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LA CORNE-D'OR ET LES EAUX-DOUCES D'EUROPE

pparaît, Thorizon s'étend, tout brille et sourit. C'était à que vivaient les opulents banquiers de Gênes, les lescendants des vieilles familles grecques, toute une ociété industrieuse, habile, mêlée aux intrigues du éraily prodigue parfois de son or pour assurer son nfluence auprès des vizirs et s'élever aux emplois mpèrieurs et surtout lucratifs de Tempire ottoman. C'est de là que sont sorties des légions de fonctionnaires adroits, insinuants, parfois sans scrupule, qui reconquéraient souvent, grâce à leur diplomatie savante et avide, sinon l'autorité perdue par les Césars byzantins, du moins une action mystérieuse, mais réelle, sur la politique de l'Empire. L'histoire turque est remplie de leurs manœuvres et de leurs succès : ils en étaient même arrivés à obtenir dans les principautés moldovalaques un pouvoir presque souverain : lorsque la Porte, redoutant l'hostilité des princes de race roumaine, résolut de substituer son autorité directe à leur vassalité turbulente, ce fut aux Phanariotes qu'elle eut recours, et dans ces maisons si bien closes elle alla chercher les gouverneurs substitués sous le titre d'hospodars aux dynasties des princes indigènes.

Les Mavrocordato, les Callimaki, les Caradja, les Racovitza et tant d'autres, sont partis de là pour Bucharest et pour Yassy où ils tirouvaient l'occasion d'acquérir de nouvelles richesses, et rencontraient parfois nne mort tragique. Il y a bien des drames politiques dans cette sombre histoire des Phanariotes que la Porte élevait et renjrersait à son gré, auxquels elle donnait

tries abondent dans ces raelles sordides. On a hâte de retrouver les horizons da golfe, Feau brillante, Taîr libre et le vaste ciel.

Sur Tautre rive , des établissements publics présentent leurs larges façades : le palais de TAmlrauté, construit en marbre blanc , s'élève au bord de la Corned*Or près des bâtiments de FArsenal qui retentissent sans cesse du bruit des marteaux. Peu à peu le golfe se rétrécit : le verdoyant amphithéâtre qui le termine accentue davantage ses contours; on voit sortir des arbres les dômes et les minarets des mosquées d'Eyoub. 11 est peu de villages aussi séduisants; les maisons sont groupées au pied de la colline comme par un habile paysagiste; les rues, exclusivement turques, présen-i tent les lignes fantasques de la plus irrégulière archî-l tecture; on y remarque les costumes deTancien temps, les grands turbans évasés, les pelisses ornées de fourrures, les larges culottes blanches, les majestueuses physionomies de TOltoman de race pure. Eyoub est un terrain vénéré : les musulmans envient le bonheur suprême d'être enterrés dans ses cimetières ombres, calmes, encadrés de grilles dorées, remplis de colon-l nettes blanches et qui se prolongent jusqu'au sommet de la colline, sous l'abri de cyprès centenaires.

C'est le pays des traditions les plus saintes : le giaour, à tort ou à raison , s'y croit regardé de travers par les indigènes; des groupes d'enfants lui jettent, dit-on, parfois des pierres ou le poursuivent de leurs huées stridentes. Les deux mosquées, sanctuaires particuliô-

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