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Bibl. nat.. mas. Foods fr. a3,ooa, P ho; original, en partie chiffré. — Ail', étr. , France, t. a6(), P io'i; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
À L'ABBÉ FOUQUET
Sainl-Germain-cn-Layc, la mai i65a.
(bxtbait.)
Je suis sensiblement obligé à l'autheui' de l'advis que vous m'avez envoyé des continuelles marques qu'il me donne de son amitié. Je vous prie de l'asseurer tousjours bien expressément de la mienne, et que le secret sera garde inuolablement.
L'on fera une response à Messieurs les gens du Roy1 sur le sujet des troupes et des passages, dont, je m'asseure, ils partiront satisfaits. On attend la venue de Messieurs les mareschaux de L'Hospital et d'Estampes-, qui viennent pour le mesme sujet, afin que l'on puisse les entendre avant que de renvoyer les gens du Roy.
Ce qui est porté, dans le dernier advis, de nouer une conférence et de demander une grande deputation du Parlement pour cet eflect, est sujet à divers inconveniens, et, entre autres, l'expérience afaictvoirque, dans de semblables conférences, on met surle tapis des propositions qui n'ont point de relation à la matière principale dont on devoit traiter, et qui ont des conséquences tres-prejudiciables, outre qu'il n'est d'aucune nécessité de négocier avec le Parlement, qui n'a point exercé d'hostilitez contre le Roy et avec qui on n'a rien à desmesler, et qu'il semble que l'on n'a à traiter qu'avec les princes, puisqu'il n'y a qu'eux qui ayent les armes à la main contre Sa Majesté.
1 Le 10 mai, le procureur général, Ni- Paris pût être approvisionné par les cam-
colas Fouquet, et l'avocat général, Jérôme pagnes voisines.
Bignon, avaient été députés par le parlement ' Jacques d'Estampes, nommé maréchal
de Paris pour demander l'éloignement des de France eu 1 65 1, mort en 1C68. Il était
troupes et la liberté des passages, afin que particulièrement attaché au duc d'Orléans.
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M. le Prévost des marchands a sans doute trouvé un assez bon moyen pour persuader à tout le inonde qu'il n'estoit pas de mes amis, puisque, depuis quatre ans, parmy tant de personnes qui ont déclamé contre moy, il n'y en a pas un qui l'aytfaict avec tant d'estude et de véhémence que luy dans sa dernière harangue1, où, feignant d'avoir les larmes aux yeux, pour animer davantage son discours, il s'estendit sur ce que soulfroient le laboureur, l'artisan, le marchand, les officiers, les magistrats, la noblesse, le clergé, généralement tous les membres qui composent le corps de l'Estat, et dans cette gradation il a affecté de nommer à vingt reprises le cardinal Mazarin, comme l'autheur des desordres et de la misère publicque, et répliqua plus de six fois que Sa Majesté avoit donné parole que son esloignement estoit sans espérance de retour. Jugez, d'aprezcela, sij'ay sujet d'estre satisfait.
Le Roy trouvera bon de vous eschanger avec l'abbé de Sillery '-. qui est prisonnier, comme vous, sur sa parole et une personne de qualité et de vostre profession; mais il faudroit que ce fust Madame de Puisieux3 qui le fîst proposer à M. le Prince, et il semble qu'il n'auroit aucun raison pour rompre cet eschange.
Je serois bien ayse de ce que vous me marquez que Mmc de Chevreuse eust trouvé plus de disposition que par le passé, dans S. A. R., pour l'accommodement. Je m'asseure qu'elle ne manquera de la soustenir. La Reyne ne perd aucune occasion de tesmoigner le désir qu'Elle a de se bien reunir avec S. A. R. et la tendresse qu'Elle conserve tousjours pour luy.
Vous direz à Mmede Ghevreuse que j'ay receu sa lettre, et que je nay pas besoin d'estre sollicité pour ce qu'elle m'esciït, qui sera exécuté avec ponctualité.
1 Ce fut le 7 mai que le Prévôt des nidi- 3 Charlotte d'Estampes Valence, veuve chands prononça cette harangue [Journal de de Pierre Bridait, marquis de Sillery et vi- Diibuisson-Aubenay, t. II, p. 218). comte de Puisieux; elle était mère de l'abbé
2 Charles-Nicolas-François Brûlart de de Sillery. Elle mourut en 1677, à Page de Sillery était abbé du Jard. 80 ans.
, . , i p - — — Mai 1 65:
Ail. étr., France, (. 2O9, P O7: !. 3o du recueil des Lotira de Mazarin. —
Copie du temps,
À M. RAULIN