I EXTR UT
Après avoir rappelé le regret qu'il a éprouvé de n'avoir pu accompagner le Roi à son entrée dans Paris, Mazarin ajoute :
Enfin je suis asseuré que vous ne vous endormirez pas à présent que l'on peut agir dans Paris avec espérance de bons succez. Je me tourmente continuellement pour fortifier nostre armée. J'ay desjà assemblé plus de six cens chevaux, et j'espère que, dans dix jours, il y en aura plus de mille. Vous jugerez bien que ce n'est pas un petit renfort dans le temps où nous sommes, et qui pourra estre employé utilement pour empescher que tous nos ennemis, unis ensemble, ne viennent à bout du dessein qu'ils ont de prendre des quartiers d'hyver en France. Le comte de Fuensaldagne devoit hyer pour cet effect estre à Montcornet1 pour faire aujourd'hui sa jonction avec M. le Prince et M. de Lorraine; mais j'espère avec beaucoup de fondement qu'ils n'auront pas en cela le bon marché qu'ils se sont proposé.
Il faut seulement que les bons serviteurs que le Roy a dans le Par-
1 11 y a deux localités de ce nom : l'une de Laon. Il s'agit probablement ici de la dans les Ardonnes, arrondissement de Mé- seconde, puisque Fuensaldagne se dirigeait zières; l'autre dans l'Aisne; arrondiflsemenl \ers Sissonne (arrond. de Laon).
",l"1" '€&«• lemcnt songent de bonne heure à des moyens de faire avoir (juelque somme au Roy sans qu'ils soient à la charge du peuple; car avec cela j'ose vous respondre que les affaires se restabliront et bientost.
Je vous prie de faire asseurer M. le président Le Coigneux ' de mon estime et de mon amitié et de luy dire que je n oublieras rien pour l'obliger à me conserver la sienne. Je m'asseure (pie, vous et luy, ferez tout ce qu'il faut, afin que les officiers, qui estoient à Ponloise, tiennenl le haut du pavé dans la compagnie, à présent que la reunion est l'aide J En quoy ils peuvent estre asseurez qu'ils seront bien appuyez du costé de la Cour.
Bibl. nat. , ms. f. fr. , l. 2.3,202, f° 64; original, en partie chiffre. — Aff. étr. . France, t. 269, f° 337 ; t. 3o dn recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
k L'ABBÉ FOUQUET.
Sedan, afi octobre i652 3.
( LVfliAIT.)
Mazarin, après lui avoir parlé de la famille de Maugiron, continue ainsi :
La pensée que vous avez eue d'engager M. le Prévost des marchands à m'escriresur son restablissement m'est une nouvelle marque devostre affection dont je vous suis fort obligé, et je ne doute point que le père et le fils4 ne me donnent tousjours des preuves sincères de leur amitié, puisque vous sçavez comme je les ay servis et les bonnes intentions que j ay pour eux. Je vous prie de n'oublier rien pour les eschauffer pre-
1 Voyez le t. IV, p. 309, note 1, des touchèrent, pendant tout le règne de Lettres de Mazarin. Louis XIV et même sous son successeur.
2 Après la rentrée du Roi à Paris, les des pensions spéciales.
deux fractions du Parlement, qui siégeaient 3 Dans l'original . celte lettre porte la date
à Pontoise et à Paris, ne formèrent plus du 26 octobre. La copie des Affaires étran-
qu'une seule assemblée. Elles avaient été gères donne la date du 26 octobre, réunies, dès le 22 octobre, pour le lit de " Voyez sur le Prévôt des marchands,
justice qui se tint au Louvre. Les membres ci-dessus, p. 5, note 5. Il a été question de
du Parlement, qui avaient siégé à Pontoise. son fds. p. A7, note 3.
