AU COMTE D'HARCOURT
Gien, 16 avril i65'>.
\prez \ avoir bien faict réflexion, j'ay conclu que vous ne deviez pas avoir appris la grâce que le Roy m'a faicte de me donner le gouvernement de Brisach2, quand vous avez pris la resolution de depescher icy j)our me faire instance de vous y servir, et (pie sçachant combien il y a de temps que je sers, les persécutions (pie j'ay souffertes, les malheurs auxquels sont d'ordinaire exposez ceux qui occupent le poste où
1 Le comte d'Harcourt, qui avait le 1res de Mazariii, p. a48 elpassim, les ins-
gouvernement d'Alsace et de Pbilipsbourg, tances qu'avait laites le Cardinal pour ob-
voulait y joindre celui de Brisacb. tenir le gouvernement de Brisacb. Celle
- On a vu. dans le tome 1\ des Let- lettre prouve qu'il lavait enfin obtenu.
\viii i65a. je suis, sans que j'aye nv biens ny charges, n\ aucun eslablisseinent de quelque nature que ce puisse estre, vostre justice et l'amitié dont vous m'avez tousjours honoré ne vous auroit [sic) pas permis d'avoir la pensée de poursuivre1 une chose dont le Roy m'avoit gratifié et qui me donne la seule retraite que je puis [sic) avoir, en cas de besoin. Ayant faict cognoislre encore plus particulièrement mes sentimens làdessus à M. le prince d'Harcourt 2, vous agréerez, Monsieur, que je me remette à ce qu'il vous en mandera, et je m'asseure qu'estant informé du véritable estât de cette all'aire, au lieu d'y rien prétendre, vous aurez la bonté de me donner toutes les assistances qui pourront dépendre de vous pour m'en faciliter au plus tost la jouissance, puisque je suis plus que personne du monde, etc.
Aff. étr., France, t. 269; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
À L'ABBÉ FOUQUET
Saint-Fargeau ', 18 avril 1602.
On envoyé les lettres de cachet dans les termes que l'ont conseillé les personnes bien intentionnées que vous me marquez 4, et je vous di-
1 Le mol poursuivre a ici le sens de solliciter.
2 Charles III de Lorraine, prince d'Harcourl, élait neveu du comle d'Harcourt.
Ne en 1620, Charles III devint duc d'Elbeuf en 1667, et mourut en 1692 (A mai) (Voy. t. IV, p. 68, du Journal de Dangeau , et la note de Saint-Simon).
3 Auj. chef-lieu de cant. du de'p. de l'Yonne. La Cour s'était rendue de Gien à Saint-Fardeau: elle passa l'Yonne à Auxerre et vint à Sens, à Montereau. à Melun el à Corbeil,
pendant que Turenne prenait position à Chastres (auj. Arpajon) et à Linas, entre la Cour et l'armée des princes; il força cette armée à s'enfermer dans Etampes.
4 On trouve dans les Registres de l'Hôtel de Ville pendant la Fronde (t. II. p. 2^5) une lettre de cachet adressée aux Prévôt des marchands et Echevins de Paris, pour leur défendre de tenir aucune assemblée générale à l'Hôtel de Ville. Cette lettre est datée de Saint-Fargeol (Saint-Fargeau). 17 avril t (i 5 2 .
ray confidemment que la plus grande impatience que l'on ayt presen- Avril if>5s tement, c'est l'arrivée à Paris. Vous n'en parlerez, s'il vous plaist, qu'à M. le cardinal de Retz, à Mmc de Chevreuse et à M. de La Barre. Je vous prie de sçavoir leurs sentimens sur les précautions qu'il y aura à prendre pour la seureté du Roy et de la Reyne à Paris. Leurs Majestez sont satisfaites au dernier point de la manière dont agit M. le cardinal de Retz et de la fermeté qu'il tesmoigne contre M. le Prince, et je ne doute point qu'estant appuyé par l'approche du Roy à Paris et soustenu en toutes les choses, qu'il pourra désirer, de l'authorité de Sa Majesté, il n'ayt la gloire de nous faire sortir heureusement de cette affaire, à la confusion de M. le Prince et de tous les ennemis de l'Estat. Il sera bon que vous nous veniez à la rencontre pour nous informer de la véritable assiette où seront toutes les choses et des sentimens des bons serviteurs du Roy sur ce qu'il y aura à faire.
