‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 66 sur 145 · TUAIT · texte numérisé non relu

TUAIT

Sedan, 18 octobre i65a.

Je suis Ires-marry de ce qui vous avoit obligé à ce voyage1; mais j'espère que vous reviendrez à la Cour, délivré de toutes sortes d'inquiétudes. Je vous suis obligé des nouvelles que vous me donnez. Comme les Docteurs- sans Esjrril3 ne sont pas considérables, je ne m'estonne pas qu'ils taschent d'en avoir et qu'à la fin ils en viennent à bout. Je prie Dieu que les Docteurs ayent bonne intention. S'il arrivoit autrement, il auroit mieux valu les combattre ignorans que bien spirituels; mais si ce malheur arrive, on fera ce qu'on pourra. Je vous réplique pourtant que j'ay tousjours bonne opinion du Sang*1 et le crois bien disposé pour les Gens, du bois5.

Pour le Vieux Pécheur6, il auroit grand tort, s'il n'avoit beaucoup (1 amitié pour la Mer1; elle luy a acquis et conservé d'assez bonnes marchandises, et toutes les poursuites des Incertains 8 et les bra-

1 II semble, d'après ce passage, que Barlet s'était rendu à Sedan pour se disculper de quelque faute.

2 Le mot Docteur ou les Docteurs désigne le cardinal de Retz.

3 Par le mot Esprit, il faut entendre la duchesse de Chevreuse. Mazarin veut dire que Retz. Bans cette duchesse, est peu redoutable.

' La duchesse de Chevreuse est désignée tantôt sous le nom du Sang , tantôt sous celui d'Esprit. Mazarin contredit ici l'opinion

qu'il a émise, p. 4oo, en écrivant à l'abbé Fouquet, et qu'il répète encore plus loin, p. 607.

5 Mazarin. La copie porte les Gens de bois. D'après la clef publiée par M. Ravcnel, les mots Yllotnme du bois ou les Gens du bois désignent Mazarin.

6 Laigues, confident de la duchesse de Chevreuse.

7 Mazarin.

' La clef donne, pour les mots Incertains et Vaillants , un seul nom , Condê.

Octobre i65«. veures1 (sic) des Vaillans n'ont rien gagné dans la Mer (Mazarin), au préjudice du Vieux Pécheur (Laigues). Je puis répliquer ce que je dis à Sully2. Il s'agissait de faire partir les Muets3 à propos et de fixer en faveur des Vaisseaux cl des Galères'1 nostre prince errant3 par le moyen du Sang (Mmi: de Ghevreuse), de façon que ce n'estoit pas luy dire grande chose que luy faire espérer de plus grands bonheurs, s'il avoit le bonheur de réussir aux choses pour lesquelles il estoit envoyé. Je vous puis asseurer que les Gens de Sedan (Mazarin) seront tousjours bien disposez pour luy. Je me resjouis avec vous de ce que la Vigne (Bartet) profite extrêmement des advis du Ciel&. Sa dernière lettre me l'a bien faict cognoistre. Dictes luy, de ma part, qu'il s'en trouvera bien et que je le sçais de tres-bon lieu.

Je suis bien ayse du voyage qu'on vous a promis7; mais je ne voy pas que les choses se disposent en sorte de vous obliger à l'entreprendre sytost, nonobstant la bonne opinion que vous tesmoignez avoir de cette ville; mais le gouverneur8 est si prudent que je vous puis asseurer que rien n'est capable d'y exciter des troubles, et qu'elle sera tousjours calme quelque chose qui puisse arriver. Je vous prie de dire à mon Mareschal0 qu'il y a grand pouvoir. Vous vous souviendrez qu'à vostre départ je vous dis sérieusement que je voulois avoir l'amitié de la personne où l'on boit quelquefois à ma santé 10. Je luy ay escrit la mesme chose avec sincérité, et j'apprends qu'elle se plaint et ne le croit pas. Je demande justice.

1 Dans le sens de bravades.

" Lorsque la Cour était à Sully-sur-Loire. (Voy. ci-dessus, p. 67, note 2.)

J Retz, d'après la clef de M. Ravenel.

1 Vaisseaux et galères désignent le Roi.

5 Ces derniers mots nostre prince cirant ne sont pas expliqués dans la ciel' publiée par M. Ravenel. Je crois qu'il faut entendre, par cette phraséologie bizarre, que la mission de Laigues avait pour but d'assurer à Paris une demeure fixe au Roi, qui errait alors dans les provinces.

c Ce mot désigne Mazarin.

' Il s'agissait probablement d'un nouveau voyage que Rartet devait faire à Sedan pour conférer avec Mazarin.

8 Fabert était gouverneur de Sedan; mais je crois qu'ici Mazarin se désigne lui-même par les mots gouverneur de Sedan. Il habitait ;ilors cette ville , et veut probablement faire entendre qu'il y était parfaitement calme.

9 Ce nom ne se trouve pas dans la clef. Il désigne peut-être Rartet.

10 Probablement la Reine.

On ne m'a rien escrit de Gazai. C'est pourquoy je suis en grande Octobre i65a. inqnietiule de ce que vous nie mandez de la perle de la ville1.

CLWII1.

AIT. étr. , France, t. 269, f° 327; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. —

Copie du temps.

A M. SERVIEN

Sedan, 18 octobre i65a.

