À M. LE DLC DE LA MEILLERAYE
Pontoise, 8 août i65a.
(extrait.)
Le Roy vous escrit pour vous faire sçavoir qu'il désire qu'au lieu de mille ou douze cens hommes, vous fassiez marcher tout vostre régiment pour s'aller embarquer sur les vaisseaux destinez au secours de Dunkerque. Je ne doute point que vous n'exécutiez avec vostre zèle accoustumé ce qui est de l'intention de Sa M*-1 en ce point; mais je ne puis que je ne vous tesmoigne que cela importe au dernier point
1 C'est-à-dire que ie payement aura lieu sans faute.
Août i(»52. à la seureté de la place, les Espagnols s'estant retirez sur la frontière à dessein de l'attaquer par force; et ils ont pris ce party-là plustost que d'entrer plus avant en France, parce qu'ils ne veulent donner d'assistance à M. le Prince qu'autant qu'il luy en faut pour entretenir les troubles, et non le rendre si puissant qu'on fust contraint de subir les conditions qu'il voudroit imposer, quelque dures qu'elles puissent estre, veu que ce seroit tousjours de façon ou d'autre faire cesser la guerre civile, et ce n'est pas leur compte.
Quoy qu'il en soit, vostre régiment ne pourra pas seulement servir à la deflense de Dunkerque, mais aussy prez de Sa Mté, où vous jugez bien qu'il ne manquera pas de matière de s'employer fort utilement. Vous agréerez que je me remette du surplus aux depesches de M. Le Tellier et que je me contente de vous asseurer que je suis tousjours plus passionnément qu'aucun autre, etc.
Addition.
J'ay entretenu confidemment M. Despannes de diverses choses, afin de vous les mander, ne voulant avoir rien de secret pour vous, soit pour ce qui regarde le gênerai, soit pour tous mes interests particuliers. Je vous conjure de donner des ordres précis pour le payement de soixante mille livres que la ville d'Angers a promis aux troupes qui firent le siège1 en déduction d'une plus grande somme qu'elle devoit au Roy. J'ay desjà payé les deux tiers pour cela à divers corps, et les autres me tourmentent continuellement pour avoir le reste2.
1 Voy. sur ce siège d'Angers, ci- dessus, Thierry, pendant que le Roi et ia Reine se p. 67, note 1. rendaient à Liancourt (auj. chef-lieu de can-
2 Gomme on Ta indiqué plus haut, Maza- ton de l'Oise). Michel Le Tellier accomparin , partant volontairement pour son second gnait la Cour, et c'est surtout h lui qu'est exil, quitta Pontoise le 19 août et se diri- adressée la correspondance de Mazarin. gea vers la Ferté-sous-Jouarre et Château- pendant son second exil.
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