L'ABBÉ DE MONTMARTIN A MONTFAUCON
Mon très Révérend père:
Je vous rends très humbles grâces, tant de la lettre que uous m'aués fait Thonneur de m'écrire, que de celle que uous aués écrite à Monseigneur à mon
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suiet, et que sa Grandeur m'a fait la grâce de menuoier. Je ne manquerai de me servir de termes plus doux; si je me suis oublié, il me sera toujours glorieux de me retracter sur l'avis d'une personne de uotre mérite; ce que j'auois résolu de faire il y a long tems, sur celuy de monseigneur, qui s'accorde parfaitement auec le uôtre.
Quand uous me demandés si je crois, que c'est un article de foy de croire que St. Joseph n'ait point eu d'enfans, je m'apperçois que je ne me suis pas bien fait entendre dans mon projet, car si Mr. Le Valois n'auoit dit que cela, j'auoue que j'aurois eu grand tort de le traitter d'ennemi de la foy, mais il fait entendre par sa uersion que J. Ch. étoit fils de St. Joseph» de la manière que quelques uns l'ont cru de St. Jacques, c'est à dire fils naturel, et il explique en ce sens le uerbe tivofiaaxo dont se sert Eusèbe, et kpofiiÇero, dont se sert l'éuangeliste, ce que uous pourrés uoir dans son obseruation sur ce sujet. Pour les 70 Interprètes, il me semble qu'on deuroit croire qu'ils ont été inspirés, parceque ça été la créance de tous les anciens pères de l'église, si on en excepte St. Jérôme, et uous sçaués mieux que moy les raisons pour les quelles on ne le doit pas écouter seul en cette partie, et si l'exemplaire de cette uersion étoit uenu jusqu'à nous dans sa pureté ou même tel qu'il étoit dans les exaples d'Origène, je crois qu'il mériteroit d'être préféré à la uersion de St. Jérôme et que l'église le jugeroit ainsi. Pour la chrismation, qui ne la croiroit essentielle à la confirmation, puis qu'il a été ainsi arrêté dans le concile de Florence et que celuy de Trente s'explique à peu près en ce même sens, qui est canonizé par la pratique de l'Église uniuerselle; du moins il ne failloit pas pas [sic]