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Si la question n'est pas réglée avant les prochaines élections, il pourrait arriver que les libéraux s'en serviraient comme d'une
conservateurs.
arme redoutable contre les [ls ne manqueront pas de dire, s'ils sont un peu habiles, que sont les conservateurs qui ont fait passer cette loi de l'influe malgré les interprétations funestes qu'elle a reçues, et les réc ques contre les jugements qui l'ont étendue des droits de l'Eglise, ces mêmes
ce nce indue, et que amations des Evéau domaine religieux, en violation conservateurs l'ont constamment maintenue.
et ont ainsi refusé à l'Eglise la protection
à laquelle elle à certainement droit.
Je pense bien que vous rencontrerez devant vous toute l'influe te de la franc-maçonnerie, qui est déjà énorme dans notre
qu'on ne le croit, et qu'il pourrait se former une alliance testant et les libéraux radicaux !
nce occulpays, beaucoup plus avec le fanatisme pro-
Je ne doute pas cependant que vous ne triomphiez de
cette opposition qui peut-être aussi ne surgira pas.
Quand les principes auront été exposés bien clairement, les honnêtes protestants comprendront qu'ils
y sont intéressés coinine les catholiques ; et il sera difficile pour
les catholiques libéraux de s'opposer ainsi carrément à la liberté de l'Eglise demandée par les EÉvèques et la grande majorité de leurs coreligionnaires.
Enfin je prie le Seigneur de vous donner son Esprit de lumière et de force pour mener cette affaire à bonne fin, et de vous accorder selon votre demande les gréves d'état, à vous et à vos Honorables collègues, et surtout la grâce d'y être bien fidèle.
Veuillez agréez l'assurance de ma plus haute considé ration, Monsieur le Ministre, et me croire, Votre tout dévoué Nerviteur.
t L K. Ev. pes Trois-Rivières.
LETTRE DE MGR L. K. LAFLECHE, EV. DES TROIS-RIVIERES
SÉMINAIRE DES TROIS-RIVIÈRES, | 9 Avril 1881.
Israël Tarte, Ecr, Réd-en-chef du Canadien.
Mon cher Monsieur,
Le moyen incontestable d'assurer le changement de la loi de l'iufluence indue, est sans aucun doute celui que vous indiquez, l’action énergique de l'Episcopat sur le Ministère. Mais ce moyen n'étant point à"espérer, faut-il renoncer à tout autre ? Je ne le pense pas, et vous non plus, j'espère. Si l’on ne peut décider les ministres à s'en charger et à en faire une question ministérielle, il faut donc en saisir la chambre comme question libre. Dans ce as, le député que les circonstances semblent le mieux avoir préparé pour cela c’est M. Matthieu de Sorel. La part active qu'il a prise dans la contestation de Berthier, l’a mis
tout-à-fait au courant des principes qui se rattachent à cette grave question, et il a pu constater par lui-même les désordres scandaleux et les funestes conséquences qu'entraine à sa suite cette invocation inconstitutionnelle du domaine religieux par l'autorité civile. J'ai été heureux d'apprendre tout dernièrement qu'il s'en chargera volontiers, et je ne doute pas que vous lui donnerez avec vos amis tout l'appui possible,
Je suis d'avis que dans le cas même où il n'y aurait pas de chance de succès, il faudrait néanmoins la présenter, et provoquer un vote sur cette mesure, afin que l’on connaisse les hommes sur lesquels on peut compter pour la protection de nos droits religieux. Ni cette loi atteignait en fait les protestants et les francs-maçons, comme elle atteint les catholiques, vous savez quel tapage et quelle ardeur ils apporteraient pour la faire disparaitre.
Faudra-t-il en venir à croire que les catholiques ont moins de courage et de zèle pour la défense de leurs droits les plus sacrés, qui sont ceux de Dieu et de son Eglise, que les protestants n'en ont pour la protection de leurs erreurs, et les franc-maçons pour la défense et l'extension de leurs loges athées et anti-sociales ? Non, il n'en sera pas ainsi, j'ai encore une meilleure opinion de la foi et de l'honneur de mes compatriotes, chargés de la protection et de la défense de nos droits religieux et nationaux, et je ne pourrai l'admettre que sur une déclaration officielle de leur part, par un vote sur cette mesure.
Il y a des misères dans le ministère, et des divisions dans le parti conservateur, et ce que vous m'en dites ne me surprend pas.
Gardez-vous cependant de vous laisser aller au découragement pour cela. La violence de la tempête n’est pas le moment où il faut abandonner le vaisseau, c’est au contraire le plus fort motif de tenir bon à son poste.
Je comprends les désagréments et les déboires auxquels vous êtes en butte de temps à autre, je comprends également que la mature en souffre : mais, encore une fois, tenez bon, et défiez-vous du découragement, qui ne vient point de Dieu, mais d'ailleurs ; soutenez jusqu'au bout le bon combat.
Vous aimez la vérité, vous la proclamez, vous la défendez courageusement ! Eh! bien, rappelez-vous que sa force est irrésistible, et que tôt ou tard elle doit l'emporter. Magna vis veritatis et prœvalcbit.
Ce qu'il y a de plus pénible dans le noble combat à soutenir pour sa défense, c’est quand ceux qui l'aiment également, ne s'entendent point sur les moyens à prendre pour en assurer le triomphe. Vous voyez que ces divergences d'opinion sur les moyens se rencontrent partout. En ces circonstances critiques, il faut d’abord s'armer d'un courage inébranlable, d'une patience inaitérable, d’une charité inépuisable, et joindre la simplicité de la colombe à la prudence du serpent, puis prier Dieu de nous donner son esprit de lumière et de force, et consulter ceux que l’on croit être les plus propres à nous bien diriger selon les voies du Seigneur ; puis attendre en paix l'issue de la lutte, en tombant en homme de cœur et honorablement à son poste, quand il le voudra.
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