C" C. DE M
kand et de Khiva ; ils s*y rencontrent avec Thomme de THedjaz , presque nègre , le fanatique de Djeddah , au turban vert, qui jette des regards sombres sur les infidèles ; avec le voyageur des hauls plateaux de Tlnde, coififé de cachemire , venu à travers TAsîe à la suite des longues caravanes ; avec le naturel de la haute Judée , maigre et à peine vêtu , les cheveux longs épars ou tressés, la barbe noire en pointe ou fourchue, qu'on voudrait voir comme le Baptiste ceint d'une peau de mouton, qui ramène autour de ses membres grêles un grand lambeau d'étoffe verte et qu'on s'imagine volontiers , tant il est hâve et desséché > nourri des sauterelles du désert. Puis, au milieu de ce désordre, de ces hommes de toute tribu , de toute langue et de toute nation, circulent les femmes turques enveloppées Axxferedjé de couleur aiguë, vert-pomme, rouge cerise, bleu intense, d'une seule nuance, la figure à demi voilée d'une transparente mousseline qui laisse apercevoir, au-dessus de grands yeux d'un brun sombré, allongés encore par la teinture, des contours quelque peu alourdis; elles traînent après elles des négresses également voilées ec des bandes d'enfants habillés de cotonnades aux couleurs voyantes,' souvent blanches à raies rouges, coiffés de toques mordoréesd'où s'échappent de magnifiques cheveux boucles. Puis les' voitures vont et viennent, escortées de cawas à cheval, d'eunuques noirs, remplies de gros pachas à barbe grise ou de dames élégantes masquées du yachmal de mousseline. Nombre d'Européens en chapeaux noirs