ha inscrita in esso Tlstoria del maie e deir apertura del Cadavero del Sig: Malpighi.
Nella medesima Città di Roma è escita la duodecima Scanzia del Sig: Cinelli, che io manderô a V. P. Rev :•»*•. Bramerei di sapere, se a VP. Rev"" sia stata ricapitata Tundecima, che già le trasmessi, p[er]chè se non le fosse stata ricapitata, le ne manderei un altro esemplare.
Il Sig: Guglielmini mi awisa, che del suo libro della Natura de' Fiumi ne sono fino ad ora stampati in Bologna venti fogli, e che in tutto sarà circa a trentacinque.
II Sg^Sandri mi ha mandato il segvente suo libro: De Naturali et Prceternaturali Sangyinis Statu Medica Specimina Jacobi de Sandris Philos, et Med. Doctoris In Bononiensi Vniversitate Anatomes et Chirurgiœ Professons. Quitus accedit Dissertatio de Ventriculo, Glandulis et Emeticis. Bononiœ, typis Pétri Maria de Montibus, i6ç6. In 4. Il Sig: Scaramucci, Primo Medico di Vrbino, fa stampare nella detta Città alcune sue Meditazzioni Familiari, che con mia somma confusione dedica a me, sopra la lettera scrittami dal Sig: Tentzelio, di Gota, che facilmente V. P. Rev:'"*= aura veduta, intorno a quelle Ossa di Elefante trovate a Tonna.
Con che, essendo il foglio pieno, finirô di tediare V. P. Rev :>"*•, col supplicarla dell* onore de' suoi stimatissimi comandamenti, e riverirla; come fo eziandio Tottimo e dottissimo Padre Ruinart, alquale mi professo obbligatiss:'"^*, e tutti gli altri Padri di codesto insigne Santuario.
Di V. P. Rev:»"^- Affez'^o Dev'"^ ed Off'"^ ser* vero
ANTONIO MAGLIABECHI.
Firenze li j Gennaio 1696.
Il Sig: Cupero di Daventria ed il Sig: Senator Carpzovio di Lipsia mi scrivono diverse novità letterarie de' paesi Oltramontani. Tra le altre, mi avvisano, che sieno stampate le lettere del Sig: Marquardo Gudio, e che con esse sieno anche impresse alcune mie, il che mi apporta un estremo dolore. lo, come è notissimo quà a tutti, mi riserbo a scrivere e rispondere a tutte le lettere, a due soli mezzi giorni délia Settimana, cioè al doppo desinare del Martedl, ed al doppo desinare del Sabato. Ne' detti soli due mezzi giorni tal volta mi convien rispondere a più di cento lettere. In oltre, neir istesso tempo che io scrivo, bene spesso sono da me diversi amici, che mi domandono di varie, e diversissime cose. Sono per tanto costretto a scrivere, non solo correntissimamente, e senza ne meno poter rileggere ciô che ho scritto, ma in oltre con mille distrazzioni ed interrompimenti. L'importanza maggiore si è, che bene spesso si scrivono confidentemente diverse cose a gli amici, che non è bene che sieno vedute, perché potrebbero esser di danno a molti, e particolarmente a chi le scrive. Altro è, come mi par che in un luogo dica Plinio il giovane, lo scrivere ad un amico, ed altro lo scrivere al Pubblico. Dio sa quel che in quelle lettere io abbia scritto, circa a trenta anni sono, al Sig: Gudio, non potendo ricordarmene ; chè in vero resto maravigliatissimo, come quell' eruditissimo signore abbia conservato tanto tempo quelle mie insulse lettere. Il Sig: Gudio non è di quelli che io abbia conosciuto solamente per lettere, ma lo praticai familiarmente p[er] tutti que' giorni che stette in Firenze, ne' quali fu sempre meco. Mi creda V. P. Rev:'"*= che, oltre a eruditissimo, era anche nella letteratura di purgato giudizzio, e se oltre aile sue Annotazziôni sopra le purissime ed
elegantissime Favolette di Fedro, che sono sotto al torchio, escirà mai in luce la sua gran Collezzione di Inscrizzioni antiche e le sue Note, che lessi quà manoscritte, sopra Valerio Massimo, sopra le Epistole di Plinio, sopra Simmaco, ec, conoscerà il Mondo Letterato il suo gran merito. Certamente che niuna, ma niuna affatto maggior gloria possono apportare alla memoria del Sig: Gudio quattro o sei mie inette lettere che abbiano stampate, nelle quali, come sopra ho detto, Dio sa che cosa in esse io gli abbia scritto; onde non so quai fine si abbiano auuto nello stamparle.