M. de Marande2, estant tombé malade à Soissons, m'a envoyé vos lettres du 1 1 et m'a escrit assez au long sur le point de l'alliance 3. Je ne m'estendray pas icy sur ce sujet-là, parce qu'il faut pouvoir parler pour s'entretenir à fond des matières de cette nature. Ce que je vous puis dire est que je persiste tousjours à vouloir faire aveuglement toutes les choses qui seront capables de contribuer au bien du service du Roy. Prenez la peine, s'il vous plaist, de m'envoyer un mémoire de celles qu'on propose, et je l'apostilleray de mes responses sur chaque article, afin que l'on puisse mettre la dernière main à cette affaire. Je croy que vous jugerez aussy bien que moi qu'il n'y a rien à faire quant à présent pour le baston de mareschal de France, par les raisons que tout le monde sçait4; mais l'alliance estant faicte, on ne manqueroit pas de moyens de mettre les personnes en estât de pouvoir mériter cet hon-

1 11 n'y avait dans Casai qu'une faible garnison française. Les Espagnols , agissant au nom du duc de Mantoue qui en réclamait la souveraineté, s'étaient emparés de cette ville le 10 octobre i652. Le gouverneur se retira dans la citadelle et s'y défendit jusqu'au ■ai octobre.

1 M. de Marande était maître d'hôtel du Roi (Journal de Dubuisson-Attbenay, I, 265).

3 On verra , dans d'autres lettres de Mazarin, que le comte du Daugnon, avec lequel

on traitait pour lui enlever Brouage, demandait trois choses : 1 ° une alliance avec une des nièces, ou parentes, de Mazarin; 20 le bâton de maréchal de France ; 3° une indemnité pécuniaire. On finit, en 1 653 , par lui accorder les deux derniers points.

4 Comme on avait promis à plusieurs autres personnes la dignité de maréchal de France, on ne voulait pas faire de promotion immédiate. Le comte du Daugnon ne l'obtint que l'année suivante.

odoi.iv itiaa. neur ci l'obtenir avec justice, et elles ne doivent pas douter qu'alors on ne fasse de bon cœur tout ce qu'il faudra pour cela.

Quant à l'autre point de vos lettres, je me remets à ce que j'en escris à l'abbé Ondedei l, vous priant de croire que j'auray tousjours plus de passion qu'aucun autre pour tout ce qui vous regarde, et j'espère que je sera y assez heureux pour vous en donner quelques marques.

J'eusse esté ravy de pouvoir parler à M. de Maraude ; car, comme il est instruit à fond de l'affaire dont il me devoit entretenir, j'eusse pu, en un quart d'heure, régler avec luy toutes choses, et luy dire franchement jusqu'où je pouvois aller. Je vous prie de vous souvenir sur cecy qu'il ne faut pas parler des nièces2, mais d'une parente.

Ëibl. nat. , ms. f. IV., t. G891, f° 211 ; original chiffré. — Ëibl. Mazarine, ms. 1719, t. HI, f" 1 5 h. — Copie du temps.

À M. LE TELLIER

Sedan, 18 octobre 1602.

(extrait.)

La lettre que vous m'avez escrite du hmc de ce mois, en partant de Pontoise, m'a esté rendue par un valet de pied du Roy. Je n'en ay point receu depuis celle-là, et je suis en peine d'un bruit qui court icy qu'on a destroussé, vers Compiegne, un courrier depesché de la Cour. Je ne sçay si ce ne seroit point celuy qui me doit apporter la conclusion et le détail de raccommodement que vous me mandiez estre sur le point de s'achever avec S. A. R.; mais je l'attends avec l'impatience que vous pouvez juger. Je croy que vous n'aurez pas oublié ce que je vous ay escrit, par Seyron, touchant l'assemblée des troupes de la frontière,

1 Voy. la lettre de Mazarin à Ondedei en Le Tellier et Nicolas Fouqnet. Servien dedate du 19 octobre i65q. Servien deman- vint plus tard chancelier de l'Ordre, dait la charge de trésorier de Tordre du ' Pour le mariage sollicité par du Dau- Saint-Espril, que sollicitaient aussi Michel gnon.

afin qu'on tout cas nous ne demeurions pas les bras croisez, tandis que Octobre i(>.r)o. le Roy a si grand besoin d'estre assisté de tous ses fidèles serviteurs, et j a y grande haste de sçavoir la resolution qui aura esté prise làdessus.

Je vous prie de vous bien souvenir que Leurs Ma j estez et S. A. R. ne peuvent estre ensemble à Paris dans les conjonctures présentes, et je croy, quelque chose que l'on puisse dire là-dessus, que l'on n'y doit pas consentir; car, quoyque je ne veuille pas croire absolument tout ce que l'on dict de l'intelligence de S. A. R. avec M. le Prince et M. le duc de Lorraine, et qu'elle agist de concert avec eux en toutes choses; qu'ils sont asseurez qu'elle le fera encore à l'advenir; que M. le cardinal de Retz aura toute la confiance de S. A. R., ayant faict son accommodement avec M. le Prince par le moyen de M. de Lorraine, neantmoins, je ne voudrois point jurer qu'il n'y en eust une partie de véritable, et que ledict cardinal, que je sçay qui recherche tout le monde et est lié plus que jamais avec Mme de Chevreuse, n'ayt desjà disposé tous ses ressorts pour les faire jouer, s'il y voit jour, lorsque le Roy sera dans Paris afin de faire naistre au moins des incidens qui empeschent mon retour; mais si l'accommodement de S. A. R. [avec le Roi] se faict, je ne sçay pas comment les plus critiques pourront empescher que je ne sois compris ou dans l'amnistie ou justifié par une déclaration à part, et, en ce cas, le Roy me peut rappeler à l'instant, et si l'accommodement de S. A. R. vient à se rompre, comme celuy de M. le Prince, la considération du peuple ne doit plus empescher mon retour, puisque, comme l'on a dict mille fois, il aura veu que je n'estois que le prétexte, et vous sçavez de quoy l'on est convenu là-dessus avec les principaux du parlement de Pontoise, lesquels je croy trop gens d'honneur pour manquer à la moindre des choses qu'ils ont sy solemnellement promises à mon esgard. Je croy qu'il ne sera pas difficile d'obliger ceux qui viendront vers le Roy de le supplier de retourner à Paris sans condition1, et c'est tout ce que je puis désirer. Je suis persuadé que

1 Sans imposer au Roi aucune condition.

Octobre i65a. vous songez plus que moy-mesme à ce qui me concerne; neantmoins j'ay creu que vous ne trouveriez pas mauvais que je vous dise ainsy les choses qui me viennent dans l'esprit.

