‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 77 sur 145 · CC1V · texte numérisé non relu

CC1V

Bibl. nat. , ms. f. fr. , t. 6891, f° 348; original signé.

À M. LE TELLIER

Longeville ', 5 décembre i65s.

(situait.)

MM. de Tureime et de La Ferté sont venus icy ce malin, M. d'Elbeuf estant demeuré à Ligny, et, après avoir conféré tous ensemble, il a esté résolu que, dez aujourd'huy, l'on attaqueroit Bar, comme l'on a faict; qu'on laisseroit M. de Vaubecourt 2 à Ligny avec mille ou douze cens hommes de pied et deux cens chevaux pour continuer l'attacque du chasteau, où le mineur est attaché; que M. le comte d'Estrées3 demeureroit à Commercy avec trois cens dragons et deux cens hommes de pied pour tenir blocquez les chasteaux jusqu'à temps que celuy de Ligny nous donne moyen d'y envoyer ce qu'il faut pour les forcer et qu'on feroit venir le reste des troupes aux environs de Bar, qui couvre tout le derrière et [le pays] par où il faudroit que M. le Prince vinst, en cas qu'il passast la Meuze pour faire quelque tentative avec sa cavalerie.

Nous sommes asseurez qu'à Bar, à Ligny, à Commercy et à Void, il y a dix-sept à dix-huit cens hommes effectifs de la meilleure infanterie, que les Espagnols et M. de Lorraine ayent donnée à M. le Prince, et ces MM. ont approuvé la proposition que je leur ay faicte d'employer plustost sept ou huict jours, ou davantage, pour faire ces gens-là prisonniers, afin de les disperser en sorte qu'ils ne puissent de longtemps servir les ennemis; ce que je trouve plus advantageux que la prise

1 Village sur le canal de dérivation de 3 Jean, comte d'Estrées, maréchal de

rOrnain, arrond. et canton de Bar-le-Duc. camp en 1649, lieutenant général en i655,

3 Nicolas de Nettancourt d'Haussonville, maréchal de France en 1681, mort en

maréchal de camp eu 1662, lieutenant gé- 1707. Il était fils de Francois-Annibal d'Es-

néral en i65i, mort en 1678. trées, maréchal de France.

mesnie dos dictes places, û'estanl pas possible, quelque despense et DéeembrexôS». quelque effort que les ennemis veuillent faire, de mettre un corps considérable d'infanterie en campagne l'année qui vient, la leur estant reduicte au petit pied de la manière que chascun sçait quelle est, el ne devant pas faire estât de tirer aucun service des nouvelles levées qu'ils pourroient faire.

Bibl. nat.. ms. I'. fr., t. a3,202, f° 66 r°; original, en partie chiffré.

À L'ABBÉ FOUQUET

Fiiins ', 8 décembre i(>">2.

(extrait.)

Vous aurez pu juger, par les trois dernières lettres que je vous ay escriptes. si je suis d'accord avec le cardinal de Retz. Il me semble que, par ce que j'en ay mandé à la Cour, je me suis expliqué assez nettement de mes sentimens sur ce sujet; mais comme ceux qui sont sur les lieux voyent plus clairement l'estat des choses, je veux croire que la conduite que l'on tient à son esgard peut estre plus conforme au service du Roy. J'ay laict réflexion à ce crue vous me mandastes dernièrement que l'on pourroit obliger M. l'archevesque de Paris à faire une déclaration publique qu'il ne prétend point que le cardinal de Retz fasse aucune fonction d'archevesque et qu'il deffend à tous ceux de son diocèse de le recognoistre, et comme cela seroit oster audict cardinal de Retz les principales armes dont il prétend se servir pour pouvoir demeurer à Paris, je croy, si la Reyne le jugcoit à propos, qu'on ne doit rien oublier pour faire réussir cet expédient, et je vous prie d'y travailler sans perte de temps, après en avoir receu les ordres de Sa Majesté.

Auj. localité' du dép. de la Meuse, arrondissement et canton de Bar-le-Dnc.

Décembn 1 65a. - , . , ■ =^

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