— È morto in Bologna il Sig: Conte Valerio Zani. —
ESTIENNOT A MABILLON.
Au Réuérend père Dom Jean Mabillon, religx. bénédictin en L'abbaye de St. Germain des prés à Paris.
A Rome i6. Juin 1696.
Mon Réuérend et très cher père.
J'ay reçu celle que vous m'avés fait l'honneur et l'amitié de m'escrire du 28 du passé. Ce que uous m'y mandés du prédicateur m'a affligé, mais ne m'a pas surpris; car j'ai tousjours cru que c'estoit vn complot fait entre eux. On m'a auerty à Florence qu'il y estoit passé un de nos moynes qui paroissoit auoir de Tesprit et sçauant; je ne sçays si ce ne seroit pas Voyssière. Je le fais chercher, mais je n'ay pas encore pu le déterrer. Encor, qui uous ont dit qu'il n'estoit
246 ESTIENNOT A MABILLON
pas nécessaire d'auoir le bref de pénitencerie de fr. La Camp, pour le faire passer en datterie ou par la secrétairerie, ne uous ont pas bien informé. Si nous Tauions eu, uous auriés à présen le bref; mais ne rayant pas, on n'a pas uoulu nous le donner et on a renuoyé l'affaire à la Cong[régation] des réguliers. Je verray demain en quel estât elle est. Vne auttre fois, et en cas pareils, enuoyés nous ce que nous demanderons; nous sçauons pour quoy nous uous le demandons. On veut icy auoir les actes en main, sans cela on ne fait rien. Monsieur l'abbé Bossuet me fit hyer l'honneur de me venir uoir; nous tombeasmes dans la conuersation sur monsgr. ré[vêque] de Meaux et nos pères de S^ Lucien de Beauuais. Il me dit que le plus court estoit que nos pères derssassent [sic] des mémoires exacts des réparations, tant de celles qu'il faudroit faire dans le monastère que de celles qui sont à faire mesme dans les domaines de son partage, de les luy présenter en droitture, et le prier de les examiner, sans passer par les mains de son intendant, et qu'il estoit asseuré que monseigneur de Meaux, qui ne veut que la justice, donnera les mains à tout ce qu'on luy proposera d'équitable. Nous parlasmes ensuitte de la ferme; il me dit que ce seroit bien aussy son sentiment, mais que, comme le bail a esté renouuellé depuis peu auec le fermier, il croyoit qu'il n'y auoit rien qui pressât. Je croys qu'il en escrit vn mot à monsgr. ré[véque] de Meaux. Cet abbé est asseuré[men]t bien né et bien éleué, fort sage, fort honneste, et qui s'acquerra icy des amys et de Testime. S. É. d'Aguirre, qui uous salue, comme font aussy tous vos amys, a grand empressement de le veoir. Il trouuera vn bon cœur d'homme dans cet Ém[inence], mais la teste ne
ESTIENNOT A MABILLON 247
ua pas de mesme, il se restablit pourtant peu à peu; et, entre nous, l'inquisiteur g[é]n[é]ral d'Espagne, qui est fort mal, venant à mourir, il ne désespère pas d'auoir cette charge et de s'en retourner en Espagne. Je croys qu'il ne feroit pas bien, mais il a cela en teste. S. É. Sfondrat vous salue aussy; il est a la campagne pour y prendre l'air et restablir sa santé. Il a obligé l'abbé de St. Paul à se sousmettre aux avocats du chapitre g[é]n[ér]al et à obéyr sans dire mot.