J'avois oublié de vous dire qu'à l'esgard du bois de Vincennes ', d'Anlibes et de la Bastille, en cas qu'elle2 soit remise entre les mains du Roy, mon advis seroit qu'on envoyast aussylost un exempt des plus capables en chacune des deux premières places pour y commander de la part du Roy, escrivant aux deux officiers qui commandoient dans Antibes sous M. de Ghavigny pour les asseurer que Sa Majesté les considérera pour queîqu'autre employ, et leur fera du bien aux occasions; et, en effet, je vous responds qu'ils le méritent, estant gens d'honneur et des meilleurs officiers qu'il y ayt en France. Vous remarquerez que je dis un exempt, et non pas des lieutenans et des enseignes des gardes du corps, parce que, dans Testât où les affaires sont à présent, il seroit à craindre qu'ils n'entrassent incontinent en prétention; et quant à la Bastille, j'estime que, le Roy en estant le maistre, on ne sçauroit mieux faire que d'y mettre un capitaine aux gardes avec sa compagnie pour y demeurer huict jours, aprez lesquels il seroit relevé par un autre aussy avec sa compagnie pour y commander un semblable espace de temps, changeant ainsy de semaine en semaine jusques à ce que Sa Majesté y ayt pourveu. Je me remets pourtant à ce qui sera advisé pour le mieux, parce qu'il y peut avoir des raisons qui feront juger plus à propos à ceux qui sont sur les lieux d'en user d'une autre manière.

1 On a déjà dit que Chavigny était gouverneur de Vincennes et d'Antibes. Ces deux places furent remises au Roi, qui en donna le gouvernement à Mazarin. Quant à la Bastille , le gouverneur était La Louvière , fils du frondeur Pierre Broussel. La Louvière avait été nommé à ce poste par le duc d'Orléans, à l'époque où ce prince exerçait les fonctions de lieutenant général du royaume.

2 Le pronom elle se rapporte à la Bastille. La Louvière refusa d'abord de remettre cette forteresse à l'exempt envoyé par le Roi pour en prendre possession ; mais apprenant que l'on allait attaquer la Bastille avec de l'artillerie et qu'on le menaçait de le pendre lui-même aux portes de la prison, il se soumit aux ordres du Roi et sortit de la forteresse.

__„^___ ==__=======__________ Octobre i 6«

Ail'. i'(r. . France, t. 969, I 3a8; 1. 3o du recueil dos Lettres de Mazarm. —

Copie du temps.

\ ONDEDEI

Sedan, 19 octobre i(i5i2.

( K\rnuT.)

Après lui avoir parlé de M. de Bordeaux, de l'abbé Fouquet, du cardinal Bichi et des diverses charges laissées par Chavigny, Mazarin continue ainsi:

lo non credo che nessuno possa invidiarmi il bosco di Vincennes, quando le Loro M"1 iiieno facciano gratia, non havendo, dopo 2 5 anni1 che servola Francia, ne anco, un buco da inciter le mie scritture. Per il governo d'Antibes, ch' io spero ancora d'ottenere délia bonta délie MM" Loro, il mio pensiero è di mettervi qualeheduno di miei, e di disporne poi, 0 per survivenza. 0 in altro modo, a favore di M. de Mercurio; ma tutte le ragioni vogliono che io cominci per entrante in possesso, essendo a proposito per conservarsi 1' amore e la stima di parent! d' baver sempre in mano qualche cosa che gli accommodi. Sopra di che sara bene che voi stiate avvertito che il duca di Mercurio non si impegni a dimandare almeno che vi si metta Flein2, poiche io non voglio in modo alcuno far torto a i miei, che sono in gran numéro e che havrebbero giusla occasione di dolersi se vedessero ch' io preferisse a loro servitori degl' altri.

Por la carica di thesoriere dell' Ordine3, credo d' baver bavuto dieci corrieri di Parigi , délia Corte e di Pontoise ; ma sull' avviso che M. Fabert mi porto a Buglione, il giorno avanti ch' io partissi per venir qui, dell'

On a déjà lait remarquer que Mazarin liomme. On \ oit ici qu'il était spécialement

t'ait dater ses années de service en France attaché au duc de Mercœur, qui lui desti-

<le l'époque où il s'v rendit avec une mis- naît le gouvernement d'Antibes.

«mn du pape Urbain VIII. Voy. ci-dessus, p. /106, note i, où il

: Il a été souvent question de ce gentil- a été question des principaux compétiteurs.

