AL DUC DE MERCOEUR
[Paris], 17 mai 1*653.
(EvrniiT.)
Vous ne devez vous applicquer à autre chose qu'à tascher de ra-
Le pays de Liège, dont l'électeur de provisoirement du gouvernement de Pro- Cologne était souverain, avait été envahi vence, pendant que le duc d'Angoulême, par tes Espagnols. L'Électeur espérait le, qui en était titulaire, riait retenu prisonnier. faire sortir au moyen d'un traité. Cette lettre, comme les deux précédentes.
Le duc de Mercœur avait été chargé atteste avec quel soin Mazarin s'efforçait de
Mai iG53. mener les esprits [des Provençaux] par la douceur, et tant s'en faut qu'il soit à propos de parler de faire venir des gens de guerre, qu'au contraire il est important que tout le monde sçache que vous avez ordre de faire sortir [de Provence] ceux qui y sont à présent, afin de soulager d'autant le peuple et le pays, n'ayant esté envoyé de delà [de Paris] par Sa Mlé que pour mettre la Provence pleinement en repos avec amnistie de tout le passé. C'est par où il faut commencer, et tascher, par toutes sortes de voyes, de faire cognoistre à ceux de Toulon et de Tarascon quelle douceur et quel advantage ce leur sera non seulement que ce qu'ils ont faict soit entièrement oublié, sans en pouvoir jamais estre recherchez, mais aussy de se voir tout d'un coup délivrez de logemens et de tout embarras de troupes avec toutes les félicitez d'une pleine paix.
CGLXX1V.
Bibl. Mazarine, ms. 1719, t. V, 2e partie, f" 97-103. — Copie du temps.