La réforme dans cette cong[régation] me ua pas trop bien et fera, à ce que je crains, plus de mal que de bien. Dom Herman uous salue; c'est vn bon cœur d'homme et vn bon confrère. S. É. Norris a fait venir icy vn religieux de Toulouse, appelle Guillaume Bonjour, qui est vn jeune homme de grande espérance. Il a fait imprimer trois dissertations à la propaganda; la I. de nomine Patriarchœ Josephi a Pharaone imposito in deffensionem valgaUe editionis; \a 2, de tempore Isiorum et aetate gemini; \a }, de tempore Serapiorum ac passionis S' Marcj Euangelistœ, Je uous en enuoyeray vn exemplaire auec les conciles d'Esp[agne] et la bib[liotheca] hispanica vêtus, et quelques médailles pour le P. de Montfaucon. J'ay enuoyé la bib. fiisp. vet. et les dissertations du P. Bonjour à monsgr. de Rheims. Je luy enuoye cet ordinaire le regale Sacerdotium S/ondrati, f. edit aucta, et luy enuoyeray le prochain Innocentia vindicata du mesme. Dom Jean est tombé malade à Venise et est entre les mains d'un charlatan que je crains fort qu'il ne l'accable de drogues et de remèdes. Ce pauure père, entre nous, s'est gasté pour en auoir trop pris; tout le monde le luy a dit, mais il auoit cette foiblesse qu'il croyoit ne se bien porter qu'en prenant des remèdes. Cela me faisoit peine, mais pro bono pacis il
248 ESTIENNOT A MABILLON
ne falloit dire mot. II est excusable qu'un pauure malade s'accroche à tout ce qu'il croyt luy pouuoir donner du soulagement. Tout à vous ex corde.
Je vous recommande la lettre de Mlle de Fontlevraud (.?)
MONTFAUCON A ESTIENNOT.
Au Révérend Père Dom Claude Estiennot, Procureur Général de la Congrégation àt St. Maur à Rome.
A Paris ce 22. octhobre 1696.
Je crois, Mon R. P., que le P. Dépositaire, notre ami commun, vous aura apris que mon voyage de Noyon et Compiègne m*a empesché de vous écrire les deux ou trois derniers ordinaires; je reprends à présent nos litératures que je n'interrompray point à Tavenir. Souffrez pourtant que je me plaigne un peu de votre trop long silence. Je sçay bien que la ville de Rome ne peut pas vous fournir pour tous les ordinaires; mais deux on trois mois sans rien voir de votre part, c'est trop. Je ne sçay encore aucunes nouuelles des médailles. Je crains que M. Croupier ne les ait pas encore fait partir.
Les comédiens de Paris se voyant priuez de la réception des sacremens par ordre verbal de M. l'Archevêque à tous les Curez et supérieurs de Communautez ecclésiastiques, on dit qu'ils ont porté leurs plaintes au pape qui les a renuoyez à leur prélat.
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M. Dugonô qui étoit rhomme de lettres de feu M. de Novion, premier président du parlement de Paris, fait imprimer un livre intitulé: Projet de litérature en tout genre. C'est M. Bonet Bourdelot, son amy, qui la obligé de donner cet ouvrage au publie. Il y en a plusieurs volumes, qu'il donnera au public si le premier y est bien receu.
Les libraires de Paris se remuent à l'envy pour traiter des manuscrits de feu M. Nicole. Il y a un traité de la Grâce sur un systhème nouveau, une théologie morale, deux vol. des essais de Morale, &c.
On parle aussi de faire imprimer les cas de conscience de feu M. Lamet, Docteur de Sorbonne, qui étoit fort consulté; les libraires en offrent de largeur.
M. Josse, Marchand Libraire, qui nous vient de donner une explication littérale et morale sur TÉpitre de S. Paul aux Romains en forme de prières, de feu M. Le Tourneux, doit nous donner tout le N. Testament selon cette méthode du même autheur, et ensuite ses autres ouvrages, ayant traité avec les héritiers de tous les mss qu'on a trouvez après sa mort. Les Carmes ont fait imprimer depuis peu à Sarragosse un écrit espagnol composé par un de leurs Pères, intitulé: Voz de la verdad, pour prouver que leur institution vient du prophète Élie.
Extrait d'une lettre:
J'ay veu tout ce qui est imprimé de l'Apologie du P. Papebroc, jésuite, qu'il envoyé par cahiers à une personne de ma connoissance, qui me le preste. Il paroit que ce sçavant jésuite ménage ses forces et ne pousse pas ses adversaires aussi fortement qu'il le pourroit faire. Il foudroya, à la vérité, les carmes qui ne sont pas capables de tenir devant luy. Mais je suis persuadé
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que s'il n'étoit pas retenu par divers égards, il les pousseroit encore bien d une autre manière et rendroit un très grand service à TÉglise. H y a bien de l'apparence que ses supérieurs craignent de se faire des affaires avec Rome et avec les Moines, et moy je crains que la vérité n'en souffre. Ce père écrit avec plus de jugement et de solidité que de politesse.
