DU CARDIN VI. M VXVIUN
de Rethel, parce qu'il \ avoii de la division dans la place, de façon que Janvier i653.
ces messieurs, qui ni en ont parlé el qui sçavent qu'ils font des choses
extraordinaires et dont il \ a peu d'exemples dans la saison où
nous sommes, m'ont dict, avec quelque sentiment, qu'ils voyoienl bien
qu'à la Cour on ne eoinploit pour rien tout ce qu'ils peuvent faire, el
qu'il n'estoit pas advantageux , n\ pour eux ny pour le service du Roy,
que Ton donnas! de semblables impressions au public.
Je ne puis pas me reprocher à moy-mesme d'avoir manqué d'eu escrire, puisque j'en a\ mandé jusques aux moindres particularitez; et, à la vérité, Ondedei auroit pu prendre le soin d'en faire informer Renaudol l, et il me semble qu'il y a une chose à dire tres-advantageuse el fini véritable : que l'on a défait toute l'infanterie de Lorraine, en sorte que, gardant bien les officiers que l'on tient prisonniers, il (le duc de Lorraine) ne la sçauroit remettre de longtemps. On luy a osté la pensée de prendre des quartiers d'hyver dans cette province2, comme il en avoii asseuré les Espagnols; et vingt mille hommes qu'avoil M. le Prince, tant de ses troupes que de celles d'Espagne el des Lorrains, ont esté réduits à trois mille chevaux et deux cens hommes de pied, avec lesquels il est allé à la Gapelle, et l'on peut dire que la perte d'une bataille n'auroit pas si fort afl'oibli les ennemis qu'ils le sont à présent. Ce qui est si certain qu'au mois d'octobre nostre armée n'osoit paroistre devant M. le Prince , et à présent elle l'attend de pied ferme, quoiqu'il soit renforcé de toutes les troupes de Lorraine (la brigade, qui estoit allée en Flandre, l'ayant rejoint), et de celles de Puensaldagne, qui véritablement n'a pas ramené tout ce qu'il avoit, mais tout ce qu'il a pu tirer des garnisons.
J'attends avec impatience de sçavoir ce que vous aurez conclu avec M. le comte du Daugnon 3, pour l'exécuter aussytost de ma part.
1 Le médecin Théophraste Renaudot, né 3 Voy. ci-dessus, p. 5i 1 et suivantes, les
en 1Ô86, avait fondé la Gazette de France négociations entamées avec Louis Foucault .
'•ii i63i. 11 mourut le 27 octobre 1 653. comte du Daugnon, et les conditions qu'il
! Dans la province de Champagne. voulait imposer à Mazarin.
maz*rp<. — v. 67
IHFriUiHIE ,ATIO,Wt.
Janvier i(>.r>.'i.
GCXXIV.
Atï. étr. , France, t. 891 , P 26. — Minute.