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ÎDelle» correctionnelle» commerciale, civile et de mple police» soit entre musulmans, soit entre chrétiens musulmans. Mais à côté d'eux il y a d'autres tribuiQx désignés sous le nom de mekhémés et qui s'inîrent uniquement de la loi religieuse ou chér'i. Ils innaîssent de toutes affaires entre musulmans qui les clament, de toutes les causes immobilières ou testaentaires, que les plaidants soient musulmans, chrésns ou étrangers, «t ils sont placés sous la direction du leik-ul-Islam.
Je ne sais pas si les procès jugés en vertu du chérit nt mieux ou moins bien réglés que les autres , mais est certain qu'on ne décide -dans les mekhémés que après le témoignage. 11 faut qu'on s'y défie singu- 3rement des papiers et de l'écriture, car aucun docuent n'y est admis comme preuve. Tout plaideur a ses moins qu'il amène , comme ailleurs un avocat exhibe m dossier. Si les conditions exigées par la loi relieuse étaient toujours remplies, ce ne serait pas un trop auvais système; car, d'après elle, tout témoin doit re un très-saint homme, faire ses cinq prières par jour, abstenir de viandes impures, se livrer à toutes les blutions prescrites, etc., et il ne serait pas probable l'un personnage aussi respectable voulût commettre 1 faux témoignage. Mais, dans la pratique, il serait alaise d'être si scrupuleux dansles-cboix, et l'on m'a iconté qu'on trouve trop souvent dans la salle des Pas srdus ainsi qu'en plusieurs autres pays du monde saucoup de gens qui attendent, en fumant leur ciga*
reUe, qu'on leur propose, moyennant finance, d'entrer dans l'enceinte des lois pour y jurer tout ce qu'on veut. A Constantinople et dans quelques grandes villes , les chrétiens sont admis comme les musolmans à l'honneur de raconter devant les juges ce qu'ils ont vu ou ce qu'ils n'ont pas vu ; mais, dans la plupart des meihémés de l'empire, les musulmans seuls sont réputés être sincères, et ils sont seuls en possession du droit précieux et lucratif d'attester, soit les faits qui $e sont réellement \ produits, soit les convictions qu'on leur aurait inculquées à l'aide d'arguments irrésistibles.
Il y a donc toute une magistrature qui ne connaît que le Coran et ses commentateurs; mais les commentateurs, ici comme ailleurs, ne sont pas toujours du même avis; le Prophète n'a pas toujours été si clair qu'on ne puisse interpréter sa pensée dans des sens tout à fait différents : chaque plaideur a souvent son texte et c'est au juge àr^ démêler la véritable solution au milieu de citations con« tradictoires. C'est parfois une tâche assez difficile, et voici pourquoi : il y a dans les bureaux du cheik-ui- Islamat une section dite lefetvc^^hàné, c'est-à-dire l'endroit où se prépare la réponse juridique préliminaire au procès et qui se nomme ^/t*a. Par exemple-, avant d'introduire son affaire devant les tribunaux, tout plaideur peut obtenir de la manière suivante un^/t?a qui en préjuge l'issue : il expose dans une note l'objet de la discussion sous forme de problème théorique et avec des noms supposés : a Ahmed veut faire telle ou telle chose ; â-l-il raison? — Mustapha se refuse à payer Ibra-
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qui se bornent à apprendre aax enfants de tous rangs placés sons leur férale la lecture du Coran. LMnstraction primaire est réduite k ces leçons, qui, du reste, sont moins simples qu*on ne se Timagine, car la lecture de l'arabe et du turc est une véritable science. \^on-seulement il n'existe pas de voyelles dans ces langues, ce qui souvent transforme les mots en énigmes, mais encore Tusage des points, des virgules, des grandes lettres est absolument inconnu. Ce système est peu favorable à la diffusion de l'enseignement, ce qui se trouve d'ailleurs tout à fait conforme à l'idée orientale. Chez nous, la science doit être accessible au plus grand nombre ; mais dans le Levant elle a été considérée jusqu'à présent comme le privilégcde quelques-uns. Plus récriture ressemble à la cryptographie, plus elle répond à l'idéal calligraphique. 11 y a des artistes en ce genre qui sont vraiment merveilleux ; ils font de leur travail de véritables arabesques, et ils enchevêtrent les caractères les uns dans les autres avec une foule de combinaisons bizarres et d'ornements fantaisistes. Ce n'est pas favorable à la lecture, mais c'est de quoi l'artiste se préoccupe le moins. Les gens qui savent lire sont d'ailleurs très-considérés : leur nom est suivi du titre à'efflendij qui se trouve être ainsi relativement rare. Onle prodigue à tous les Européens de distinction, parce qu'on leur suppose cette belle science de la lecture ; mais on ne le donne aux Turcs qu'à bon escient. Tout cela n'empêche pas qu'il y ait des Ottomans instruits; j'en ai connu qui étaient au courant de la littérature
en jeu ne pouvant pas présenter de son côté sarequètei il n'y a qu'un ^euïjitva, ce qui fixe immédiatement le sentiment public et ne laisse aucune place à des mouvements séditieux.
