‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 26 sur 145 · À M. LE MARQUIS DE MORTEMART · texte numérisé non relu

À M. LE MARQUIS DE MORTEMART

Pontoise5, 18 juillet iG5a.

11 est estrange que, chacun tesmoignant souhaiter avec tant de passion l'accommodement, on s'en esloigne tousjours davantage. Tout cela arrive de ce que le Cardinal3 n'a jamais pu traiter avec un homme qui eust pouvoir. Car bien souvent on tomberoit d'accord de choses les plus difficiles, pourveu qu'on se pust satisfaire dans les moyens de l'exécution.

Le Cardinal est persuadé de la bonne volonté de M. de La Rochefoucauld, et que Mme de Chastillon4 s'employe fortement pour la paix: mais il est au desespoir de cognoistre que, de la façon qu'on la traite.

arrêt qui portoit défense de désemparer ; en quoi ils furent mal obéis. Il se trou voit, par la même raison, fort peu de monde aux assemblées de l'Hôtel de Ville, etc. «

' Gabriel de Rochechouart , marquis , puis duc de Mortemart, premier gentilhomme de la chambre du Roi, mort le 26 décembre i675.

" La Cour quitla Saint-Denis le 17 juillet et se rendit à Pontoise.

3 Mazarin parle de lui à In troisième personne, suivant l'usage des lettres chiffrées.

' Voy. les Mémoires du cardinal de Met:

(t. IV, p. 2 38 , de l'édit. des Grands Ecricains de la France) sur ces négociations et spécialement sur le rôle de la duchesse de Châtillon. Isabelle-Angélique de Montmorency- Routeville, duchesse de Chàtillon, était née en 1626. Elle était surtout connue par sa beauté et ses avenlures galantes. Son intervention dans la diplomatie, pendant l'année i652, parut assez étrange. Elle épousa en secondes noces, en 1 66A . Christian-Louis, duc de Mecklenbourg . et mourut le 26 janvier 1696. (Voy. le Journal deDangeau, t. V, p. 1/19.)

elle ne se conclura jamais. Si on veut qu'on envoyé d'icy une ou deux Juillet i <>;>•.. personnes de condition avec pouvoir de terminer tout en vingt-quatre heures, on le fera; si on le veut faire de vostrecosté, on en sera bienayse. 11 n'y aura pas contestation sur les moyens de traiter la paix generalle. Pour ma retraite ', ainsy que M. de Gaumont- l'a proposé, le Cardinal s'y conformera aux expédions que M. le Prince jugera les meilleurs et se fiera entièrement aux paroles qu'il luy donnera; et pour les grâces, il me semble que la plus grande partie est accordée au point que les intéressez peuvent souhaiter. Plust à Dieu que M. le Prince et le Cardinal pussent estre une heure ensemble en la présence de Mme de Chastillon. et je crois [pouvoir] respondre que tout seroit accommodé avec satisfaction réciproque. Enfin je crois qu'on trouveroit des expediens aux choses qui sont contestées, si on pouvoit traiter par un autre moyen que de billets, ou de personnes sans pouvoir, et c'est un grand malheur que toutes les bonnes intentions, de part et d'autre, ne produisent aucun eflect, faute de se bien entendre. Je vous confirme tout ce que j'ay eu le bien de vous dire , et si vous avez quelque chose de décisif à me faire sçavoir, je vous conjure de venir en diligence icy, prenant une bonne escorte.

Aff. étr. . France, t. 269, fe 171 v°; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin.

— Copie du temps.

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