V M. DE LAIGUES
(iien, 1 .'> avril 1 (i."ia.
La Reyne a veu avec beaucoup de plaisir le billet que vous avez pris la peine de m'escrire. En mon particulier, j'en ay esté ravy, n'y ayant rien à adjouster aux tonnes avec lesquels vous escrivez de la passion de M"' de Chevreuse et de M. le cardinal de Retz pour le service de la Reyne et de la bonne volonté qu'ils ont pour moy.
Le voyage de M. le Prince à Paris1 obligera à de (fraudes résolutions, et I union des bons serviteurs du Roy est bien nécessaire pour l'empescherde venir à bout de ses desseins contre le Roy, contre l'Estat et contre tous ceux qu'il est asseuré qui ne peuvent estre jamais ses amis. J'espère tout des personnes qui sont résolues d'agir jusqu'au bout contre ledict prince, et elles doivent estre asseurées qu'on n'oubliera rien de ce costéc\ pour soustenir vigoureusement tout ce qu'elles entreprendront sur ce sujet.
On gagnera des momens pour advancer l'approche de Leurs Mlez à Paris, et j'espère que, dans quatre ou cinq jours, nous n'en serons pas trop loing. Il a esté impossible de prendre cette resolution plus tost -ans bazarder leurs personnes et laisser nostre armée hors d'estat de presser celle des ennemis, comme elle fera présentement.
Je n'ay aucunes nouvelles de M. de Lorraine, si ce n'est qu'il devoit partir de Bruxelles le 7 de ce mois, et qu'une partie de ses troupes, commandées par M. de Ligneville, estoit desjà aux environs d'Avesne. J'ay tousjours espérance qu'il vient avec dessein de s'unir avec ceux qoi travaillent pour séparer M. le duc d'Orléans d'avec M. le Prince
On a déjà dit que Condé était arrivé à Paris le 1 1 avril i652.
8/i LETTRES
\viii i652. et faire son accommodement avec Leurs Mlc\ H est pourtant tres-necessaire que Mmc de Ghevreuse prenne la peine de luy escrire fortement iàdessus, estant asseuré que ses diligences et ses raisons produiront de très-bons etfects dans l'esprit dudict prince.
La Reyne m'a commandé de vous escrire que , si vous pouviez prendre la peine de venir à nostre rencontre à Sens ou en quelque autre lieu là auprez, elle en serait tres-ayse.
Aff. étr. , France, t. 269, f° 92 r°; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. —
Copie du temps.