Avant de quitter le cheik-uUIslamat , il ne faut pas négliger de citer tout un ordre de personnages appelés cazi-askers. Ce sont des ulémas de haute volée, revêtus d'un des grades supérieurs dont noas avons parlé tout à rheure, et qui exercent les fonctions de grands juges pour les causes considérables. D'après leur nom» qui signifie a juges militaires », ils étaient jadis attachés exclusivement aux armées, les suivaient en campagne et décidaient les contestations à la manière des grands prévôts. Ils sont maintenant chargés de régler les procès civils qui exigent une science de premier ordre, et ils occupent ainsi l'un des rangs les plus élevés de l'Etat. Dans les provinces, le cheik-ul-Islam est représenté par les muftis, juges pourvus également d'un titre de la hiérarchie précitée, qdi rendent les feivas, président les tribunaux An cher' i et forment l'élément religieux des tribunaux du nizam. Le cadi est un juge ordinaire, uléma plus ou moins gradé. L'iman est chargé particulièrement de la garde des mosquées et de quelques fonctions analogues à celles des curés ; il dirige la prière, il prêche, et il assiste aux enterrements. Quant au muezzin, c'est un sacristain qui, cinq fois par jour, d'une voix nasillarde, appelle à la prière du haut des balcons des minarets.
Les maîtres d'école turcs sont de simples khodjas,
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Les fonctionnaires ciYils sont distribués d^ane manière nn pen moins claire. Indépendamment de leur emploi, ministres, soos-secrélaires d^Etat on muitéchars, secrétaires généraux , valis ou gouTemeors de province, nmiessarifs on sous-gouYemeurs, motfavins on conseillers des Yalis, etc. , ont en outre des titres hiérarchiques et des rangs spéciaux fort bien combinés. Le grand Yixir ou sadrazam est naturelle» ment à la tète de tons les fonctionnaires; il est même supérieur au cheik-uMsIam etau serdar-ekrem. Comme représentant direct du souverain, il commande en effet à Ton et à Tantre. Il n'est pas tout à fait le Giafar des Mille et une nuits; mais s'il est moins avant dans la confiance du maître, il court aussi moins de risques. Les tragédies finalessont désormais légendaires; font au plus le grand vizir est-il exilé lorsqu'il inquiète trop vivement le calife, el d'ordinaire, quand ce dernier est las de ses services, le premier ministre s'en va chez soi fort paisiblement. Il revient de même au pouvoir quand le sultan a changé d'avis et lui rend le sceau d'Etat. Beaucoup de grands vizirs d'autrefois, j'imagine, eussent préféré à leur dangereux prestige la sécurité d'aujourd'hui , d'autant plus qu'après tout le poste est encore très-beau. Sans parler des appointements, qui sont considérables, des honneurs dont le titulaire est entouré, du pouvoir très-réel dont il est investi, il a qualité d'Altesse pour sa vie entière et regarde de haut la multitude des Excellences qui pullulent dans l'empire ottoman. L'épée de Damoclés est bien émoussée, et Ton
européenne : nombre de jeunes gens et d^officiers ont fait des études sérieuses dans les collèges et écoles spéciales de rOccident : il y a même des étudiants de mosquée qui poussant Tamour du travail jusqu'à un zèle excessif et un peu puéril : ils apprennent tout le Coran par cœur; ils se parent alors du nom de h(ifiz, c'est-à-dire qui conserve, et ils jouissent d'une réputation parfaitement méritée, car vraiment se mettre dans la tête un aussi gros livre ne laisse pas d'être assez difficile, et il me semble qu'on doit être fort content de soi quand on a fini. An fond, cela n'est pas si étrange qu'on se l'imagine : blâmerait-on un séminariste qui réciterait sans broncher tout l'Évangile, et n'a-t-on pas vu des étudiants allemands qui non-seulement savaient Homère par cœur , mais pouvaient répéter l'Iliade et l'Odyssée à rebours?
J'en reviens aux classifications de la société turque. L'armée est à peu près organisée comme les troupes de l'Europe : je ne parle ici que des grades. Le généralissime porte le nom de serdar-ekrem (le chef le plus généreux); au-dessous de lui sont les muchirs (conseillers), qui sont des maréchaux parmi ^lesquels on choisit les commandants de corps d'armée, puis les^m^^ ou généraux de division, et les livas, généraux de brigade. Tous ces personnages ont droit, en outre, au titre de pacha. Leurs inférieurs sont les mir^alai ou colonels, les caïmakams ou lieutenants-colonels, qui portent les uns et les autres le titre de hey, puis les hinbachi et les yuz-iachi, chefs de bataillon et capitaines.