DlJ CARDINAL M IZARIN. 428
seulement: car eesl une occasion dans laquelle tous les bons serviteurs Ociobi du Rov doivent taire les derniers ell'orls pour relever son authorité. estant certain qu'on fera plus de chemin maintenant en un jour que l'on ne sçauroil faire, dans un autre temps, eu six mois, et j'ay esté bien ayse de voir, parvostre lettre, que vous n'approuviez pas certaines tendresses que Ton avoit pour des gens attachez an party des princes, parce qu'il est certain qu'elles ne sont pas de saison, et il seratres-à-propos, après que vous en aurez concerté avec M. vostre frère, que vous preniez occasion d'en parler souvent à la Reyne, luy disant que je vous en ay chargé et prenant garde que personne non ayt cognoissance. J'ay eu du desplaisir du choix que l'on avoit faict d'une autre personne que vous pour la négociation et par les raisons qui vous peuvent regarder et par d'autres dont je ne in'expliqueray pas ic\ .
Je suis ravy de la manière en laquelle le Roy est entré à Paris ' et de la resolution qu'on a prise d'en faire sortir les factieux; mais j'ay bien peur que quelques uns Tl'enlre eux, ou par l'entremise de leurs amis à la Cour, ou autrement, ne trouvent moyen d'en éluder l'exécution. C'est pourquoy je vous prie de nouveau de dire à la Reyne confidemment, de ma part, qu'il faut faire avec hauteur et fermeté ce qui a esté arresté là-dessus, parce que, si Ton souflroit que quelques uns de ces chefs de meute-, comme Brusselles [sic)3, ou autre, restast à Paris, ce seroit y laisser une semence de révolte, et cette tolérance seroit réputée à une manifeste foiblesse, puisqu'on verroitque, en mesme temps que l'on punist quelques séditieux, on espargne les chefs principaux, et je tiens qu'il vaudroit mieux nen esloigner aucun que d'en user de cette sorte. Enfin il n'y a personne qui puisse avec raison estre d'autre advis que de celuy où je voy que vous estes, et j'en ay beaucoup de joye. m'asseurant que c'est aussy le sentiment de M. vostre frère.
1 Je renvoie pour l'entiv'e du Roi à Paris. Gfart un terme emprunté à la vénerie pour
le a 1 octobre 1 602 . au t. Ier. p. 3 kg . de mon désigner les chefs des factieux. Histoire de France sous le ministère de .]/«- i Le conseiller Pierre Broussel , dont il
:arin. a été souvent question comme d'un des prin-
II y a bien de meute, et non d'émeute. < ipaux frondeurs.
àU LETTRES
Octobre i65a Mazarin insiste ensuite, connue il L'a déjà fait, sur la nécessité d'éloigner le cardinal de Retz. Le meilleur parli serait de le décider à se rendre à Moine.
Afl. étr. , France, I. 269, P 3Zi3 v"; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
À M. SERVIEN
Sedan, a6 octobre 1 65a.
J'estime comme vous de grande importance, dans les conjonctures présentes, de ramener le comte du Daugnon1, et je suis tres-marry que le sieur de Marande ne m'ayt peu voir. J'espère pourtant que, dans peu de jours, nous pourrons nous entretenir sur la proposition qu'il me devoit faire et résoudre ce qu'il sera plus expédient pour le service du Roy. Car cette raison m'obligera à taire un sacrifice de ce qui m'est plus cher2, puisque ne vous pas mentir je n'ay aucune bonne opinion de la probité du personnage 3.
Je vous conjure, s'il y a quelque chose à faire dans Paris contre des factieux, et qui sente la négociation, qu'il soit exécuté auparavant que j'y arrive, et surtout d'estre bien persuadé que le repos et le cardinal de Retz sont incompatibles dans un mesme lieu.
1 Louis Foucault, comte du Daugnon. La Barde, dans son ouvrage : De rébus gaUi- (Voy. ci-dessus, p. 55, note 2.) os (p. 2i3), montre du Daugnon trahissant
2 On a vu ci-dessus, p. Ao5, note 3, que la France après lu bataille navale d'Orbitello. le comte du Daugnon voulait que Mazarin en i646, pour s'emparer de Brouage, et plus lui donnât en mariiige une de ses nièces ou loin (p. /1O9 du même ouvrage), il raconte de ses parentes. que du Daugnon s'allia avec les ennemis
3 Mazarin ne se trompait pas sur le comte du royaume pour se maintenir dans ce goudu Daugnon. Un écrivain contemporain, vernement.