■AZAUR. — r. 5a

•cuAre H')', estremita del malediM. de Chavigny, benche non havessedovuto parer strano che io la dimandassi per tirarne qualche somma considerabile,

essendo ridotto nello stato clie ogn' uno sa, montre non liô di che vivere (il che è si vero che dopo esser stato qnatro anni senza godere i miei beneficii, Colbert mi scrive che non doveva sperarne cosa alcuna; per altra parle, ho dato quanto haveva al Rè e perdu ti per buo servitio tutti i miei mobili , a segno che non mi resta con che parare un appartamento) , nientedimeno considerando le nécessita presenti dello Stato e particolarmente la précisa [nécessita] che il Rè hà di applicare tutti i modi possihili per rinfbrzare i suoi eserciti, scrissi alla Regina che, per mio consiglio, il Rè doveva riservare ladelta carica per cavarne il più che Cosse stato possibile e applicarlo aile dette spese, e voi sapete che ne hô attenuato qualche cosa a voi medesimo in questa conformita.

Io desidero con passione gl' avvantaggii e le sodisfattioni di M. Servient (sic), stimandolo molto, amandolo con tenerezza et essendo persuaso che non sià solamente uno de più capaci, fermi e risoluti servitori che il Rè habbia, ma uno de miei megliori amici e che desidera più sinceramente i miei avvantaggii. Vedo le propositioni che là; ma non sa corne potermi dispartire da qnello che con tanto fondamento ho scrilto alla Regina in questo particolare. Ad ogni modo, corne spero di dover esser fra pochi giorni alla Gorte, ini rimetto ad esaminar ail' hora il negotio con pensiero di non dimenticar alcuna cosa che serva a stabilire il detto domino Servient nella carica1 che hà, con il consento dell' abbate délia Riviera2, ch'è quello che, a mio parère, è di maggior riputatione a M. Servient, che è nato gentilhuomo e pool (sic) possedere la carica de cancelliere e guarda-sigilli dell' Ordine.

Quanto al bosco di Vincennes, io non mi conformo al parère di M. Servient di mettervi uno capitano del guardie, ma si bene un es-

1 II s'agissait de la charge de chancelier Esprit; mais ce passage prouve qu'il laisde l'ordre du Saint-Esprit, comme on le voit sait Servien en exercer les fondions. Ce dans la note suivante. dernier portait, depuis i648, le titre t\o

2 L'abbé de la Rivière était titulaire de garde des sceaux de l'Ordre ( Dici. de Mola charge de chancelier de l'ordre du Saint- reri) , article Esprit (Saint-).

DU CARDINAL MIAZARIN. 411

-t'iil»'1, galauthuomo. che si potra far relirarc senza iiessuna dillicolta Octobre i65i quando si verra. P«i la Rasliglia. è eh' io credo a proposito. per la raggione she M. Senieui aceenna, di darne presentemente la custodia ai capitaui délie guardie che potrebbero cambiarsi ogBÎ olto giorni. A \nlibo ancora, il Rè potiebbe inviare un esseulé de piû capaci, poiche difficil mente, nello slalo présente délie cose, non si pool [sic) mandare un locotenente o insegua, senza die non entri subito in pretentioue; ed in questa conformita penso di scrivere a M. le Tellier.

Mazaiin termine eu parlant à Ondedei, comme il l'a l'ait dans plusieurs autres lettres, des craintes que lui inspirent les intrigues de Retz.

GLXX1.

Bibl. nat., ras. f. Ir. . t. 68yi, f" -i-j.-?. ; original chiffré. — Bibl. Mazarine, ras. il" 1719. I. III. f" 162. — Copie du temps.

À M. LE TELL1EB

Sedan, J9 octobre i05a.

(situait.)

Je n a\ qu'à louer toutes les résolution^ qui ont esté prises à l'esgard du voyage de Leurs Majestez, et prier Dieu, comme je fais de tout mon cœur, qu'il veuille besnir leurs bonnes intentions et les combler de tontes sortes de prosperitez.

H n'\ a rien à adjouster à la fermeté des responses que l'on a laides touchant ledict accommodement'2, et je m'asseure qu'on persistera à n'accorder rien davantage sans appréhender que cela soit capable d'en empescher la conclusion, et le changement de scène, qui se remarque dans Paris, estant le principal point qui oblige S. A. R. à \ donner les mains, il y a apparence que, comme cela augmentera de plus en plus par l'approche du Roy vers ladicte ville3 et la resolution de

I n exempt. tit de Paris et se retirât dans un des châ-

1 Les conditions accordées au duc d'Or- teaux de son apanage. léans. On a vu cpie le Roi exigeait qu'il sor- 3 L'entrée du Roi à Paris eut lieu, comme

i octobre 1 <>•")•.•

Leurs Majestez d'y entrer, ladicte Altesse souhaitera d'autant plus de sortir d'affaire, et je ne me fusse pas mis en grande peyne d'insister -;iir la sortie de M. de Beaufort; car dans Testai où sont ies choses, il n'eust pas esté si hardy que d'y vouloir demeurer malgré le Roy, el l'on auroit pu espargner les cent mille francs et les petits chiens1. Ce que je vous en dis pourtant n'est qu'en passant; car cela n'est qu'une bagatelle, et, de quelque manière qu'il2 s'ellectue, tout est bon.

J'approuve fort tout ce qui a esté résolu pour l'amnistie3, et à l'esgard de M. de Rohan'; car il est de la dernière importance de tenir bon sur ces deux points par les raisons que je voy qui ont esté tresprudemment considérées dans le conseil du Roy. Quand je vous ay mandé que je ne me souciois pas d'estre dans l'amnistie, je croyois qu'il n'y auroit nulle difficulté à vérifier une déclaration à part pour ma justification; car, autrement, il auroit fallu que j'eusse perdu le jugement pour ne pas insister à estre compris dans l'amnistie; mais je croy ce point en bon estât si l'on exécute ce qui est porté par la response que l'on a rendue là-dessus, puisque, si l'on y énonce tous les arrests [et] la déclaration rendue contre moy, je n'ay rien à souhaiter de plus.

