‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 28 sur 145 · AU COMTE D'HARCOURT · texte numérisé non relu

AU COMTE D'HARCOURT

Pontoise, 8 août i65a.

Vous verrez, par la lettre de M. Le Tellier, les ordres précis que le Roy envoyé à M. du Plessis-Belliere de vous aller joindre avec les troupes qui sont du costé de la Rochelle, pour vous mettre en estât de pouvoir terminer plus promptement le siège de Villeneuve3. Je les ay sollicitez d'autant plus pressamment qu'outre la passion que j'ay tousjours pour toutes les choses que vous desirez, je suis persuadé que les affaires de Sa Mté dans la province recevroient un préjudice notable si vous ne veniez pas à bout de cette entreprise.

1 Le sens est : dans le cas où les ennemis ViUeneuve-d'Agen ; mais il n'avait pu emiraient à Dunkerque. pêcher les ennemis d'y jeter des secours

2 La copie porte ici Betunes , et plus bas et avait été obligé de lever le siège dès le Bethunes. a août. Il accusait la Cour de laisser dépérir

3 Le comte d'Harcourt avait assiégé son armée.

Vous apprendrez aussy, Monsieur, par la îiiesine dcpesche, quelles Août ,r>r>a. sont les pensées et les intentions du Roy touchant la Catalogne. Je in 'asseure que vous vous y conformerez avec joye, puisque vous n'avez jamais eu occasion plus importante de signaler vostre zèle pour le service de Sa Mte ny de m'obliger plus sensiblement en mon particulier. Je vous advoue que je croy que le salut de cette province vous est réservé, et qu'on vous fournist en cela une matière d'eslever vostre gloire à un plus haut point quelle n'a jamais esté. Si, par quelques raisons que je ne prévois point, vous ne vouliez pas vous charger de cet employ, M. du Plessis-Belliere le pourra faire, et je vous conjure de luy donner toutes les assistances qui seront en vostre pouvoir pour s'en bien acquitter; mais je serois bien plus en repos du succez de cette entreprise, si vous la vouliez exécuter en personne, pouvant dire, sans vous flatter, que cette haute réputation que vous vous estes acquise parmy les ennemis, par tant d'advantages que vous avez remportez sur eux, leur rend vostre nom si redoutable qu'ils nesçauroient point [penser] que vous les allez attaquer, sans estre saisis d'une crainte qui contribue tousjours beaucoup à une défaite1. Il faudroit, en ce cas, que vous prissiez la peine de laisser de si bons ordres à vostre départ pour les troupes qui resteroient en Guyenne, que non seulement elles ne se dissipassent point, mais qu'elles se fortifiassent, s'il y avoit moyen, et vous leur pourriez promettre de les venir rejoindre en peu de jours. Comme j'ay travaillé avec M. Le Tellier à la depesche qu'il vous faict, je me remets aux autres choses qu'elle contient, et à ce que j'ay dict, de plus, de vive voix aux sieurs de Saint- Amand et de Piloys, à qui je vous prie de donner entière créance et destre bien persuadé que je suis avec plus d'estime et de cordialité que personne du monde, etc.

1 Toutes les flatteries de Mazarin ne pu- l'armée de Guyenne (août i652), traversa

rent calmer le ressentiment du comte d'Har- rapidement la France, se rendit en Alsace,

court, trui se plaignait de n"avoir pas obtenu passa le Rhin et se fit livrer Brisach par la

le gouvernement rie Brisach. Il abandonna garnison révoltée.

MAZARIil. Y. 1(>

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Août l65a.

Addition à celle lettre.

Comme le sieur de Piloys m'a entretenu, de vostre part, de beaucoup de choses avec grande satisfaction pour moy, puisqu'on ne peut rien dire de si obligeant, vous trouverez bon, Monsieur, que je me remette à sa vive voix et que je vous asseure du meilleur de mon cœur que ma plus forte passion est et sera tousjours de me voir en estât d'estre, sans aucune reserve, le plus asseuré de vos serviteurs.

J'ay dict confidemment audict sieur de Piloys Testât de mes affaires particulières et des [affaires] générales de l'Estat, afin de vous informer de tout, et ce qui se pourroit faire pour l'ajustement duquel est question.

Vostre voyage de Catalogne ne peut estre de plus de trois sepmaines. et j'ose respondre qu'il sera d'une dernière conséquence pour le service du Roy et tres-glorieux pour vous, et vous pouvez vous engager [prendre l'engagement] avec les troupes qu'elles reviendront avec vous en Guyenne dans ledict temps.

Aff. étr. , France, t. 269, f° i83 v"; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.

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