‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 71 sur 145 · IKI · texte numérisé non relu

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Uàl LETTRES

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CLWXIII.

\lf. étr. , France, t. 269, f° 368; t. 3o du recueil des Lettrée de Htuarin. —

Copie du temps.

AU MARÉCHAL D'AUMONT

Sedan, h novembre i65a.

Vous aurez pu voir, par mes précédentes1, à quel point j'esliinois important de renforcer promptement l'armée du Roy le plus qu'il seroit possible. Les progrez que les ennemis font en ces quartiers et la facilité qu'ils trouvent à y asseurer les leurs nous pressent de plus en plus d'unir les forces de Sa Mi6 pour les opposer à leurs troupes. Je ne puis que je ne vous conjure de nouveau de faire partir pour cet effect, sans delay, celles qui sont auprez de vous. Il n'y doit avoir rien à craindre pour vos quartiers2, tandis que toutes les armées des ennemis sont de deçà3. Comme aussy j'ay escrit plus au long à M. de Bar el fort entretenu le capitaine de vos gardes, vous trouverez bon que je me remette à luy du surplus et que je reserve à la première veue à vous dire plus particulièrement à quel point je suis, etc.

Addition.

J'ay tesmoigné à M. Je duc d'Elbeuf mon desplaisir de ce que son corps n'avoit encore joinct l'armée que commandent MM. de Turenne et de La Ferté, pendant que les ennemis, ayant uny toutes leurs forces, ravagent cette province (de Champagne), prennent des places et y establissent des quartiers sans aucune résistance. Je m'asseure que. lorsque ce gentilhomme, que M. d'Elbeuf m'a depesché, luy aura rendu ma lettre, il prendra la resolution de se joindre auxdicts [mareschaux] ',

' On trouvera aux analyses, à la date du 2 On a vu ijue le maréchal d'Aumonl

5 novembre i652, l'indication de plusieurs ('tait charge de défendre la Picardie,

lettres adressées aux gouverneurs des places 3 Dans la Champagne,

fortes de Picardie pour les presser d'envoyer " La copie porte M" (Messieurs); mais

des renforts à l'armée royale. comme il s'agit de deux maréchaux de

Dl CARDIN VI. M \XAMIY 143

ou d'j envoyer ses|' troupes, el peut-estre qu'il l'auroit faicl aupa- Novembrei65 ravant, ne doutant point que l'on ne lu} ayl donné des ordres réitérez de

la Cour sur oc sujet, estant de la dernière importance do ny perdre pas nu moment de temps, et, si ou l'eust laie! il \ a dix jours, comme on le pouvoil et la raison le COnseilloit, les ennemis n'eussent seulement pas songé à s'engager dans cette province. Si on se haste, je croy que 1 on peut estre encore à temps de leur faire perdre l'espérance de venir à bout de leurs desseins. Je vous conjure d\ contribuer, de vostre costé, tout ce t|iii dépendra de vous; et si. outre le service du Roy qui demande beaucoup de chaleur et de diligence, en ce rencontre, de ses plus zelez et fidèles serviteurs, la considération de mon interest particulier est capable de vous porter à faire quelque effort, je vous asseure que rien au monde ne me peut obliger davantage et que je conserveray, toute ma vie, le souvenir de la peine que vous prendrez de me donner des marques de vostre amitié. J'ay résolu de depescher ce gentilhomme avec des lettres pour M. le mareschal d'Hocquincourt et pour les gouverneurs de la frontière de Picardie, qui sont de mes amis et qui ont des garnisons fortes et des compagnies de cavalerie, afin qu'ils trouvent bon de contribuer ce qu'ils pourront pour former un bon corps et le plus fort qu'il se pourra, qui ne sera pas obligé à demeurer longtemps en ce pays icy; et comme il se pourroit faire que M. de Navailles-. ou M. le comte de Broglio3, ou tous deux, prissent, la resolution de me venir trouver pour m'amener ce qu'on tirera des places, je vous prie de leur donner vos ordres, vos regimens de cavalerie et tout ce que \ous pourrez, en casque vous ne les ayez pas envoyez à M.d'Elbeuf. ou résolu de venir vous-mesme.

Enfin je m'asseure que vous n'oublierez rien de ce qui pourra de-

France, je crois que le copiste aura lu M" (p. tUd de l'e'dit. de 1701; Amsterdam,

au lieu de M* (Mareschaux). Lé sens est, .1. Malherbe): rt Je partis pour aller 0 Sedan

du reste, le même. trouver M. le Cardinal. 11 ml bien aise de

1 On lit dans la copie les au lieu de ses. me voir, et comme il avoit dessein de reve-

Navaitles, dont il a été souvent ques- nir en France avec sa famille, il voulut que

tion. était gouverneur de Bapaume. Ou a je commandasse son escorte",

publie sous son nom des Mémoires, où on lit 3 Ce nom est écrit ici Broglio.

hhh LETTRES

Novembre 1 65a. pendre <l<" vous pour servir le Hoy et m obliger < * 1 1 mon particulier dane cette conjoncture. La diligence est extrêmement nécessaire, et je demeure toujours le plus véritable et asseuré de vos serviteurs.

Aff. (-\x. , France, I. 269; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin, T 877 v°. —

Copie du temps.

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