Je voy le favorable jugement que vous faictes des intentions de S. A. R. pour l'accommodement. Pour moy, je vous diray librement que je crov tousjours qu'elle ne s'y porte que par pure nécessité. Je le croy en

on t'a dit, te 2 1 octobre 1602. Il avait quitté Pontoise le 1 7, et s'était rendu à Saint-Germain-en-Laye, où il reçut, te 18, les colonels et les capitaines de la milice parisienne, qui le pressèrent de rentrer dans sa bonne \ille de Paris et d'y ramener les membres du Parlement qui s'étaient rendus à Pontoise.

1 D'après ce passage , la Cour a\ ait acbelé la retraite de Beaufort en lui donnant cent mille francs et la charge des petits chiens | partie de la meute royale).

"' Le pronom il se l'apporte au mot départ, qui est sous-entendu.

L'amnistie fut publiée dans la séance royale tenue au Louvre le aa octobre. Dix membres du Parlement en furent exceptés, deux présidents des Enquêtes : Viole et de Thou, et les conseillers : Broussel, Fouquet- Croissy, Coulon, Fleury-Machault, Maitineau , Bilaut, Geniers du Coutlray et Portail. (Lettre de Le Tellier à Mazarin, en date du 20 octobre i652. Le Tellier y annonce à Mazarin ce qui doit se faire.)

' Les ducs de Beaufort et de Bolian furent exceptés de l'amnistie, comme te demandait Mazarin, ainsi que La Boulaye. Fontrailles et autres personnages moins importants.

outre en très-bonne intelligence avec M. le Prince et M. de Lorraine; Octobre i65a. cjue tous deux lu\ l'ont espérer de taire la paix générale et de lu\ donner la principale pari dans la gloire de conduire à sa perfection mi si grand ouvrage, et comme la crainte est le vray nio\en par lequel on agit plus heureusement sur l'esprit de ce prince, il ne faut pas douter que les deux autres ne lu y ayenl donné impression que le Roy ne pourra résister à tout ce que l'on va entreprendre contre Sa Majesté, de concert avec les Espagnols; de quoy M. le duc d'Orléans estant persuadé , et ne pouvant pas se guérir si aysement de la méfiance qu'il a de la Cour, il croit se pouvoir mettre à couvert en entretenant cette intelligence. J'estime donc (pie cet accommodement n'est pas sincère, et que S. A. R., en y donnant les mains, songe [dus à favoriser le parti de M. le Prince qu'à servir le Roy.

Mademoiselle1 sera un dangereux instrument auprez de S. A. R.; car elle est hardie et entreprenante, et dans la dernière liaison avec M. Prince et avec M. de Lorraine, et je sçay de tres-bon lieu que, depuis le départ de M. le Prince, il y a eu continuellement des valets de pied qui vont et qui viennent'2,

J'ay esté bien ayse de voir la copie de la lettre escrite à M. le Prince par celuy qui laict ses affaires à Rruxelles; mais je n'en a vois pas besoin pour me confirmer dans l'opinion que j'ay tousjours eue, depuis le refus des conditions que l'abbé Fouquet luy porta, qu'il n'a voit aucune veine qui tendist à raccommodement; car il y a de certaines choses qu'on voit bien qui ne sçauroient estre d'autre manière qu'elles paroissent. Cependant vous sçavez qu'il ne manquoit pas de gens qui vouloyent que AI. le Prince eust envie de s'accommoder, pourveu qu'on le satisfist sur les autres points qu'il demandoit.

M"c de Montpellier lui exilée, ainsi 3 M"' de Montpensier reconnaît dans ses

que plusieurs autres dames qui avaient pris Mémoires (t. H, p. 196 et suiv. , de l'éd.

pari aux troubles de ta Fronde. Mademoi- Charpentier) que te parti des princes avait

selle se retira à Saint-Fargeau, dont techâ- toutes ses sympathies'. Elle continua, pen-

teau lui appartenait. (S'-Farjjeau fait main- dant son exil, à entretenir des relations avec

tenant partie du déparlement de l'Vonne.) Condé (t. Il, p. 218 et suiv.).

/ll'l

Octobre ni.» Je vous conjure de vous souvenir du secours de Barcelone prei'era-

hlemenl à tout le reste, sans permettre quoi) néglige aucune des assistances nécessaires j)our cela, sous prétexte des nouvelles (ju'oiia de ce pays-là : qu'il y entre tousjours quelques vivres à la lavent 'des vents qui régnent en cette saison; car vous voyez bien que, si ladicte ville devoit languir longtemps sans estre délivrée tout-à-fait par un secours décisif, elle ne pourroit esviter de succomber à la (in.

M. Servieu ne m'a jamais rien escrit des allaites de Hollande nv d'Angleterre l; c'est pourquoy je ne vous puis rien mander là-dessus. Je vous dois répliquer seulement que le service du Koy requiert que Ion y songe prompteinent et sérieusement.