M. l'Abbé Renaudot a acheté les manuscrits orientaux de feu M. d'Herbelot; il y en a plus de i8o, qu'il a achetez 1400 livres.
Le Commerce de la Bibliothèque du Roy avec M. Leers, Marchand Libraire à Roterdam, est enfin conclu. Il doit envoyer dans peu un grand nombre de livres en échange des estampes qui sont dans cette Bibliothèque.
Tout à vous. B. de M.
MONTFAUCON A G. GRODDECK*).
Clarissimo et amicissimo viro Gabriel! Grodecio, in Academia Lipsiana Ebraïce professori, Fr. Bernardus de Montfaucon S. p d.
Mirabere forsan, vir eruditissime, qua causa fuerit quod non semel abs te Gallice provocatus Latine jam, nec rogatus, litteras dare aggrediar. Verum in mentem subiit, tibi cum eruditis Gallice forse nescientibus versanti, oneri fore interpretem agere, sicubi rem litterariam nostram retigerim. Diu erat quod epistolam dare de-
*) D'après le brouillon de Montfaucon, qui a dessiné une maison, un arbre, etc., sur le papier.
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stinaveram, at festinantibus praelis in angustum ita deductus sum, ut iis etiam qua maxime cordi erant supersedere necesse fuerit. Vix quindecim dierum superest labor, nam ad Indicem usque rerum devenimus, qui sub praelo jam sudat. Et quaeso te ne gravêre schedas illas in Athanasium adornatas, quas amice nobis postremis litteris tuis pollicebare, primum transmittere nobis, et quidem tabellarii publici seu veredarii onere, nisi tantae molis sint ut librae unius pondus excédant. Litteras nuper accepi CI. V. Antonii Muratorii, quibus spécimen dabat Explanationis Athanasianae in Canticum Deuteronomii. Opus totum decim undecimve lineis absoluitur, ut nihil ultra desideremus. Pauculas adjecit lineas Commentarii in Psalmos, rogatus scilicet a me, ut perspicerem an cum nostro quadraret. At ex iis quae missa sunt videtur commentarius ille et dissimilis et inferior nostro. Conspectum paro Athanasianae nostrae editionis, prod.romi instar transmittendum ubique, curaboque mitti tibi, vir amicissime, quum primum lucem adspexerit. Haud ingratum fore existimo, si, quid operis secundum hanc Athanasianam editionem animo destinaverim, tibi recenseam. Sunt pênes me quaedam anecdota in versionem Septuaginta et in Hexapla Origeniana, Gregorii Nysseni, quorumdàm Patrum, quorum consulto nec sine causa nomina taceo. Est item magnum fragmentum, triginta saltem foliorum in manuscripto omnium quos umquam videre licuerit antiquissimo, aliquot capita libronim Numeri [sic] et Levitici secundum Graecam septuaginta interpretum versionem complectente, cum obelis, asteriscis et additionibus Origenianis. Haec primum publica facere meditor, ac exinde lectiones veterum interpretum Aquilae, Symmachi, Theodotionis, et aliorum triplo auctiores quam a Drusio observata sint, primo
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autem tomo, doctissimos quosque per orbem litterarium rogabo, ut si quas habeant catenas investigare ne graventur ac nobis quse nondum observata fuerint transmittere; qua in re, vir amicissime, tuam tuorumque operam obnixe implorabo. Est aliud opus cui subcesivis horis operam navo, Bibliotheca scilicet Acrosticha, ubi quotquot hactenus publiai juris facta sunt opéra Graeca, tum prophanorum tum ecclesiasticorum, ab una alterave exordii linea, ordine alphabetico congerentur ut nullo negotio cuique codices manuscriptos versanti internoscere liceat quid editum quid ineditum sit; multa his adjiciam ad perfectionem operis quae tibi, cum plus otii erit, recensebo.
Sub prselo sudat Hieronymi tomus secundus^ multa ejus opuscula complectens, cujus curam habet D. Joannes Martianaeus noster.
Est alius sodalis noster qui editionem novam Gregorii Turonensis parât, nomine Theodericus Ruinardus. Paulum defervescit illa Cameracensem inter et Meldensem antistitetem haud segniter agitata qusstio de orandi vita, Res ad Romanum, ut non ignoras, pontificem perlata fuit. Sunt qui arbitrentur nullam ea de re sententiam Romae ferendam esse.