DU CAKDINAL M \Z Vltl.Y
Octobre i65a.
GLXXVII.
Ail', t'tr. , France, i. 369, I 344; l. 3odu recueil des Lettres de Watarin. —
Copie du temps.
A ONDEDE1,
BXTBAIT. )
Sedan, 96 octobre i65a,
Après avoir insisté sur la nécessité de profiler de la bonne disposition du peuple de Paris pour éloigner le cardinal de Retz, Mazarin ajoute :
Converebbe ancora che le Loto MM" non havessero indulgenza alcuna per certe donne c hanno l'alto un gran maie e che continuera no ancora lasciano in Parigi, corne la comlessa Fiesclii1, madaina Bonelli2, mad" di Chastillon3 e mad" di Frontenac4, e stimo in oltre necessario per ben slabilire l'authorita del Rè in Parigi di castigare severamente il primo delitto, bencbe teggiero, che tenda a fare qualche emotione.
\li sono rallegrato molto délia buona risolutione c' ha presa ilsrduca di Guisa e délie protestationi che vi ha fatte di vuoler esser mio buon amico. \i prego di rendergliene gratie ed assicurarlo délia passione c bavro sempre per il suo servitio.
Godo ancora in estremo de i progressi di M. di Mercurio; ma vorrei pure vedere col prezzo del mio proprio sangue assicurato il soccorzo di Barcellona e liberatoCazale, checon pochissima cosasi|)oteva nieller
La comtesse de Fiesque était Gillonne d'Harcourt; mariée en premières noces à Louis de Brooilly, marquis de Piennes, elle avait épousé en secondes noces Charles- Léon, comte de Fiesque. Elle mourut en 1699, âgée de quatre-vingts ans. Il est souvent question de la comtesse de Fiesque dans le- Mémoires de M de Montpensiet Voy. aussi une addition il'- Suint-Simon nu Journal de Dangeau . I. \ Il . j>. 1 69. 1
Charlotte de Prie, mariée a .Noël de
M UARIIf. V.
Bullion. seigneur de Bonnelle. Elle mourul eu 1700, âgée de soi\an(e-di\-huil ans.
( Voy . le Journal de Dangcau , t. \ 1 1 . |>. '117. à la date du ik novembre 1700.)
' Voy. sur M "" de tlbàlillon, ci-dessus, p. 1 38 , note h.
\niie di' la Grange-Trianon. mariée à Louis de Buude, comte de Frontenac. Elle vécut jusqu'en 1707. M'"e de Frontenac avait été, comme la comtesse de Fiesque, une des maréchales de camp de M"1' de Montpensier.
426 LETTKKS
u«tobr« 11664. i n sicuro. Ogn' 11110 sa (juanto io mi sii tormentato per sollecitarlo <:d il tutto infruttuosameute. Ne! Consiglio clie si tenne il giorno avanti che iopartissi di Pontoise1, feci risolvere che s' inviarebbe subito un gover-
natore a Cazale ed un locotenente générale per cotninandare in campagna e Mattareilo2 a Mantoua, e voi vedete clie Quincé8 e Barada' sono partiti due niesi appresso. Hoggi sono 2 3 anni cli io hebbi la fortuna di liberare ladetta piazza cou gloria imniortale délie anni di Francia \ Piaccia a Dio di voler ancora per la quarta volta assistera, sapendo bene quanto différent! sieno le intentioni délia Francia e délia Spagna per quello tocca la liberta dell' Italia6.
CLXXVIIL
Aff. étr. , France, t. 269, f° 35a; t. 3o du recueil des Lettresde Mazarin. —
Copie du temps.