LB DANUBE ET LA MER NOIRE
citaient campés dans le désert. De temps en temps, une Inain curieuse soulève de Fintérieur un pan de la tente, fti les grands yeux noirs d^une femme voilée ou d*un marmot espiègle interrogent Thorizon. A côté de moi, i Textrémité de la proue où je me suis assis pour mieux ivoir Tespace de la mer et du ciel, un pauvre musulman s'avance d'un air grave, étend un petit tapis, ôte «a chaussure, se tourne vers FOrient, se prosterne à {plusieurs reprises la face contre terre et fait sa prière «vec une foi paisible, sans paraître même regarder les lehrétiens qui Tentourent. Spectacle touchant et qui contient plus d'un reproche pour nos âmes légères I Comtbien parmi nous avaient prié, ce matin-là, comme ce i simple paysan?.
I A midi, la terre commence à apparaître au loin, » pareille à un long ruban noir : tous les passagers mon- I tent sur le pont. Nous approchons de l'entrée du Bos- Iphore; la côte grandit, on en distingue les ondulations et les inégalités. Quelque3 minutes encore, et l'on aperçoit comme la vaste embouchure d'un fleuve qui s'ouvre entré deux collines vertes. Ce ne sont que deux collines, il est vrai ; mais Tune s'appelle tout simplement l'Europe et l'autre l'Asie. Nous entrons dans le détroit.
Il est impossible de rendre l'impression qu'on éprouve en quittant la mer Noire et en pénétrant dans ce large canal qui sépare deux mondes. Les rives que la clarté de l'air fait paraître assez rapprochées sont couvertes de verdure : on croirait qu'on s'avance dans la merveil-
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Obt ouvrage a été déposé au ministère de l'intérieur (scciion de la librairie) en mars 1879.
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