Oborta quaestio est inter P. Chamillardum et Gallandum nostrates de quatuor numismatibus perraris in Cimeliarchio Domini Foucaut exstantibus, Marinianae scilicet, uxoris Valeriani Imp., cum hac in postica parte inscriptione: Félicitât décorum. Quaeritur porro de diisne haec intelligi debeant an de Imperatoribus Valeriano et Gallieno. Non infrequens enim Augustos in numismatibus nuncupari deos.
Alterum Postumi, ubi quaeritur quod discrimen inter Posthumum patrem ejusque Filium item Posthumum
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observetur. Tertium Mamaeae, cui nomen in isto numismate allas inobservatum Mamias. Quartum Pacatiani, cujus infrequens memoria, ita rarissima numismata. Haec de re litteraria. Tu, vir doctissime et carissime, cura ut valeas et nostri memineris.
Dabam Lutetiae Anno 1697, 25. Decembris.
BESSON A RUINART.
Au Révérend Père
Le Révérend Père Dom Thierri Ruinard
à S* Germain des Prez.
Voulez vous bien, Mon Révérend Père, que j'aie recours à la bonté que vous me témoignâtes à S* Germain avoir toujours pour moi? En répondant à quelques ministres réfugiez à Londres, je me suis, sans y penser, atiré les reproches de quelques Catholiques, au sujet de la question, si dans les Églises d'orient on a jamais gardé un tems considérable le sang du Seigneur. Je prétens avec mon'' de Meaux, que cela ne se peut, surtout dans les païs chaux, où en moins de 8 jours les espèces du vin s'aigriroient et ne seroient plus potables.
On m'a cité l'endroit de la première lettre de S^ Chrisostome au Pape Innocent, où en parlant du désordre que les soldats causèrent le samedi de pâque au soir, il dit qu'ils entrèrent dans le lieu où le sang de J. C. étoit réservé. La réserve de ce sang du Seigneur fait toute la dificulté. Je ne sçai si on n'auroit point le soir dit une messe et fait cette consécration du sang.
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qu'on auroit réservé pour ceux qui aloient recevoir le batéme, après lequel on auroit dit une seconde messe après la célébration du batéme, mais il me paroit par ces termes de S^ Chrisostome, •nçog écmçar, que les soldats entrèrent dans l'Église avant le lucernarium, et par conséquent avant qu'on eût commencé la célébration des ss. mistères. Peutêtre avoit on réservé de la coupe du jeudi ou du vendredi s< pour le batéme du samedi saint. Comme on me cite sur cela l'autorité de Dom Mabillon, c^u'on m'assure être dans le sentiment, qu'il y a eu des Eglises où on conservoit le sang du seigneur; n'osant moimême lui proposer ma dificulté, je vous suplie t[rès] h[umblement], mon Révérend Père, en lu ofrant mes respecs, de lui demander pour moi, s'il est vrai qu'il soit du sentiment qu'on lui atribue et que je ne sache point avoir trouvé dans tout ce que j'ai lui de son muséum Italicum et la missa gallicana, s'il croit que cet endroit de la lettre ci dessus soit une preuve sufisante de ce sentiment, s'il y a eu deux messes le samedi saint, une avant et l'autre après avoir donné le batéme qu'on donnoit, ce semble, bien avant dans la nuit, comme le 18. chap. du livre 5. des constitutions paroît l'insinuer. Vous me ferés la charité de vouloir bien me faire sçavoir la réponse de Dom Mabillon et de dire à la personne qui vous portera [cette] lettre^ quand il vous plaira qu'il vienne quérir ce que vous aurés la bonté de me faire sçavoir. Je prie mad"* Amelot, chès qui je loge à Paris au Val de Grâce, de vous envoier pour cela un de ses laquais.
On m'a envoie votre Grégoire de Tours, dont je suis très content. C'est un ouvrage très utile, et je pense même qu'il sera bon d'en faire part en quelques
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maisons où on n'a pas assés soin davoir les bons livres.
Je suis, (etc.)
BESSON, curé de Magni.
J'aprens avec joie, qu'on a répondu à Rome au
prétendu abé allemand.
A Magni, ce 6. Juillet 97.