C'est une estrange resolution que celle que le duc de Mantoue'2 a prise. Il la faut considérer comme un elî'ect de la jeunesse et de l'inexpérience de ce prince et de la passion que sa mère3 a tousjours eue contre la France. 11 me semble qu'il seroit tres-a-propos d'envoyer un gentilhomme à tous les princes d'Italie sur cette défection du duc de Mantoue, et sur la facilité que les Espagnols prétendent avoir par là d'y faire de grands progrez et de venir à bout des -desseins qu'ils couvent depuis longtemps, dont ils se sont desjà déclarez plusieurs fois avec assez grand bonheur; mais surtout il se faut adresser à la republique de Venise et à celle de Gènes, qui certainement, pour peu de jour qu'elles voyent à y pouvoir réussir, y contribueront de leur possible, ou sous main, ou à descouvert4. Cependant il seroit bon d'en parler sérieusement à l'am-

1 On a déjà vu que la guerre avait éclaté entre les deux républiques maritimes de Hollande et d'Angleterre. (Voy. ci-dessus, p. 3o6, note 5.)

2 Charles II de Gonzague , duc de Mantoue et de Montferrat, vécut jusqu'en i665. Il s'était fait l'allié des Espagnols dans l'espoir de rentrer en possession de Casai.

5 La mère de Charles II de Gonzague était Marie de Gonzague, mariée à son cousin Charles de Gonzague , duc de Kethelois. De

ce mariage étaient issus Charles II de Gonzague et trois princesses, dont deux eurent un rôle important : Marie-Louise de Gonzague, reine de Pologne, et Anne de Gonzague, connue sous le nom de princesse palatine. La troisième était Bénédicte de Gonzague, abbesse d'Avenai ^abbaye de Bénédictines du diocèse de Reims i.

' Le sens est : contribueront à s'opposer aux progrès des Espagnols , si elles y trouvent jour.

DU CÀRMN \L MAZARIN. 518

bassadeor de Venise ' et an marquis Palaticoini^, leur Taisant cognoistre Octobre h-; que le \\o\ est résolu de mettre le toal pour le tout pour Bauver Gazai ci empescber que les Espagnols ne réussissent à ravir la liberté à l'Italie . eomme leur ambition leur eu a laid former le projel de longue main'; mais qu'il faut aussv que les princes d'Italie, lesquels \ oui tant d"mfeerest, secondent les bonnes volontezde Sa Majesté pour foire succéder le tout ainsj que le bien commun le requiert.

Je vous prie de ne rien oublier afin de presser le passage en Piedmonl de toutes les troupes <|ui y sont destinées, et si Ion pouvoit se passer, en l'armée du Roy, des trois regimens <pii sont à Mouron (Montrond), je persiste à croire qu'il les y faudroit envo\er. Mais pour unis parler librement . ce qai me l'aict de la peine en cette allaire, c'est de ne voir pas un bomme qui a\l toutes les qualité/. re(fiiises et assez de cognoissance des inleresls et de l'assiette de ce pays-là pour y bien commander.

Je viens d'avoir nouvelle, de Guyse, que les ennemis entroyent. Il faut absolument que ce soit pour donner la main à M. le Prince, afin qu'il puisse aller l'aire sa conférence avec l'uensaldagne, aprez laquelle on te doit tenir pour dict que ledirt Prince et M. de Lorraine, assistez des forces d'Espagne, dont ils auront creu avoir besoin, travailleront à prendre leurs quartiers d'hyver, et infailliblement ce sera du costédela Bourgogne, ne doutant point que les Espagnols ne leur abandonnent la Franche-Comté. Pour moy, je suis persuadé qu'on peut les en empescher, et ruiner leur armée par la maxime receue parm\ tous les gens de guerre, qu'une armée quoyque inférieure, dans son propre pays, peuten empescber une plus grande d'y prendre ses quartiers; car si elle se tient tout ensemble, elle ne peut subsister, et si elle se sépare, elle sera exposée à voir tousjours enlever quelqu'un de ses quartiers. H faudroit donner

1 Jean Sagredo triait alors ambassadeur sadeur, sous ce litre : Lettere inédite di mes-

de Valise en France. Il fut ensuite ambas- ter Giovanni Sagredo. sadeur en Angleterre. Un de ses descendants, ' Tobie. marquis Pallavicinï, ou Patla-

Agostino Sagredo. a publié à \enise. en viccini, fut nommé maréchal de camp en

i83q, un recueil des lettres de cet ambas- |656. Il était Piémontais.

'ih> LETTRES

Octobre i65a. ad\is. sans perte de temps, à Monsieur d'Kspernon ' du dessein de M. le Prince, luy recommander de bien fortifier ses corps, l'asseurer qu'il sera ])uissamment assisté, et luy mander de faire tenir prestes les milices. de jeter du monde dans les chasteaux, rompre les passades et faire tout ce qu'il jugera plus à propos pour s'opposer au dessein des ennemis. 11 seroit bon aussy en mesme temps de faire résoudre par MM. de Turenne et de La Ferté-Senneterre ce qu'ils auront à faire, lorsque les ennemis marcheront pour aller exécuter ce projet, afin qu'ils prennent leurs mesures de bonne heure, et préparent ce qui sera nécessaire pour les en empescher. Je croirois aussy à propos qu'on fist sçavoir aux Francomtois, par le moyen de M. d'Espernon et d'un homme qui est à Paris faisant leurs affaires, lequel est connu de M. le mareschal de Villeroy, le dessein des ennemis, parce que, s'agissant de leur propre conservation et ayant la neutralité2, il se pourroit faire qu'ils agissent de concert avec nous pour se garantir d'une si dangereuse visite.

GLXXII.

Bibl. nat., ms. f. fr., t. 6891, f° 229; original chifïré. — Bibl. Mazarine. iris, n" 1719, t. lit, f" 157 v°. — Copie du temps.

À M. LE TELLIER

Sedan, ao octobre 16Ô0.

(extrait.)