Ce pendant je vous prie de faire mes complimens à M. le mareschal de L'Hospital et à M. le Prévost des marchands, et de leur dire qu'encore que je sçache bien qu'en ce qu'ils font, leur principal but est le service du Roy, je suis aussy bien informé des obligations que je leur ay en mon particulier et que j'en conserve toute la recognoissance possible. Il faut aussy faire des complimens à tous mes amis du Parlement et autres qui tesmoigneront du zèle pour le service de Sa Majesté et de l'amitié pour moy en cette rencontre, particulièrement à M. de Novion. Je ne vous dis rien pour MM. de Noinnoutiers et de Laigues, parce que je l'estime superflu.
La Reyne remercie fort M. de Noirmouliers de l'offre qu'il a faicte, et l'on songera aux moyens de faire réussir la chose, s'il est possible, employant pour cela la personne que luy-mesme a nommée.
Je vous envoyé une lettre de la Reyne pour Mme de Chevreuse, que vous luy rendrez en main propre et luy ferez, de ma part, toutes les plus expresses protestations que vous pourrez de mon respect et de mon service.
IMPaiHEftfl 1 A T to *
\vril i65a.
Bibl. nat. , mss. fonds fr. 2.3,202, f' 35. — Original, en partie chiffré.
À L'ABBÉ FOUQUET
| Sons (? i, ao avril 1602.]
Je viens de recevoir vostre billet d'hyer, et aussytost on a expédié les deux lettres du Roy à M. de L'Hospital et M. le Prévost des marchands, que vous me mandez qu'on avoit jugé à propos de delà '. Cependant je veux croire que l'on sera venu à bout d'empescher que l'assemblée de la Ville ne se soit terminée d'aujourd'huy2. Je nay point veu le courrier que l'on croyoit avoir esté depesché icy. Vous remercierez, de ma part, la personne dont le billet estoit joint au vostre, de ses bons advis, dont on profitera, et de faict, quoy que l'on eust résolu de séjourner icy un jour pour laisser un peu reposer les esquipages qui sont extrêmement fatiguez, jay faict changer cette resolution, et l'on partira demain pour arriver lundy, sans faute, à Melun :i.
Je suis bien ayse de ce que vous me marquez que M. de Laigues nous viendra à la rencontre pour nous informer plus particulièrement du véritable estât de toutes choses; sur quoy on réglera les resolutions qu'il y aura à prendre.
' Le sens de cette phrase est : que vous me mandez qu'on avait jugé à propos , à Paris , que le Roi envoyât.
2 II y avait eu, le 19 et le so avril i652, des assemblées générales tenues à l'Hôtel de Ville. On en trouve le récit dans les Registres de l'Hôtel de Ville pendant la Fronde (t. II, p. 25 1 et suiv.). Il est cpiestion, aux pages 3 63 et 9 G 7 du même volume, des lettres de
cachet envoyées par le Hoi au maréchal de L'Hôpital, gouverneur de Paris, et au Prévôt des marchands. Lefèvre de La Barre. L'assemblée de l'Hôtel de Ville ne décida rien le 20 avril, comme Mazarin en exprimait l'espoir. Elle fui renvoyée au lundi 2-3 avril. 1 D'après la lettre adressée à d'Estrades (voy. plus loin. p. 91 ). Mazarin était encore à Monlereau le 2.3 avril itiô-».
Dl CARDIN VI, M VZARIN.
\\nl 1 65a.
VIT. ctr. . l. 369, I 97; t. 3<> du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie «lu temps.