À M. BARTET
Bouillon. 11 septembre i65l>.
Je n'ay pas faict response à vostre première lettre, parce que je vous
' La sœur du Chancelier, Jeanne Séguier, 2 La copie porte aux peuples de Paris ;
que Ton appelait la Mère Jeanne, était supé- c'est un lapsus évident,
rieure d'un couvent de religieuses de Pon- 3 La copie porte Bcrtet. J'ai déjà fait re-
loise, et, par affection pour elle, l'abbé de marquer (pie le nom de cet agent de Ma-
Montaigu protégeait le Chancelier. zarin est souvent altéré.
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croyois en chemin. \ présent, je vois, par celle du 8"v, comme toutes Septemb. choses se sont passées avec M. de Lorraine, lequel vous sçavez avec quelle passion j a\ souhaité de voir estroitement uny au Roy '. J'espère qu'à la fin cela sera, s'il ayme mieux travailler pour son advantage (jue pour celuy <l<vs autres, et, pour le surplus, je ne sçay pas si nous avons raison de nous plaindre de luy: car il avoit promis aux Espagnols d'amener le secours aux princes, el à nous de nous donner un petil chagrin, et, en ce qu'il a faicl, il a tenu sa parole à tous deux. Quand il v aura jour d'espérer que ce prince soit plus disposé à conclure qu'à négocier, je me souviendray de demander un voyage pour vous; car il ne me semble pas qu'à présent il y ayt rien à faire. Au reste, je ne doute point que les Serafns (sic)'2 ne vous en fassent faire un pour parler aux Gens des bois prez de la mer'\ et vous recognois- Irez alors que les Dénions cl la Vigne* sont tousjours tres-chers aux Habitant de Sedan6. \ ous le pouvez croire; car j'en ay de bonnes nouvelles, et que je suis entièrement de vos amis.
Bibl. Mazarine, vas. n" 1719, t. III, f° 26. — Copie du temps.
À M. LE TELLIEU.
Bouillon, ia septembre i652.
Je songe que, s'il faut faire quelque action solemnelle h Ponloise, il seroit bon d'y envoyer Monsieur le Chancelier et M. le Garde des
1 On a vu ci-dessus, p. 202, note 2, que des bois. On sait, par les lettres de Ma- Mazarin n'avait pas communiqué sa véri- zarin publiées par M. Ravenel, que le Cartable pensée à Bartet; il se servait de son dinal est souvent appelé Y Homme des bois intermédiaire pour amuser, par des négo- et la Mer dans le langage de convention (dations, le duc de Lorraine. adopté pour la correspondance qu'il entre-
1 La Reine. tenait avec la Reine.
Cette péripbrase désigne Mazarin. La ' Barlet.
copie porte aux gens de bois au lieu de gens 5 Mazarin.
Sepiemb. i65a, sceaux, pour l'autoriser par leur présence; cl si l'on parloit un peu des grosses dents aux conseillers qui sont dehors de Paris, et font les indifferens, je croy que le nombre de ceux de Pontoise augmenterait de beaucoup. Il me semble aussy qu'il est bien estrange que le frère de Sainctot1, et plusieurs autres, dont les paréos sont à la Cour et ont esté favorablement traitez, ne soient pas encore sortis de Paris pour se rendre à Pontoise.
Je vous diray encore, sur le rasement de Mouron2, que, si M. le Prince n'en empesclie la continuation par l'accommodement, mon advis est que M. de Turenne luy fasse response, ou, si elle est desjà faicte, luv envoyé dire par un trompette que, si l'on touche à aucune maison de ceux qui sont dans le service du Roy, Sa Majesté commencera par l'aire raser les siennes, et généralement toutes les autres qui sont auprez de Paris, appartenant à ceux du party des princes. Et en ce cas. je ne croy pas que MM. de Nesmond 3, de Maisons", Pontcarré 5, Viole6. Coulon7, Perraut8 et autres, ne travaillent avec succez à apaiser la colore de M. le Prince.
' Nicolas Sainctot ou Saintot était, comme on ta vu , maître des cérémonies ; son frère est cité dans le Tableau du parlement de Paris parmi les conseillers-clercs et est caractérisé dans les termes suivants : «■ Beaucoup de capacité et dadvantage de probité ; a acquis grande réputation et grande estime dans sa compagnie. ■» ( Corrcsp. administrative sous Louis XIV , t. 11, p. 3q.)
! Mouron ou Montrond , dont on devait raser les forticalions.
1 Voy. ci-dessus, p. 70, note 1.
1 René de Longueil , marquis de Maison*. (Voy. le t. IV, p. Gi, note 1, des Lettres de Mazarin.)
b Le Tableau du Parlement (ibid., p. Z17 ) mentionne, dans la 2e Chambre des Enquêtes, un Camus Pontcarré, dont on dit : « ne manque pas de suffisance et de capacité , etc. »
6 Voy. sur le président Viole, le t. IV. p. 20, note 2, des Lettres de Mazarin.
7 Jean Coulon . conseiller au parlement de Paris, avait épousé» Marie Cornuel, qui a son historiette dans Tallemant des Reaux (t. V, p. 32, édit. Tecliener, in-8°). On \ voit que Coulon était fort maltraité dans les mémoires et chansons du temps.
8 Perraut ou Perrault était président à la Chambre des comptes et un des principaux conseillers de Condé.
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Septemb. i65a>
c\ii.
Arcli. luit., kk. t. 199 i . f .'îy.'i; minute. — AlF. e*tr., France, t. 269; t. 3o du recueil des Lettres de Muzarin, f° an v°. — Copie du temps.