Vous aurez veu que, sur la resolution qui avoit esté prise de mettre en liberté M. d'Angoulesme, je vous ay mandé qu'on ne devoit pass'arrester à ce que je vous avois escrit, de ma main, par le sieur de Hein. Je me soumets aussy, comme je dois, à ce que la Reyne vous a dict touchant l'autre personne, quoyque je vous réplique quelle est fort

' On se rappelle que le duc dEpernon Francbe-(loml«;, quoique dépendant de l'E*-

élait gouverneur de Bourgogne, pagne, avait obtenu la neutralité pendant

* On a déjà l'ail remarquer que la la guerre entre la France et l'Espagne.

1)1 CARDINAL M V.ZARIN. h\l

dangereuse auprès du Roy1; qu'elle n'a aucune bonne intention pour Octobre i65i moy; qu'elle laid valoir tant qu'elle peut le cardinal de Ketz et laid beaucoup de mal dans le gros de la Cour, donnant une autre face à toutes les choses qui arrivent à l'advanlage de Sa Majesté.

Noyant la retenue que nous avez à m'escrire le voyage du Roy à Paris et ce qui peut regarder ma personne en cette occasion, je suis entré en doute que nous n'en avez pas trop bonne opinion: mais, si cela e>t . cette mesine raison vous devroit obliger encore davantage à me mander franchement vos sentimens. Je vous conjure de le faire en toutes rencontres, car je reçov avec entière confiance tout ce qui vient de vostre part . et je suis persuadé que vous n'aurez jamais de plus puissans motifs que le bien et l'advantage des affaires du Roy et le mien particulier.

Gomme la bonne disposition dans laquelle le peuple de Paris est à présent peut donner lieu d'en tirer de plus grands advantages que ceuxiiiesmes qu'on se propose, il faut, à mon advis, y estre préparé et particulièrement à profiter de la conjoncture, si elle se présente favorable, de pousser le cardinal de Retz et de le contraindre à s'en aller à Rome, comme aussy de punir ou au moins faire sortir de Paris certaines personnes lesquelles on sçayt ne pouvoir estre , toute leur vie , que factieuses et ennemies de l'autorité du Roy, par exemple Croissy2, Longueil3, Broussel ', S'-Germain de Morgues5, et autres semblables, et il ne faut pas oublier de faire ebastier rigoureusement les petits escrivains qui corrompent les mœurs par leurs libelles et animent les peuples à la révolte. Marigny0, le pensionnaire du prince de Conty7, est un de ceux,

' Il est probable que Mazarin \ eut parler s Mathieu de Morgues, sieur de Saint-

du grand chambellan, duc de Joyeuse et Germain, né en i58a, mort en 1670. Il a

gendre du duc d'Angoulême. (Voy. ci-des- laissé un grand nombre de pamphlets di-

sns, p. 38 1, note 2.) rigés contre Ricbelieu. On lui attribue aussi

5 Croissy-Fouquet. ( Voy. le t. IV, p. 7<j5, quelques mazaiinades.

des Lettres de Matarin.) ' Jacques Garpentier de Marigny, mort,

1 Pierre de Longueil. (Voy. le t. IV, comme Mathieu de Morgues, en 1670.

p. ao4, note 3.) Armand de Bourbon-Condé. (Voy. le

Voy. ci-dessus , p. a 03 , note 1 . 1. 1 1 , p. 35 1 . note a , des Lettres de Mazarin. )

«\z\ri\. — y. 53

Octobre i65a. dans toute celte canaille, qui a i'aict le plus de mal. Il y en a trente <jui ne vivent d'autre chose, dont on sçayt fort bien la demeure el le commerce. Enfin ce point de pourvoir aux lil)elles est, à mon ad\is. un des principaux pour le repos de Paris et conserver la vénération deue à la dignité i\u Boy.

Pour expliquer ce que je vous dis, qu'il faut prendre lu conjoncture, je scay bien que l'amnistie abolit tout le passé; mais j'entends parler des nouvelles occasions qui se pourront présenter à l'advenir de procéder contre ces gens-là, et ils n'en donneront que trop de matière: et il se pourroit faire que, se trouvant en faute dans les premiers jours de l'entrée du Roy, on auroit lieu de profiter de la chaleur du peuple pour faire grand exemple. Je prends la hardiesse de dire que, si Leurs Majestés et ceux qui ont l'honneur de les servir ne travaillent à desraciner cette maudite engeance qui est un vray levain de sédition, jamais Paris ne sera tranquille; tout ce qu'on faict ne servira de rien, et asseurement les recheutes seront pires que le premier mal. Surtout je vous conjure de bien veiller à ce que je vous marque touchant le cardinal de Retz, et de dire à Leurs Majestez qu'Elles ne doivent rien espargner de ce qui peut servir à le faire sortir de Paris.

Je croy que l'on aura songé à ce que l'on aura à faire, touchant le payement des rentes à l'Hostel-de-Ville, lorsque Leurs Majestez seront à Paris; car si l'on n'avoit point pris de précaution auparavant avec le Parlement qui est à Pontoise, je craindrois que l'on ne tomhast bientost dans les inconveniens du passé, et je considère que, n estant pas possible de les payer si l'on n'avoit point pris de mesures avec le Parlement là-dessus, il arrivera que les mal intentionnez. quoyquils tesmoignent d'ailleurs beaucoup de passion pour le service du Roy, ne manqueront pas de se servir de ce prétexte du payement des rentes; en quoy ils seront aussitost secondez par trente ou quarante mille personnes qui y ontiuterest, et par tous ceux qui pourroient avoir envie de brouiller, pour estre1 les partisans de M. le Prince, ou par d'autres

1 I-e sens est : parce qu'ils soûl partisans de M. le Prince.

DU i:\KDINAL MVZARIV 41.9

raisons. Il sertit bon d'arrester quelque chose sur ce sujet, avec le Octobre 1659. Prevosl des marchands, car il est l'orl chaud à la poursuite du payement des rentes, sans considérer la possibilité. J'estime ce point des rentes si considérable que je crov qu'il oe Faut rien oublier pour empescher qu'il ne lasse peyne à Leurs Majestez lorsqu'Elles seront à Paris.

