‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 17 sur 145 · XLVI · texte numérisé non relu

XLVI

liihl. iiat., inss. l'omis IV. 93,309, P 38; original, en partie1 chiffré'. — Alt', étr. . France. I. -jOi). f" 100; I. 3o du recueil dos Lettres de Mtcarin. — ûéjpiè du temps.

À I/ABBK FOI QCET.

Sainl-Gorninin-Pii-Layi', 7 mai 16oâ.

( i:\nt.\ir.)

J'ay esté tres-ayse de voir M. de La Barre. Je l'ay entretenu sur diverses choses, et particulièrement sur ce qui regarde Mrat; de Chevreuse >vl le cardinal de Retz, dont je me remets à ce qu'il vous dira. Je luy av aussy parlé de ses interests, et la Revue l'a traité de sorte que je m'asseure que M. son père et luy avoient tout sujet d'estre satisfaits.

J'ay toute la recognoissance possible de l'alTection que me tesmoigne M. le Procureur gênerai; je vous prie de Feu asseurer le plus expressément que vous pourrez et que je feray tousjours grand cas de ses sentimens. Ce que je vous puis dire sur les propositions que Ton l'aiet pour 1 accommodement, c'est qu'il y a beaucoup de choses captieuses; car, entre nous, on veut commencer par mon esloignement, et, dans la constitution présente des choses, j'ay sujet de croire que, si j'estois une t'ois éloigné, on formeront des obstacles à mon retour, qu'il seroit trèsdifficile de vaincre.

De plus, M. le Prince insistant à vouloir estre employé pour la paix generaile, s'il reussissoit dans cette negotiation, il luy seroit tort aysé d'imprimer dans l'esprit des peuples que ça est l'effect de mon esloignement et de ses soins, et que, s'il navoit pas traité avec les Espagnols et pris les armes pour forcer le Roy à donner les mains à la paix , je laurois tousjours esloignée, de sorte que, au lieu que les François ont de l'horreur de la liaison qu'il a faicte avec les ennemis de cette couronne et de sa rébellion, ils croiroient qu'il a pris la meilleure voye pour terminer la guerre estrangere et le considereroient comme l'autlienr du repos et bien public. C'est pourquoy le Roy ne sçauroit ja-

Mai 1I1 ')• .

Mai i65s. ma's donner les mains à cette condition, d'autant plus qu'il n'y a guère d'apparence qu'il fasse son confident et son plénipotentiaire d'une personne qui a de si grands engagemens avec ses ennemis, et qui a encore les armes à la main contre Sa Majesté.

M. le Grand Prévost 1 m'a faict ce matin des complimens de la part du cardinal de Retz. Je luy ay respondu avec toute sorte de civilité, et je conserveray les apparences, comme vous le devez faire de delà; mais, du reste, je suis asseuré qu'il n'oublie rien pour me nuire.

J'ay faict faire toutes les civilitez que je devois à M. de Ghaumont2, afin de l'obliger à agir avec ses amis pour le bien du service du Roy dans cette conjoncture.

On fera venir M. le mareschal de L'Hospital.

Les députez du Parlement ont esté bien receus et escoutez favorablement, la Reyne ayant mesme supplié le Roy, en leur présence, de vouloir bien lire leurs iemonstrances, pour leur faire voir qu'on ne prétend pas rien cacher à Sa Majesté. Ils ont tesmoigné s'en retourner bien satisfaits.

J'ay mesme faict en sorte que le Roy et la Reyne ont envoyé un gentilhomme à S. A.R. pour luy faire compliment sur sa maladie. Enfin, je porte toutes choses, autant que je puis et contre mes propres interests, à la douceur et à la modération; mais je ne sçay pas ce que cela produira, et si mes intentions seront bien expliquées.

Que M. de Noirmoutier ne s'arreste point à ce qu'on luy a dict; tant qu'il croira d'estre utile à Paris, il fera bien d'y demeurer, et quand il jugera à propos de venir icy, il y sera le bien venu.

On a desjà envoyé en gros la relation du combat d'Estampes.

1 Jean du Bouchel, marquis de Sourches, jusqu'en 1716. Louis François du Bouchet,

prévôt de l'hôtel du Boi et de la grande pré- qui devint marquis de Sourches après la mort

voté de France. Il mourut le 1" février 1 677. de son père, a laissé des mémoires , qui sont

Son fils, Louis-François du Bouchet, avait maintenant en cours de publication. Ils con-

été reçu, en survivance de son père, à la cernent la fin du règne de Louis \1\ .

charge de prévôt de l'hôtel et delà grande ' Probablement Jacques de Chaumont,

prévôté de France, le i5 sept. 1669. Il vécut nommé maréchal de camp en i05a.

.- . Mai i65a.

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