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LE DANL'BE ET LA MER NOIRE

le cette ligne, le réseau qui va déjà de Stamboul à Andrilople, puis àPhilippopoIi. Dès que ces cinquante lieues ieront terminées, un grand fait. politique et industriel »era accompli : on ira par llbe voie ferrée ininterrompue de Constantinople à Routschouk^ là on prendra le Danube jusqu'à Basiach où aboutit le cbemin de Ter hongrois qui mène droit sur Vienne et sur Paris, en attendant que la ligne do Philippopoli aille jusqu*à Nitsch à la frontière serbe, et que la voie de Nitsch à Belgrade permette d'éviter même le transit par le Danube. Le jour où ce dernier travail sera achevé, où un vaste pont aura relié les deux rives du fleuve — et tout ceci en définitive n'est pas une œuvre très-longue et très-difficile, on ne quittera pas le cbemin de fer, de la Pointe du Sérail au boulevard de Strasbourg. Ce sera une des belles victoires de la civilisation.

Revenons aux choses présentes. On ne met guère plus de huit heures pour franchir la distance qui sépare Routschouk de Varna. On pourrait aller plus vite en négligeant quelques stations ; mais V express n'est pas encore dans les mœurs de la Turquie. Le chemin passe d'abord à traver3 des steppes assez mornes où l'on pourrait établir de belles cultures, et qui sont abandon-*^ nées aux herbes folles et à la broussaille; puis il se rapproche des Balkans et descend rapidement vers la mer. Quand nous sommes arrivés à Varna, le ciel était couvert de nuages; il faisait nuit close et même nuit noire» et nous n'avons rien vu de la ville que les lumières semées dans une vaste et profonde obscurité.

G*est avec des lanternes que nous avons gagné le bord< la mer, heureusement fort calme, et que nous noi sommes embarqués sur le canot qui conduit à un kiii mètre de là jusqu'au paquebot à Fancre dans la rad En vingt minutes, bercés par les vagues et bien conduj par de vigoureux rameurs, nous arrivons jusqu'i Neptune, paquebot-poste du Lloyd autrichien, qui U le transit de la mer Noire. Ce navire semble solîdi ment construit; il est propre, commode, et les cabîm ont une convenable largeur. A dix heures, nous levo^ Tancre : le ciel s* est éclairci, et les étoiles se mire^ dans le Pont-Euxin.

Dès le point du jour, les rayons du soleil, pénétra^ gaiement par la lucarne de la cabine, me font ouvr^ les yeux, et le plus joyeux spectacle m'accueille si^ le pont. La mer s'étend dans tous les sens comme un large nappe d'un bleu d'ardoise; quelques oiseau: voyageurs, Tair très-eflarouché, volent d'un bord i l'autre du bâtiment; des troupes de dauphins sauten dans les vagues et nous suivent avec rapidité. Le solei trace devant nous une ligne lumineuse, et nous avon^ l'air de nous avancer dans un chemin de feu. Le calme est profond sur la mer souriante et dans le ciel sam bornes. Sur le bateau, le mouvement des passagers rompt la monotonie du voyage ; on a établi à l'arrière une tente basse, complètement close, où s'est installé en plein air tout le harem d'un Turc de TAsie Mineure j femmes et enfants, maîtres et serviteurs ont dormi là toute la nuit, sous ce mince abri de toile, comme s'il^

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