CLXXin.

Bibl. nal.. ins. f. IV.. t. (i8i| 1, f° aia: original, en partie chiffré. — Bibl. Mazarine, ms. n° 1719. t. III. f° 172 v°. — Copie du temps.

\ M. LE TELLIER

Sedan, a3 octobre il>."> •>.

(extrvi r.

J'av oublié diverses fois de vous faire souvenir dune chose trèsimportante au service du Roy, qui est de se tenir tousjours préparé à profiter de toutes les conjonctures qui s'offriront pour révoquer la déclaration de 16/1 <S ', à la reserve de ce qui est conforme aux anciennes ordonnances et généralement de tout ce qui concerne le soulagement du peuple qu'il faudra confirmer entièrement, en cassant le reste qui sans difiiculté est incompatible avec l'autorité royale. Vous pouvez vous remettre en mémoire la douleur que nous eusmes, vous et moy, de nous voir forcez à consentir à cette déclaration, les larmes que la Reyne versa de regret de s'y voir contrainte, malgré toutes les résistances qu'on y apporta qui lurent inutiles, parce que tout le reste du Conseil estoit conjuré pour favoriser ceux qui les vouloyent extorquer; et enfin vous sçavez combien de fois, en discourant sur cette matière, nous sommes tombez d'accord que la mesme déclaration et la royauté ne pourraient subsister ensemble2.

' Voyez sur la déclaration du 22 oc- * Une des déclarations royales lues à Paris

tobre 16^18, le t. III, p. 89 et suiv. . de en présence de Louis XIV, dans la séance mon Histoire de France pendant la minorité de du Parlement tenue au Louvre, le 22 oc- Loni.s XIV. Cette déclaration autorisait le tobre i 652 , interdit formellement aux maf'nrlempnt à intervenirdans le gouvernement. gistrats qui composaient cette Cour d'intérim .

'i-JO LETTRES

Octobre i65a. Je n'ay rien à adjousterà ce que je vous escrivis l'autre jour par le sieur de Seyron ,si ce n'est que nous avons advisque Monsieur le Prince passa l'autre jour à Pont-Arcy ', et que je fais assembler toute la cavalerie qui est en ces quartiers, avec laquelle M. de Grandpré s'advancera pour tasclier d'enlever quelque quartier, faire des prisonniers et profiter des occasions qu'il pourra rencontrer sans rien hazarder, comme aussy pour jeter du monde dans Rethel et dans Chasteau-Porcien-. en cas que les ennemis eussent dessein sur ces places. H est vray pourtant qu'il n'aura que cent mousquetaires et cent dragons; tout le reste est de la cavalerie 3.

M. de Noirmoutier'1 vient de m'envoyer le lieutenant de sa compagnie de chevaux-legers, qui revient de la Cour, pour me donner advis que Leurs Majestez estoient à Sl-Germain , et que , lundy au soir, elles dévoient estre à Paris. Je prie Dieu que tout réussisse à leur contentement qui est le comble de tout le bonheur que je puis espérer en ce monde.

Souvenez-vous qu'il ne faut rien oublier pour faire aller le cardinal de Retz à Rome. Vous en sçavez les raisons mieux que personne; et. d'ailleurs, je vous en ay desjà escrit assez long.

Je ne doute point que, quand l'armée aura servy à ce qui aura peu estre nécessaire pour l'entrée des troupes de Leurs Majestez dans Paris, on ne la fasse approcher de celle des ennemis, y faisant joindre le corps qu'auront assemblé Monsieur d'Elbeuf et M. le mareschal d'Aumont; car il me semble qu'il est de la dernière importance de ne pas perdre un moment dans cette affaire, estant persuadé, en mon particulier, que, si nous suivons de prez l'armée ennemie avec nos forces, nous l'em-

venir dans les affaires générales de l'Etat, ' Aujourd'hui village du département de

de se mêler de la direction des tinances et l'Aisne, arrondissement de Retliel.

de poursuivre pour leurs actes publics ceux ~ Aujourd'hui chef-lieu de canton du de-

qui auraient été chargés de l'administra- partement de l'Aisne, arrondissement île

lion du royaume. L'ordonnance du a 9. oc- Relhel.

lobre 16/18 avait, au contraire, donné au '' Les mousquetaires et les dragons rom-

Parlemenl le droit de contrôler l'admini- battaient à pied et à cheval.

stration monarchique et de mettre en juge- ' Louis de la Trémoille. (Voy. le l. 1\.

ment ceux qui en étaient chargés. p. hh , note'o, des Lettres de Mazarin.)

DU CARDINAL M AZARIN. Vil

pescherons infailliblement de prendre ses quartiers dans le royaume, et Octobre i65a que peut-eslre il se présentera occasion favorable pour nous donner lieu il»* faire encore quelque chose de plus, et je vous confirme que

jamais la noblesse et le peuple ne lurent en meilleure disposition d'exposer leurs biens et leurs vies pour se délivrer de si faschenx hostes en secondant bien l'armée du Roy.

Aff. elr. . France, t. 969, I* 34o v°; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. --

Copie du temps.

Page 1