‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 20 sur 145 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

liibl. nat., mss. fonds fr. 23,202 , f° 6. — Original, en partie chiffré.

À L'ABBÉ FOUQUET

Du Mesnil-Foravel 1, 99 mai i65a 2.

(extrait.)

Je responds tard à vostre lettre du 27; car il m'a fallu l'envoyer à

' Je ne trouve aucune localité de ce nom. tremenl dit Erouard, Cornuel et Coulon.

Dubuisson-Aubenay, à la date du 28 mai du nom des maîtres à qui il fut et est de

i652 (t. II, p. 23o), dit que le Roi s'é- présent.'; Cette localité est probablement la

tait rendu dans un lieu situé à trois lieues même que le Mesnil-Foravel. d'Étampes, qu'il appelle «Mesnil-Erouard, 2 Cette lettre porte la date de i65i dans

Cornuel ou Coulon », et à la page 23 1, il le ms. ; mais les événements dont il y est

nomme ce même lieu rr Mesnil-Racouin , au- question prouvent quelle est de i65a.

Gorbeii pour la deschiffrer. Les avis que nous me donnez sont très- Juin 1 65a. agréables et importons. Il ne faul rien oublier auprès de 33$ 4 ' pour le porter à un accommodement; les seuretez \ seront touttes entières, et fi()- peut respondre de celle qu'il luy a pieu de proposer, en cas que la personne s'accommode avec nous, comme j'espère qu'elle taira. Au reste, la plus grande satisfaction qu'on sçauroit avoir, çeseroitque40, profitant de quelque bonne conjoncture, pust obliger BB8à à se reunir avec 3 a 3, et \ous pouvez assejirer àQ, de ma part, que on se conformera avec plaisir aux conseils qu'elle donnera là-dessus, parce que on se confie entièrement en elle. Je nesçaurois pas vous proposer des moyens pour venir à bout de l'allant1; niais âO et les personnes qui sont sur le lieu pourront recognoistre ceux qu'ils estimeront plus propres, et je vous responds que, du costé de la Cour, on approuvera tout. Je suis au desespoir qu'on ae m'ayt [pas] envoyé le chiffre; car je vous escrirois avec plus de liberté.

On n'oublie rien pour la réduction d'Estampes; le Roy ira demain à l'armée, et je souhaite la bonne yssue de cette entreprise, pourveu qu'elle puisse servir à ramener les esprits.

Aff. étr. , Lorraine, t. 36, f" 1 65. — Minute autographe.

AU DUC DE LORRAINE

Corbeil, i" juin i65a.

J'ay esté bien ayse d'apprendre ce que vous avez dict au secrétaire du

1 II est probable qne ce chiffre désigne Mazarin le k juin : ••\I°" de Chevreuse a le duc de Lorraine, qui s'avançait alors vers tiré parole de M. de Lorraine qu'il se- Paris, et s était engagé, par un traité signé roit six jours dans sa marche, etc. (Aff. avec les princes, à faire lever le siège d'É- étr., France, t. 883). » M. le comte d'Haustampes. sonville a publié cette lettre dans son His-

2 Le chiffre ÙO désigne . je crois . la du- toire de la réunion de la Lorraine à la chesse de Ghevreuse, que la Reine ein- France.

ploya souvent pour traiter avec le duc ' Le chiffre 32 désigne probablement la

de Lorraine. L'abbé Fourjuet écrivait à Reine.

Juin i()5a. sr de Bregy, et, à la vérité, vous seriez bien injuste si, aprez tout ce que je vous ay faicl dire et la confiance entière que j'ay en vous, les artifices des autres prevaloient à mes bonnes et sincères intentions, et à la véritable envie que j'ay de vous obliger entièrement et vous faire cognoistre que je vous regarde comme une des personnes du monde que j'estime le plus, et que je [crois] le moins capable de me manquer l. Vous estes en estât de faire vos affaires avec beaucoup de gloire, d'avantage et de réputation, et d'obliger le Roy ù estre à jamais de vos meilleurs amis. Je m'asseure que vous en profiterez, et que, nonobstant les diligences qu'on faict au contraire, vous vous conduirez en sorte que je seray excusé des reproches que le Roy me pourroit faire, et que j'auray sujet de vous tesmoigner avec une entière passion mon amitié. Je me remets du surplus au porteur.

Afl'. étr. , France, l. 269, f°* n3 v*-i 1A r°; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin.

— Copie du temps.

À L'ABBÉ FOUQUET

Corbeil, i"juin 1602.

M. de Laigues n'est pas arrivé. J'ay entretenu fort au long M. de iNoirmoutier, et je luy ay parlé, comme j'aurois faict à Mmc de Chevreuse mesme; peut-estre qu'il s'en retournera [à Paris], et ainsy il luy fera sçavoir luy-mesrne tout ce que je lui ay dict, et ce que je crois qu'il y auroit à faire. Il est sans doute qu'elle et M. de Lorraine seroient les instrumens les plus propres pour agir auprez de S. A. R. , dans les dispositions présentes où il tesmoigne d'estre. Cependant je vous fais ce mot pour vous prier de travailler, par toutes sortes de voies, à estre ponctuellement informé de ce que fera mondict sieur de Lorraine, et de nous

1 On peut lire : suis, au lieu de crois, personnes sur le compte desquelles il peut le dans l'autographe. Je pense que Mazarin veut moins se tromper, et qu'il croit le moins cadire que le duc de Lorraine est une des pable de lui manquer.

DU CARDINAL M VZAIUN. 117

le mander de jour en jour, outre ce que vous en pourrez apprendre à Juin i65a Paris. Il serait bon que \ous envoyassiez vers Dammarlin le sieur de Becherelles, ou quelque autre personne intelligente et asseurée, pour l'observer de plusprez, sans estre cognu, et descouvrir quand il partira: s'il vient à Paris; s'il marche seul ou avec ses troupes, et quels desseins il parois! avoir. Enfin il est de la dernière importance que nous soyons advertis à point nommé de toutes ses démarches, pour pouvoir bien prendre nos mesures. C'est pourquoy je vous conjure de n'y oublier rien. Les délais que l'on apporte à donner l'argent que l'on me doit sont fort incommodes; mais, puisqu'il ne se peut faire autrement, il faut bien prendre patience. Pour l'affaire de M. de Harlay \ il faut, de toute nécessité, attendre que l'autre personne soit arrivée icy pour l'achever. Faictes. s'il vous plaist, mes recommandations à M. de Beaujeu. Je ne doute point que vous et luy ne fassiez tout ce que vous croirez me pouvoir estre utile. H n'y a nul fondement dans toutes les nouvelles que l'on public à Paris, et vous n'en devez point prendre d'inquiétude; car on vous donnera part des mauvaises aussy bien que des bonnes, quand elles le mériteront,

Au*, étr. , France, l. 269, 1° 1*^7. — Copie du temps.

Page 1