FRÈRE MICHEL BAULDRY
A Mailleray ce 2. Januier 1652.
Mess" de S' Michel en L'Herm ont obtenu mille escus pour mettre leur arrest à exécution. Si nous pouvions en auoir autant pour nostre affaire, nous serions bien, car cela est fort iuste.
Je vous prie bailler l'incluse à m^ Boisseau; je ne sçay sa demeure. 11 a encore vn liure à moy appelle Janua musarum, que ie vous prie de retirer.
Au Réuérend Père
Dom Luc D'Achery,
Religieux Bénédictin à S. Germain des prez.
A Paris.
A Éureux ce 28 aoust.
Mon Réuérend Père.
Jay si peu d'Inclination au trauail que Vous me voullés faire entreprendre, que J'oublie fort facilement
à satisfaire à ce que Vous me demandez touchant cela, et Je n'y pense qu'aprez toutte autre choze. J'ay pourtant fait aujourd'huy violence à ma paresse, pour transcrire vne des préfaces, qui est la dernière. le ne sçay si mons' de Vallois le reconnoistra si aisément qu II dît, car 11 faut prendre garde que le style d'vn Commentateur est autre que celuy d'vn historien; que si Vous le reconnoissez en effet si habille homme en cette partie de la Critique, le Vous prie de luy demander et de me mander, quel est son sentiment touchant le^ dix derniers chapitres du huitième liure de l'histoire d'Eusèbe, c'est à dire ceux qui sont au dessus du iS"**.
Les nouuelles preuues que l'ay trouuées depuis mon retour de Paris, que cet ouurage est d'Eusèbe, sont vingt ou trente passages que l'ay leus dans Antonius Agellius en son commentaire sur les psaumes, imprimé à Rome en 1606, qu'il dit auoir tirez d'vn manuscript d'Eusèbe sur les psaumes, gardé en la bibliothèque du Vatican, qui se trouuent mot à mot dans nostre M*. le sçay bien qu'on pourroit dire, que ce ne sont pas là des preuues au dessus de toutte exception, car peut estre que le nom d'Eusèbe que porte ce m* du Vatican, aussi bien que le nostre, est faux* et supposé, mais néantmoins c'est vne forte conjecture qui demendroit vne demonstra[ti]on , si l'on pouuoit recouurer quelque exemplaire de l'ancienne traduction du vray commentaire d'Eusèbe sur les pseaumes, faicte dez l'an jjo ou environ, par Eusèbe de Verseilles; mais Je croy qu'il est assez malaisé de la trouuer. On pourroit encor tirer quelque lumière de certains passages d'Eusèbe sur les pseaumes, rapportez dans la bible de Nobilius, mais Je ne peus la recouurer en ce pays.
Je VOUS enuoye aussi la traduction que J'ay faite de la préface grecque d'Eusèbe, et Je vous prie de ne la point faire encor veoir si tost à mons"" de Valloys, mais de le prier de Vous en donner vne de sa main et de la confronter auec la mienne, afin de remarquer mes fautes et me les faire sçauoir. Certainement cet autheur a vne phrase vn peu particulière, et qui ne sçauroit que du grec de Collège auroit de la peyne à en venir à bout. Je ne pense pas m'estre éloigné beaucoup de son sens, quoyque Je ne me soys pas attaché rigoureusement à ces [sic] parolles, mais pourtant J auray bien pu jne trpmper en quelque chose, et J'ay trop de désir d'apprendre en cela et en toutt'autre chose pour auoir cette sotte vanité de ne voulloir estre corrigé de personne. l'attendray donc cette grâce par vostre moyen et vous importuneroy encor d'vne autre, qui est de faire tenir cette lettre en main propre à mons"^ le Duc D'Albret en son appartement au Collège de Clermont. D. Ange, nostre Bibliothécaire, Vous salue très affectueusement et Vous enuoye vn mémoire de nos Hures prohibez à vendre, dont Je vous parlay à Paris, pour le faire veoir à quelque libraire et trouuer le*moyen de nous en desfaire pour en auoir qui nous sont nécessaires. Je me recommende à Vos ss. Sacrifices et suis du meilleur du Coeur, aussi*) bien que F. Germ. Ferrand qui aussi Vous salue très humbl[emen]t, (etc.)