Mon Révérend Père:
Il me ne devoit pas tant de remerciment, pour le peu de peine qve vous a agréé de me doner, aiant feuilleté quelques Bibliothèques d'Italie. Je l'ai fait avec plaisir, et il me fâche, qve je n'ai pas pu contribuer davantage et qve mon dessein de la Biblioth. Ambroise est si mal réussi. Je vous assure, mon Révérend Père, qve du tems qve j'étois à Milan, le sieur Muratori m'a promis de vous envoyer tout, à moins qve vous ou le R. P. Mabillon luy en écrivisse [sic] une seule parole. Le dit Sieur Muratori a publié nouvellement le premier Tome de ses Analectes de la Bibliothèqve Ambrosienne, dedans leqvel les principaux pièces sont qvelqves fragmens de Nilus, Abbé Constantinopol[itain]. Je ne doubte pas, qve mons. de Piques vous a fait part de deux autres manuscrits de St. Athanase qve j'ay trouvé à Bologne. Si je sçavois, qve votre édition n'estoit pas encor achevée, je voudrois bien vous envoyer un petit mémoîr, qvi contient plusieurs remarqves des oevres de
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St. Athanase et de tous écrivains qve[sic] ont touché en qvelqve endroit le St. Athanase, ceqve vous pourroit peut être servir qvand vous ferez la préface; vous n'avez qve m'en avertir, la première occasion qve vous pouvez. Je l'aurois envoyé à présent, mais il est un peu trop long.
Je vous remercie très humblement du soin qve vous avez bien voulu vous donner de me faire part de qvelqves particularitez qui se passent dans la litérature. Je suis fâché de n'avoir rien pour vous mander en récompense, qvi puisse satisfaire votre curiosité. On a imprimé icy dernièrement la Bible de Castalio, où on a adjouté un long discours sur le 9' chapitre aux Romains. C'est le duc de Volfenbuttel qvi de ses propres dépenses fait imprimer les Actes du concile de Constance, en trois volumes in folio, dont le Sieur van der Hardt, professeur de Helmstatt, a soin. Ils svivront en peu de tems les actes de concile de Basle. A Strasbourg, on fait un nouvelle édition des oevres de Qvintilien in 4°, qve [sic] contiendra tout ce qvi est dans l'édition d'Angleterre. On m'a écrit d'Angleterre, qv'on y prépare une autre édition de Julien Apostate, laqvelle doit être plus belle qve celle de Leipsic. L'ouvrage de mr. Morell ne se finira pas sitost; on a comencé de tirer qvelqves médailles en taille douce, mais il semble qve ni luy presse mr. Fritsh, ni celuycy mr. Morell. Il a été icy la dernière foire, et il reviendra en peu de tems. Le reste il se ferme toujours chez le Comte d'Arnstatt.
J'apprens avec bien de joy de l'illustre Abbé de L., qve vous vous attachez beaucoup à la langve Arabe. J'ai qvitté pour un peu de tems ces études et me suis occupé à la langve Grecqve, dont j'espère de sçavoir
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en qvelqve tems autant qv'il me sera nécessaire. On a donné en Hollande un petit ouvrage Arabe latin, qvi est un Évangile apocryphe de Infantia Servatoris, avec qvelqve remarqves de mr. Sike, qvi a fait aussi la traduction. L'Arabe en est si facile, qv'un qvi auroit étudié pendant six mois l'Arabe, auroit pu faire la traduction. Nous attendons qvelqves livres nouveaux la foire prochaine.
Je vous prie de saluer de ma part le R. P. dom Mabillon et mr. l'Abbé de Longverué. S'il y a qvelqve chose pour votre service dans ce païscy, vous donnerez
ordre à qvi est, (etc.)
GABRIEL GRODDEK.
A Leipsig ce 5* Septembr. 1697.
On m'écrit d'Angleterre, qv'un certain Thom. Creech, Theol. Baccal., fait imprimer in folio ensemble: Justini Martyris opéra, Athenagorœ legatio pro Christianis et de resurrect mort., Theophili Antiocheni ad Antilycufm] libri très, Tatiani Assyriï oratio ad Grcecos, Hermiœ Philosophi gentiliafmj Philosophorufm] irrisio, cu[m] emendationibus, correctionibas , Silburgii, Perionii, Stephani, Bruseri, Billii, Casauboni, Salmasii aliommq. observait. On y imprime aussi Xenophontis opéra omnia Gr. lat. cu[m] variis lectionibus, en 6 volumes in 8°.
Clarissimo ac eruditissimo Viro P. Bernardo de Montfaucon Lud" Ant»« Muratorius S. P. D.